‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 138 sur 176 · LE PROJET DE CHEMIN DE FER DU DARFOUR · texte numérisé non relu

LE PROJET DE CHEMIN DE FER DU DARFOUR

Depuis Abou Goost jusqu'à Sotahl, point de départ de l’embranchement de Khartoum, la distance est de 129 kilomètres ; de Sotahl à Facher, on compte 797 kilomètres ; la longueur totale de la ligne du Darfour est done de 926 kilomètres, Les wadis que longe la ligne ne sont pas un ohbstacle : jamais ils ne s’unissent pour former un courant important ou pour aller se jeter dans le Nil. « Il sera facile, poursuit M. Fowler, d'établir les réservoirs nécessaires pour le service de la digne ; quant à la quantité et À la qualité de l’eau, elles n'offrent aucun sujet de crainte. La limite des pluies tropicales se trouve vers le 70° kilomètre après Abou Goosi; le pays que lraversent les 300 kilomètres suivants n'est arrosé que par des pluies légères, tandis que dans le reste du district, à en juger par l'apparence de la végétation, elles doivent être tout à fait suffisantes, Dans les environs des wadis se trouvent des terrains cultivables en proportion plus ou moins grande ; mais en deçà d’'Om Bade expédition ne vit ni terrains cultivés, ni population fixe qui puisse fournir là main-d'œuvre nécessaire.» Le petit bois existe en abondance sur le parcours de la voie, surtout dans la seconde partie de la ligne ; les collines même sont couvertes d'arbres. Ce bois pourrait servir de combustible, mais ne peut être utilisé pour les traverses qui devront être en bois créosoté ou en fer pour obvier aux ravages des fourmis blanches. Une chaux de bonne qualité se trouve le long des lignes du Darfour et de Khartoum et la pierre de taille ne manque nulle part. Facher, où aboutit la ligne du Darfour, est à 74 1 mètres audessus du niveau de la mer, soit exactement à 5ao mètres au-dessus du niveau de la ligne du Soudan à Abou Goosi. La vaie projetée s'élève graduellement depuis cette localité jusqu'à 95 kilomètres en deçà de Facher, où l'élévation totale atteint 517 mètres. La descente est ensuite légère jusqu'au terminus de Facher, situé près de l'ancien palais du Sultan,

Embranchement de Khartoum.

La distance entre Abou Goosi et Sotahl est de 129 kilomètres el entre Sotahl et Khartoum de 294 kilomètres, ce qui fait au total 423 kilomètres, D'Abou Goosi à Chendi, en suivant le tracé original du chemin de fer du Soudan, la distance est de 370 kilomètres, soit 53 kilomètres de moins que là voie projetée jusqu’à Khartoum, Si cependant le projet du Darfour ne devait pas être exécuté, on pourrait facilement tracer une voie plus

ee . directe d'Abou Goosi à Khartoum, qui réduirait à 100 kilometres La longueur de la ligne, laquelle aurait le même parcours, à 30 kilométres près, que la ligne de Chendi. Le sommet de la ligne est à 344 mètres audessus du niveau de la ligne du Soudan à Abou Goosi. « Eci, comune sur © le chemin de fer du Darfour, précise M. Fowler, les travaux sont d'un légèreté exceptionnelle et il a été rarement nécessaire d’avoir recours à la limite de 1 sur 50 pour une pente, où d’un demi-kilomètre pour une courbe.» Les puits sont peu nombreux et éloignés l'un de l’autre, mais il sorait facile d'élablir des réservoirs d’eau sur les points où ils seraient jagés nécessaires. |

Après avoir déerit suceinetement le tracé des nouvelles lignes, M. Fowler chiffrait les dépenses auxquelles conduirait l'exécution du projet: « Je me permettrai de faire observer, écrivait-l, que chaque détail nouveau sur le grand district de l’ Égypte méridionale tend à confirmer d’une manière remarquable l'opinion qu’émit Votre Altesse lorsque le Chemin de fer du Soudan fut décidé pour la première fois, c'est-à-dire que ces grandes régions resteraient sans développement et sans progrès comme à présent, à moins de moyens de communication plus eflicaces et moins coûteux, au sud de Wadi-Halfa, que n : le sont le fleuve avec ses cataractes continuelles et les chameaux pour traverser de si grandes distances,

« Depuis mon rapport sur lé Chemin de fer du Soudan, le Darfour esl devenu une partie de l’ Égypte, le Nil est devenu navigable et les grands laes équatoriaux et les régions environnantes ont été explorées.

« Cest ce qui a augmenté l'importance de la question de fournir de meilleurs moyens de communication au sud de Wadi-Halfa.

«En admettant qu'il ne soit pas prudent d'entreprendre simultanément la construction des lignes du Darfour et de Khartoum, je suis d'opinion que l'achèvement de la ligne menant à Khartoum est de la nécessité la plus urgente.

4 Quant au choix de Ghendi ou de Khartoum comme terminus de la ligne du Soudan, je dirai que les considérations qui me furent prodiguées (sic) autrefois en faveur de Ghendi comme étant plus favorable que Khartoum, ont été effacées par les découvertes récentes de pays situés sur les bords des lacs équatoriaux ou aux alentours ; je trouve done que Khartoum ferait un meilleur terminus que Chendi,

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