SITUATION INTERIEURE
ment du public. Il avait emprunté sous diverses formes, toujours onéreuses pour le présent et l'avenir, tantôt en achetant des lingots contre des billets à terme, dits billets de monnaie, payables au porteur et produisant 7 p. \Q0 (1701); tantôt par la création d'une caisse d'emprunts à 8 p. 100, et de billets de la caisse d' emprunt y également négociables (1702); tantôt en émettant des rentes sur l'hôtel de ville au denier dix avec promesse de les payer au denier vingt aux héritiers des préteurs (170i). Ces billets de monnaie étaient devenus un embarras considérable pour le gouvernement, et une atteinte en quelque sorte irréparable à son crédit. En les imposant comme monnaie, le ministre refusait de les recevoir des contribuables dans les caisses publiques; ce qui les fit tomber à 60 p. 100 au-dessous de leur valeur. Ce fut bien pis quand le gouvernement ajourna le payement des intérêts (1704); on tenta vainement de les relever en étendant à la province leur cours borné d'abord à Paris; ils perdirent 80 p. 100. En 1708, il n'y avait pas moins de quatre cent quatre-vingt-trois millions de papier en circulation auxquels l'Etat ne pouvait pas faire honneur (1).
La liste des offices^ imaginés et vendus par Chamillard, est une autre preuve de la pénurie du Trésor, et d'abord par le nombre, et par les objets bizarres de ces offices. Cène sont pas seulement les charges de l'ar-
(1) Rapport de Desmarets au régent.
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tillerie réorganisées par un nouveau règlement etveii- (lues au prix de cinq millions (1703); ce sont des offices de lieutenant général d'épée sous l'autorité du bailli ou du sénéchal, en chaque bailliage, sénéchaussée ou justice du royaume; des offices d'échevins, consuls, capitouls, jurais, et autres officiers municipaux permanents, concierges et garde-meubles des hôtels de ville et maisons communes, ou de nouvelles charges dans les cours supérieures et en particulier à la chambre des comptes de Paris. A la suite, ou à côté, surgissent à titre héréditaire des contrôleursvisiteurs des poids et mesures en chaque sénéchaussée ou bailliage et justice royale; des inspecteurs des boucheries dans les villes et bourgs fermés du royanme; des trésoriers des fabriques et confréries ; des concierges-buvetiers en chacune des enquêtes du parlement de Paris et autres cours supérieures; desjiu'ésvendeurs et contrôleurs de porcs; des courtiers-commissionnaires des vins, cidres et liqueurs (1704) ; des contrôleurs des registres et des extraits de baptêmes, mariages et sépultures (1705); des contrôleurs de la fabrication des perruques (1706); des contrôleurs majeurs de beurre salé et fromages à Paris (1707); des contrôleurs de fruits à Paris (1708).
Comme son prédécesseur, Chamillard, quand il le pouvait, s'efforçait de donner une raison plausible à ces créations. S'il rendait fermes et héréditaires les charges autrefois temporaires et électives d'échevins, decapitouls, etc., c'était parce qu'il importe d'avoir des magistrats capables, etque la capacité ne s'acquiert