‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 146 sur 176 · LA LIGNE DU KORDOFAN · texte numérisé non relu

LA LIGNE DU KORDOFAN

Après avoir stimulé par son action la pose de la ligne de Berber à Kassala le Khédive s’attaqua à celle du Kordofan. Chose étrange ! On ignovail au Caire si celte ligne devait partir de Berber où de Khartoum et l’on dutse renseigner auprès du moudir-de Berber à ce sujel !, Une grande partie du matériel de la ligne avait ét6 acheminée par bateau de Berber sur Khar- Loum, mais il manquait toujours cerlaines pièces essentielles pour entreprendre la pose de la ligne, L'ingénieur des Télégraphes de la hokoumdaria, M. Giegler, réelamait l'envoi d'urgence de 400 de ces pièces. Bien qu'arrivées à Berber le ag novembre et le 1°° décembre : 874 et réexpédiées à Khartoum les 1°" et 6 décembre (, celles-ci n'étaient pas encore parvenues le 30 décembre dans la capitale du Soudan, « Les pièces, écrivait le vékil des travaux de la hokoumdaria, sont expédiées une à une contrairement aux ordres données, C’est ainsi que le fil est arrivé en

(9 La moudirieh de Berber n'avait installé que einq postes pourvus chacun de cinq hommes et d’un charpentier. Munzinger porta le nombre des postes de cinq à sept, car il estimait que chaque secteur de surveillance ne devait pas dépasser 25 milles.

@) A, À., Rep. a9, 4rr, Abd., pièce 653, Munzinger à la Maïa Sanich, a janvier 18795.

FA, A., Reg. 31, Dép. Abd., pièces 720, 7a1, lo Cabinet du Khédive à Munzinger ef au kaïmakam du Soudan, » mars 1875.

A, A,, Reg. 01, Dép. Abd., pièce 154, le Cabinet du Khédive au moudir de Berber, Lo décembre 1874,

6) A, À., Roy. a8, Arr. Abd, pièce 383, le moudir de Berher au Cabinet du Khédive, 13 décembre 1894,

premier lieu, suivi des poteaux mais sans les tuyaux M, Le Lransport à été ainsi effectué isrégulièrement. On devrait, en principe, envoyer le matériel par série entière pour pouvoir commencer le travail. Un grand matériel se trouve à Khartoum, mais il n’est malhenreusement pas au complet (., Le Khédive intervint alors pour stimuler son monde. Le moudir de Berber reçut l'ordre d'accélérer les transports et le vékil de Khartoum de faire connaître chaque semaine au Caire «la quantité de matériel recue et la longueur de ligne installée 8)». Le 24 janvier 1875, Mohamed bey el-Nadi qui se trouvail encore à Souakin, annonça au Caire que Pexpédition du matériel Louehait à sa fin ; ce qui en restait fut char gé vers la fin de fé. vrier 1879 sur un millier de chameaux du Taka et expédié à Khartoum via Kassala O; le dernior départ eut lieu le 29 février ; } n'avait pas fallu moins de 3.195 chameaux pour effectuer le transport au départ de Souakin, dont 2.245 avaient été aeheminés sur Berber et 950 sur Le Taka €.

‘Cependant la pose de la ligne du Kordofan avait enfin commencé et, à la fin de février 1875, 300 petits poteaux en fer se trouvaient en place { : on attendit alors, pour pouvoir continuer les travaux, l’arrivée des gran poteaux. Le relard provenait de Berber où, en raison de l'accumulation du matériel, il s'était pre duit un engorgement analogue à celui de Souakin, Le vice-roi secoua alors le moudir de Berber 1 et Mohamed hey el- Nadi courut à cette ville pour accélérer le transport. Leurs efforts conju-

® Le sens de ee mot, dans les documents arabes, n'est pas clair.

OA, A, Rog, 28, Arr, Abd., pièce 557, le vékil des travaux de la bokonmdaria au Cabinet du Khédive, 30 décembre 1874.

OA, A, Reg. 21, Dép, Abd,, pièces 304, 305, le Cabinet du Khédive au moudir de Berber el au vékil des travaux à Khartoum, 31 décembre 1874.

À, A., Reg, a9, Arr. Abd., pièce 685, Munzinger à Khairi pacha, 25 février

O A, A., Reg. a9, Arr, Abd., pièce 716, Mohamed bey, à Souakin, à Khairi pacha, 28 février 1895. Mohamed bey expliqua que le transport du matériel avait été retardé par l'envoi de soldats réguliers et de bachi-bouzouks, auxquels on avait dl donner la priorité,

À. À,, Reg, 9, 4rr. Abd, pièce 684, Salama bey à Khairi pacha, a8 février

(À, A., Reg, ao, Dép, Abd,, pièces 278, 279, Khairi pacha au moudir de Berber et À Khaled pacha, 15 avril 1875,

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sués aboutirent à des résultats, car, le 17 mai, le moudir de Berber fit

savoir au Caire que sur les 15.908 poteaux et Luyaux qui lui étaient par-

venus pour la ligne du Kordofan, 7.141 poteaux ct 6.800 Luyaux avaient déjà été expédiés ; les 2.967 tuyaux restants!) étaient en cours d’expédition ; tout le reste du matériel, fil de fer et autre, était déjà parti pour Khartoum #}, Par contre, le matériel expédié de Souakin à la fin de février par la voie du Taka 8) n’était pas encore, à la date du #2 mai, arrivé à Khartoum (). Pressé de s’expliquer, Munzinger répondit que les poteaux avaient été expédiés à Khartoum entre le #9 avril et le 1°* mai par la route du désert et qu'il ne restait plus an Taka que le chargement de 100 chameaux, comprenant nolaminent les poleaux retardés en cours de route 1), M. Giegler profita de ce délai pour pousser les travaux de la ligne de Senpar, Gette localité fut atteinte an début de mai, mais il fallut attendre l’arrivée des appareïls télégraphiques envoyés du Caire pour les installer dans celte ville el la ligne ne fonctionna effectivement que le 1°" juin 1875 (6). Ismaïl Ayoub pacha, qui avait déjà au mois de mars précédent demandé une augmentation de traitement pour M. Giegler M), profita du renouvellement de son contrat pour la lui faire octroyer (9.

Malgré la promesse faite par Munzinger, il restait encore au Taka, le t1 juin, 2/0 poteaux de la ligne du Kordofan et le moudir général s’oceupait de réunir les chameaux nécessaires pour les expédier au plus tôt à |

9 L'addition des trois nombres cités montre qu'il y a une erreur d’une unité dans le chiffre des mille. |

A, A., Rep. 31, Arr, Abd., pièce 119, le moudir de Berber à la Maïa Sanieh, 17 mai 1875.

3) Ce matériel comprenait 580 grands poteaux, 1.563 poteaux moyens, 1.148 tuyaux.

(5 A, A,, Reg. 23, Dép. Abd., pièce a7; la Maïa Sanieh, à Munzinger, 92 mai

6 À, AÀ,, Reg. 81, Arr. Abd., pièce 150, Munzinger à la Maïa, 23 mai 1875.

(6) À, A., Rog. 31, Arr, Abd, piéee 248, Khaled pacha à Khaïri pacha, 1° juin 18579.

(A. A., Rog. 5, Arr, Aaïa Sanieh, pièce 17, p. 76, Ayoub pacha à la Maïa Sanich, 8 mars 1875. Le gouverneur avait demandé 10 livres d'augmentation pour porter le traïlement mensuel de M, Giegler de 30 à 4o livres,

® À, À,, Rog. 31, drr, Abd., pièce 587, Ayoub pacha à la Maïa Sanich, 20 juin 1875 ;Rog. 23, Dép. Abd, pièce 35, Khairi pacha à Ayoub pacha, 19 juillet 187%.

1996 STORE DU NÈGNE DU RUÉDIVE ISMAÏL.

Khartoum 0, D’après Khaled pacha, la ligne du Kordofan serait terrains vingt jours après l'arrivée de ce matériel sur les lieux ®. La difficulté tan de l'y envoyer, car on manquait de chameaux à Khartoum #), La Hire en construction partait d'Omdurman, placé sur la rive gauche du Nil en fare de Khartoum, eourait Le long de cette rive jusqu'à Abou Gherad, puis <r dirigeait sur EObeid en passant par Helba, Nibeg, Abou Choka et Bara. Au milieu de mai, les petits poteaux étaient en place su® une longneur de 190 milles ®}, Vers la fin de juin, la ligne était construite à maitié 1. La 12 septembre, elle atteignit nn point distant de 30 milles d'E-Obeid ». Elle fnt achevée le 28 octobre 187 el les communications établies re jour-là entre El-Obeid et Khartoum 1. M. Giegler reçut à cette occasion un témoignage de satisfaction du Khédive 6).

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