‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 134 sur 176 · E) DIFFICULTÉS FINANCIÈRES · texte numérisé non relu

E) DIFFICULTÉS FINANCIÈRES

Cependant le chemin de fer du Soudan élait à peine contmencé depuis huit mois que déjà des difficultés financières se faisaient jour. Au début d'octobre 1875, M. s'owler, qui n'avait reçu que 30.000 livres en remises à trois mois de date sur Paris, se plaignit du retard mis à payer les sommes dues à MM. Appleby. « Comme je prends le plus grand soin, écrivait-il au Caire, que MM, Appleby Bros. remplissent toutes les conditions de leur contrat, et que j'exerce la surveillance et l’inspection les plus sirictes quant à la qualité ct à la quantité des matériaux livrés, de leur côté ils s’attendent à ce que Les conditions de paiement soient strictement observées.

(} A, AÀ., Reg, 33, Arr. Abd,, pièce 631, le moudir de Dongola à Khairi pacha, G novembre 1875,

M A, À,, Reg, 25, Dép, Abd, pièce 305, 1e cabinet du Eh à à la Maïa, 8 novembre 1895, :

OÙ A, A., Reg, 17, drr, Maïa Sanieh, pièce 5o, P- 38, Moustapha pacha Fahmi à : ur: 26 décembre 1875.

A, A., Reg, 148, Dép, Maïa Sanieh, pièce 17 p. 41, la Maïa à Moustapha

a Fahmi, 19 janvier 18796,

« On a fait des envois pour un Lotal de 87.500 livres. La somme due à MM. Appleby, sur le total ei-dessus, est 75 p. 100, soit 65.625 livres et, de plus, 20 p. 100 ou 14.400 livres sont dus sur les livraisons déjà faites à Alexandrie.

« Vous voudrez bien comprendre que les présentes remises ne sont pas suflisantes pour balancer les somines dues (},»

Le Khédive, qui avait ordonné quelques mois plus tôt à MM, Appleby de hâter la livraison du matériel, exprima alors le désir qu'ils s’en tinssent aux conditions premières du contrat. Le 31 décembre 1875, il était dû aux fournisseurs anglais une somme de 24.90 1 livres, dette qui, au mois de mai 1876, s’éleva à 31.215 livres, M. Fowler se rendit encore à Assouan en février 1876, mais il ne semble pas qu’à la suite de sa visite une décision ferme ait été prise relativement aux travaux à exécuter ©). Dans un beau geste de désintéressement, l’ingénieur-conseil consentit à continuer ses services au Khédive pee trois ans, aux appointements de 3000 livres par an, au lieu des 5000 livres qui lui étaient servies précédemment 8), mais les fournisseurs n'en réelamaient pas moins intégralement leur dû. En août 1876, quatre locomotives faisant partie des pue à fournir pendant l'année courante furent mises en route pour l'Égypte . MM. Appleby ne cessaient toutefois de protester contre les longs délais apportés dans les paiements 5), Finalement, le 1°° décembre 1876, ils avisèrent M. Fowler « qu'en raison du non-paiement des remises du gouvernement égyptien, ainsi que des perles sérieuses qu'ils avaient à subir sous d’autres rapports importants, ils se voyaient obligés de ne pos retarder plus longtemps de le proposer comme arbitre, selon les termes du contrat, dans la question des différends qui s’étaient élevés entre le gouvernement égyptien et eux (»,

En Égypte, Moustapha pacha Fahmi avait, en juin 1876, cédé sa place

(YA. AÀ,, M. l'owler à Barrot bey, 1°" octobre 1875.

A, A., Rog, 37, Arr, Abd,, pièce 66, Moustapha pacha Fahmi à Khairi pacha, 11 février 1876.

6) À. A., le Khédive à M. F'owler, 16 mars 1876.

À, AÀ., M. Fowler à Barrot bey, 4 août 1896.

À, A., MM. Apploby Bros. à M. Fowier, 3 août 1876,

A, À., M. Fowler à Barrot bey, 1°° décembre 1876.

de maamour des chemins de fer soudanais à Abd el-Kader Pacha, auquel succéda Âly Sadek pacha qui, lui-même, en décembre 1876, fut nom: gouverneur de Port-Saïd et du Canal. Le Khédive chargea alors le gouverneur général du Soudan de diriger en personne les travaux du Chemin de fer (, Ici encore, la pénurie de fonds se fit sentir. Deux des bateaux allectés au transport des matériaux du Chemin de fer entre Assouan et Wadi-Halfa avaient été envoyés à l’arsenal du Caire pour réparations ; le travail terminé, le retour des bateaux se vit retardé par suite du nonpaiement des frais de réparations qui s'élevaient à 29.000 piastres, Ismaïl Ayoub pacha fit alors remarquer qu'il existait à Assiout une somme de 140.000 piastres destinée aux dépenses de transport des matériaux du chemin de fer, et il demanda que les Finances prélevassent sur cette sonne les frais dus pour les réparations @). Mais ce Ministère répondit que les revenus de la moudirieh. d’Assiont avaient été aflectés à la Caisse de la Dette publique et qu'il ne pouvait, dès Lors, toucher à cette somme. L’Administration des Chemins de fer soudanais se vi en conséquence obligée de chercher aill .urs l’argent nécessaire pour couvrir les frais de transport du matériel 5. Par ailleurs, cette administration disposait de deux compagnies de soldats qui travaillaient à l’aplanissement des routes au sud de Halfa ; ces unités ne suffisant pas à la besogne, le gouverneur du Soudan demanda de leur adjoindre une conipagnie de sapeurs-mineurs {‘. Le Ministère de la Guerre y consentit en principe, à condition que la dépense des soldats : solde, frais de transport, rations, habillement, fût assumée en entier par l'administration du Chemin de fer). Ismaïl Ayoub pucha demanda alors à combien s’élèveraient ces frais, en vue de

I A. A, Reg. 148, Dép. Maïa Sanioh, pièce 16, Pe 81, le nihradar à Ismaïl Ayoub pacha, 26 décembre 1876.

Œ®) A, À., Reg. 17, Arr. Maïa Sanieh, pièee 17 Mourour, p. 1192, le gouverneur du Soudan à la Maïa, 26 novembre 18796.

6) A, À., Rog. 15, Arr. Maïa Sanieh, pièce 4o, p. 193, le Ministre des Finances {burcan du Soudan) à la Maïa, 30 novembre 1876.

M A, A, Rog. a4, Arr, Maïu Sanieh, pièce 29, p. 16, le gouverneur du Soudan à la Maïa, 3 janvier 1877. |

A, À, Reg. a1, Dép, Muïa Sanieh, pièce 8, p. 18, le mihradar au gouverneur du Soudan, 5 février 1877.

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