‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 32 sur 142 · LOUIS XIV SANS ALLIÉS · texte numérisé non relu

LOUIS XIV SANS ALLIÉS

cette affiiire^ à me donner des marques de Totre afliection (1). i> Ces marques consisteront à garder cette neutralité^ moyennant subventions fran-« çaises^ malgré rhnmeur contraire du parlement.

En voyant le vide se faire du coté de ses alliés^ pendant que les forces se concentraient du côté de ses ennemis^ Louis XIV^ comme par un abandon de ses plans primitifs^ avait conseillé à l'évéque de Manster et à l'électeur de Cologne de s'accommoder avec l'Empereur (2). Ceux-ci^ qui ne demandaient pas mieux^ ne se contentèrent pas de se mettre à l'abri de la vengeance de leur suzerain^ ils se lais* sèrent gagner à sa cause et se tournèrent contre la France. D'autres princes allemands les imitèrent. Entre tous, l'électeur Palatin paraissait avoir les meilleures raisons. Pendant les mouvements de la dernière campagne, ses Etats, servant de passage, avaient été traités par les Français comme des sujeU^ corvéables à volonté : réquisitions de vivres pour les besoins de l'armée, réquisitions d'hommes pour la construction de ponts sur le Rhin. Ces exigences

UBposées durement au nom du roi l'avaient fait descendre, disait-il, au-dessous d'un simple gouver- ^^r de province (3). En janvier 1674, il songeait à '''^cevoir dans sa ville de Gemersheim une garnison

impériale pour tenir tête à la garnison française de

<\) 14 février 1674. Œuvres de Louis XIV, tome V.

(^ Lettre de Golbert au gouverneur da Canada, avril 1074.

(^) Uémrirti du marquis de Pomponne.

Philipsboui^. Au premier soupçon de ce dessein, Louis XIV lui donna un avertissement; puis, n'ayant pas été écouté, il fit surprendre Gemersheim par Turenne (février) ; occupée en quelques heures^ la ville fut démolie en quelques jours et mise hors d'état de servir pour la guerre. L'électeur palatin traita aussitôt avec TEmpereur et, du même coup, les électeurs de Trêves et de Mayence adhérèrent à la coalition (10 mars 1674). L'Empereur ne dissimulait plus ses intentions. Il venait de violer le droit des gens à Cologne. Pour rompre le congrès, dont aussi bien Timpuissance était flagrante, il faisait arrêter le prince de Furstenberg, un des plénipotentiaires dévoués à la France ; le 1*' mars, ses agents, malgré la neutralité de la ville, volaient une charrette qui portait 50,000 écus à la garnison française de Neuss. Sa confiance croissait chaque jour par les heureux succès de sa diplomatie. En janvier, il avait gagné le roi de Danemark, qui lui promettait un renfort de six mille hommes de pied et de trois mille chevaux ; il continuait en Allemagne à ramener les princes à son parti ; il traitait (14 avril 1674) avec les ducs de Brunswick et de Lunebourg; il avait l'espoir prochain de faire rompre par l'électeur de Brandebourg le traité de Vossem.

Ainsi se forma la première coalition européenne contre Louis XIV. La France, héritière de la prépondérance autrichienne, en abusant, comme la maison de Habsbourg, de la force et de la suprématie, avait retourné contre elle toutes les défiances

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