‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableauxChapitre 35 sur 142 · NOUVELLES TAXES ET RIGUEUR · texte numérisé non relu

NOUVELLES TAXES ET RIGUEUR

populations égarées par l'égoïsme de quelques hommes. Il ordonna partout l'exécution Immédiate des édits et la répression énergique de toute turbulence. Les intendants devaient, disait-il, s'opposer avec fermeté « aux commencements » , et « épa?gneraii roi le déplaisir et la peine de punir lui-même ses sujets (1). » L'iirchevêque de Lyon, Villeroi, gouverneur de la ville, réclamait contre la taxe sur Tor et l'argent fabriqués. Colbert lui montra dans IHjetdeces rejjrésentationsun de ces inconvénients partiels et inséparables des meilleures institutions. « Vous savez, écrit-il (décembre 1672), que pour « tous les établissements considérables que le roi a « faits, dans Futilité et avantage général que le « royaume en a reçus, il s'est toujours trouvé << quelques particuliers qui en ont souffert, et lorsque « Sa Majesté a examiné les inconvénients, elle a •< passé par-dessus, ou elle a apporté des remèdes rt convenables. » Le parlement d'Aix hésitait à enregistrer l'édit sur l'hérédité des offices de la basoche; on alléguait la pénurie de ces officiers, résultat de la pénurie de la province. Colbert répondit (27 janvier 1673) : « Si vous écoutez les « raisons de ces gens-là, assurément le roi en tirera « peu de secours ; mais, si vous considérez tout ce H que le roi fait pour cette province, la quantité « d'argent que Sa M.ijesté y envoie tous les ans pour

(1) liettre à de Sève, intendant de Bordeaux (décembre 1672), à propos des troubles d*Agen et de Périgueux.

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K sa marine^ ses galères et les travaux qu'elle y hï^y c< vous trouverez certainement qu'il est diffloU^) «c voire même impossible^ qu'elle soit aussi misé- « rable que Ion tâche de vous le persuader. » I^ appartenait donc aux intendants d'avoir toujoii en vue la subsistance de l'Etat et la gloire du Il valait beaucoup mieux faire souffrir un peu n»^ particulier, çui vit de la aubsisiance des peuples, hê^^ sotwent par sa mauvaise industrie ^ que de faire souffirÎT l'État tout entier.

Ce n'est pas qu'il refusât de transiger quand i» pouvait, sous d'habiles apparences, apaiser à lafc:^^* les plaignants et ne rien sacrifier au fond du pr» **^ de ses expédients. Le premier président de Reni^ ^* l'avait averti que, entre les nouvelles charges, *^ papier timbré surtout était odieux aux Bretons {%^ f" tembre 1673). Il commença par se montrer rigo ^-^^ reux, promettant que, si une sédition éclatait, il r^ ^ en aurait jamais eu de plus fortement réprimée. M^^ ** c'était le moment des États de Bretagne et du à€^^^^ gratuit; l'occasion pouvait être bonne pour le^^* vendre l'exemption des édits, et obtenir de leur v< ce qu'ils voulaient disputer aux ordres du roi. leur ferma la bouche en leur prouvant d'abord qi leur commerce n'était pas aussi mort qu'ils prétei daient ; que leurs vaisseaux, escortés par les escadn royales, avaient apporté de Cadix à Saînt-Malo seî: ou dix-sept millions, et que soutenir que l'argei manquait dans leur province, c'était affirmer qq' faisait nuit en plein jour. Il leur fit ainsi voter ur

MEtJOVnOmiMRNTS PUBLICS It»

don gratuit de cleui millions six cent mille livres.

Bostaknit les édits nouveaux^ dont ils se plaignaient

cintre itranglis, II leur conseilla de s'en racheter

J3ar une somme équivalente en idéalité ^ mais qui

l€»ïir parut relativement légère. Dans cette illusion,

ils votèrent une seconde contribution do deux mil-

''ons six cent mille livres. Ils se crurent contents^

*'s percèrent la nue décris de vive le roi, chantèrent

'^ Te Dettm et s^emhrassèrent dans les rues. M*' de

*^é vigne riait aussi^ mais de leui naïveté. « Depx

'* millions six eentmille livres, écrivait-elle, et autant

'' cie don gratuit, oVst justement cinq millions deux

*^ Cent mille livres. Que dites-vous de cette petite

*' Romme? Vous pouvez juger par là de la grâce

*^ qu*on nous a fiiite de nous ôter les édits (1). »

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