BR} LIGNE DE BERBER À KASSALA
Le 22 décembre 1874, le Khédive eut la satisfaction d'apprendre que la Higne télégraphique du Sennar était achevée jusqu’à Messalamié et que des communications télégraphiques élaient échangées entre cette ville et Khartoum (), D'autre part, la construction de la ligne entre Massawa et Kassala, poussée avec vigueur par Arakel bey, était également terminée.
Le vice-roi tourna alors son attention sur la ligne de Kassala à Berber. Dans la section qui relevait de la moudirieh de Berber, les travaux marchaient avec lenteur ; en un mois, on avait tout juste réussi à poser »o milles de ligne. La moudirich ne fournissait pas le concours nécessaire : elle n'avait envoyé sur le chantier que 45 manœuvres en tout, y compris les hommes chargés d'abattre les arbres, et les poleaux étaient livrés an
(A, A., Reg, 28, Arr. Abd., pièce 4, le vékil des travaux à Khartoum au Cabinet du Khédive, 30 octobre 1874,
PE Cf, 4, HT, e° partie, p. 651,
5 Sur cette accumulation de matériel, cf. également : Arthur B. R, Myvns, Life æwith the Homran Arabs, p. 11, et R.K, Mann : : The Life, Adventures and Political Opinions of , G, Burnaby, p. 55,
OA, À., Reg. 29, 4rr. Abd, pièce 36, Mohamed bey à Khairi pacha, reçu le à janvier 1875.
FA, A, Reg. ag, Arr, Abd, pièce a01, Munzinger à la Maïa, 7 janvier 1895.
9 À, À, Rog. a8, Arr, Abd,, pièce 465, Salama hey à la Maïa Sanich, 22 déeembre 1874,
rylume dérisoire de 0 à 30 par jour (1), Pressé de s'expliquer, le sousmoudir de Berber déclara au Caire, le 12 novembre 1874, que plus du liers de Ja ligne avait été posé entre Berber et Gos Regeb et que Les travaux avançaient rapidement ®), Le mois suivant, cependant, comme le travail n'était pas achevé, le Khédive demanda de nouvelles explications. Le moudir de Berber répondit, le 13 décembre, que les travaux étaient achevés depuis Berber jusqu'à El-Chababit, soit sur une distance de cinq joues, et qu'il ne restait plus qu’à poser la ligne sur une distance de trois jours pour afteimdre Gos Regeb. Le retard était dà à la longueur de Ha distance et au fait qu'il avait fallu couper de nouveaux palmiers-doum, les premiers poteaux fournis étant trop courts: De plus, la saison du kharif, les pluies, la crue de lAlbara avaient retardé le travail ; mais maintenant que la terre était devenue sèche, que le bois était coupé et son transport aisé, les travaux ayanceraient rapidement 6}, Le 23 décembre, le moudir confirma que la ligne serait achevée en moins d’un mois ; 100 manœuvres, disait-il, ravaillaient sur le chantier et l’on fournissait jusqu'à 100 poteaux par jour (9, Get eflort, toutefois, ne fut pas soutenu, car, en janvier 1875, Salama bey signala à la Maïa que le personnel employé sur le chanlier était réduit à 20 ou 30 manœuvres ; la ligne, ajouta-til, était posée sur 130 milles et, si l’on disposait d’un plus grand nombre de bras, on pourrait avancer les travaux à raison de trois ou quatre milles par jour #), À la fin de janvier, alors qu’il ne restait plus, au dire du moudir de Berber, que 20 milles de ligne à poser pour atteindre la frontière de la moudivieh du Taka, le travail se trouva de nouveau arrêté fante de poteaux. Lo surveillant des Lravaux cxut pouvoir profiter de ce délai pour se rendre au Taka. Le moudir de Berber dénonça aussitôt son absence, rejeta sur :
(M'A, À, Reg. 28, Arr, Abd. pièce 41, Salama bey au Cabinet du Khédive, 5 novembre 1874.
À, A., Reg. 28, dir, Abd., pièco 96, le sous-moudir de Berber au Cabinet du Khédive, 12 novembre 1874.
A, AÀ., Reg. 28, Arr. Abd., pièce 383, le moudir de Berber au Cabinet du Khédive, 18 décembre 1874,
OA. A., Rog. 08, Arr. Abd, pièco 510, le moudir de Berber au Cabinet du Khédive, 23 décembre 1874.
A. A. Rog. 29, dr. Abd., pièce 1 10, Salama bey au Cabinet du Khédivo, 12 janvier 1875.
lui Le bläme des retards qui s'étaient produits jusque-là et demanda à tr remplacer par l'agent du télégraphe à Berber 01, Le travail, à l'entendre, avança alors rapidement. Le 19 février 1875, l'agent du bureau de Berber et Massid rencontra son collègue du Taka à la frontière commune des deux moudiriehs. Les fils Lélégraphiques des deux sections furent alor, reliés et les communications établies entre Berber et Kassala ®, Munzinger en avisa ofliciellement le Khédive le 19 février 1895 6; il simule à celte occasion le mérite de IHamdi eflendi, qui avait été chargé de la pose de cette ligne. |
IL s'agissait maintenant de fixer les modalités de surveillance, d'entre tien et d'exploitation de la ligne. Gonune elle ne comportait aucune station intermédiatre entre Kassala et Berber, elle ne pouvail être contrôlée que par une scule administration. La plus grande partie de la ligne se trouvant sur Le Lerritoire de Berber, it cût été normal que le contrôle en revint à cette moudirieh. Néanmoins Munzinger se déclara prêt à accepter eette charge si le vice-roi le désirait, I désignerait alors les Lélégraphistes. des gardiens et ferait effectuer les réparations nécessaires, parmi lesquelles le remplacement des poleaux Lrop courts employés dans la moudirieh de Berber s’iuposerait à brève échéance. Cette moudirieh devrait naturellement rembourser at Taka les frais des postes de surveillance qui seraient installés sur son Lerriloire, des télégraphistes qui seraient placés à Berber. ainsi que le coùûl des réparations faites à la ligne dans sa circonscription 4. Le Khédive accepta la proposition du moudir général et lui demanda de chiffrer a dépense 5, Munzinger expliqua que la ligne avait 250 nulles
(A, A,, Reg. 29, Arr, Abd, pièce 419, le moudir de Berber au Cabinet du Khédive, 30 janvier 1875. En réalité le vice-roi savait à quoi s’en tenir à ce sujrt (ef. A. A, Reg, 21, Dép. Abd., pièce 545, le Cabinet du Khédive au moudir de Berher, 30 janvier 1875),
À, À., Reg, a9, 4rr, Abd. ès 646, le moudir de Berbor au Cabinet du Khédive, 12 février 1895,
GI A, A. Reg, a9, Arr, Abd, pièce 614%, Munzinger à la Maïa Sanich, 194 fevrier 1875,
AA. Reg, 29, drr, Abd,, pièco. 61 +, Munzinger à Khairi pacha, 16 février
5 À, A. Reg. o6, Dép. Abd, pièce 666, le Cabinet du Khédive à Munzinger, a1 février 1875.
de longueur, dont 180 dans le kism de Berber et 70 dans la moudirieh du Taka ; dix postes de surveillance seraient nécessaires, pourvus ehacun de 5 soldats et d’un ombachi, payés à raison de 1.200 piastres par an. Pour.les sept postes à installer dans-la moudirieh de Berber!, les frais de surveillance s’élèveraient à 50.400 piastres (M; quant aux salaires des deux télégraphistes, ils seraient respectivement de 500 et de 300 piastres par mois ), Le vice-roi prescrivit alors à Munzinger de s'entendre à ce sujet avec la hokoumdaria du Soudan 6).