INSPECTION DE SALAMA BEY
Ces incidents répétés conduisirent l'Administration des Chemins de fer à proposer au vice-roi de détacher Salama bey en mission au Soudan pour y passer l'inspection des lignes télégraphiques (1), L’ingénieur en chef des Télégraphes examinerait à cette occasion Les propositions faites par le gouverneur du Soudan et Le moudir de Berber pour augmenter le personnel où améliorer sa qualité P), Salama bey, qui devait se mettre en route vers la fin de septembre 5}, ne partit que dans les derniers jours de novembre #), muni de pleins pouvoirs à Lui conférés par le vice-roi fl}, Il passa d'abord par Massawa où il prit des dispositions en vue de l’étublissement du télégraphe militaire entre Massawa et Kayakhor(9. Puis il se rendit à Souakin où il organisa la station télégraphique M. Reparti Le 16 décembre 1875 avec une caravane de 57 chameaux pour le Taka, il se vit deux jours plus tard abandonné par les chameliers qui s’enfuirent “avec leurs chameaux, et il fallut lui envoyer de nouvelles bêtes de somme, . escortées cette fois par six soldats (9), À son arrivée au Taka, Alaeddin hey lui demanda d'installer deux appareils Morse en des endroits jugés
(A, A., Reg, 11, Dép. Maïa Sanieh, pièce 1, p. +, Khairi pacha à l'Administration des Chemins de fer, ta septembre 1875.
@ A, A,, Reg. 11, Dép. Maïu Sanieh, pièce », p. 1 et pièce 5, p. 17, la Maïa Sanieh à l'Administration des Chemins de fer, 13 septembre el 15 octobre 1875 ; Reg. 25, Dép. Abd., pièce 180, Khairi pacha à Ayoub pacha, 15 octobre 1875.
® A. À,, Reg, 11, Dép. Maïa Sanieh, pièce 4, p, 17, la Maïa à l'Administration des Chemins de fer, 9 octobre 1875.
1 On ne trouve d'autre raison à ee retard que le soin de régler son indemnité de déplacement (cf. A. A., Reg. 11, Dép. Maïa Sanieh, pièce 13, p. 35, Khairi pacha à l'Administration des Chomins de fer, 26 novembre 1875).
(A, A., Reg. 148, Dép. Maïa Sanieh, pièce 75, p. a7, circulaire aux moudirs, gouverneurs et maamours du Soudan oriontal et des provinces de la mer Rouge, a6 noyembro 1875,
(9 CF supra, p. 870. ;
A, A, Reg. 35, Arr. Abd., pièce 39, le gouverneur de Souukin à Khairi pacha, 16 décembre 1875,
WA, AÀ., Reg, 85, Arr, Abd,, pièce taa, le gouverneur de Souakin à Khairi pacha; a1 décembre 1875.
RE importants pour le service (M: ces appareils furent envoyés d'Égypte (C2 ainsi que des contremaîtres et des RÉGATAES destinés à renforcer le - personnel du réseau 8}, Pendant son séjour au Taka, Salama bey (it reetifier le parcours de la ligne télégraphique dans les régions où le passage des éléphants et autres bêtes sauvages provoquait de fréquentes avaries, Après avoir assigné sa tâche à chacun et indiqué à Alaeddin bey Ja quantité de bois qu'il aurait à couper pour remplacer les poteaux rongés par les termites, 1} partit le 30 janvier pour Kassala, à l'effet d'inspecter la ligne reliant eclle ville à Berber @), Arrivé dans cette dernière ville, il se rendit lo 14 février 1876 à Massid el cohstata que les longs délais daus la transmission des dépêches entre Massawa et l Évy pte provenaient du Lemps perdu à leur faire franchir Le Nil ; il demanda en conséquence qu'on bâti l'envoi du câble sous-marin destiné à relier Berber à Massid M.
Salama bey resta ensuite immobilisé pendant quatre mois à Berber, où il s’oceupa de surveiller le fonctionnement des lignes. De nouvelles avaries s'étaient produites entre Halla et Esneh ), entre Amideb et Massawa (7, entre Berber et Kassala, :1 ordonna au Ar de Berber de couper les bois nécessaires pour réparer les lignes télégraphiques de sa circonseriplion et remplacer les poteaux rongés par les termites ; 1 répartit Îe travail entre le personnel et affecta deux ingénieurs-adjoints à la surveillance des lignes du Soudan oriental ; l’un serait responsable de la ligne de Massawi à Kassala, l'autre de la ligne reliant Souakin à Berber, via Kassala, Enfin Salama bey comptait renforcer le personnel des stations de Berber et de
(A. A,, Reg. 36, dre, Abd., pièce 8g, Salama bey à Khairi pacha, 5 janvier 1876.
A, A., Reg. a7, Dép. Abd., pièce 67, Khairi pacha à Salama bey, 6 janvier
® À, A., Reg. 27, Dép, Abd,, pièce 71, Khairi pacha au directeur des Chemins de fer, 7 janvier 1876.
A, À., Reg. 36, Arr, Abd., pièce 463, Salama bey à Khairi pacha, 30 janvier 1876.
BU A, A, Reg, 37, dre, Abd., pièce 94, Salama bey à Khairi pacha, 14 février 1876,
A, A Reg, 36, Arr. Abd., pièco 426, la station de Halfa à Khairi pacha, #0 janvier 1876.
(A. A, Roy. 36, der, dbd., pièce 4387; Reg. 37, Àrr, Abd, pièce #9, La station de Halla à Khaivi pacha, 31 janvier, 7 février 1876.
Massid, dès que les télégraphistes attendus du Gure seraient arrivés au Soudan 0, En murs 1876, de forts vents abattirent un grand nombre de “poteaux sur la ligne de Massuwa ®) ; la ligne fut également avariée entre Massid el Dongola 9. À cette occasion, Sulama bey se plaignil à plusieurs reprises au Caire de n'avoir pu obtenir aucune aide du moudir de Dongola 0) ; Ju Maïa Sanieh dut rappeler eo dernier à l’ordre 6}. En mai, les vents alteignirent pendant deux jours, au Soudan, une violence inusitée ; un grand/nombre de poteaux furent abattus entre Halfa et Assouan ; la ligne de Berber à Khartoum fut également avariée ; les canols durent suspendre le serviec entre Berber et Massid, lun d'eux laut coulé el l'autre ramené plein d’eau à la berge (6, Au cours de la réparation de la ligne entre Halfa et Assouan, le personnel technique ne trouva aucun concours auprès des hakim khoët et des cheikhs de la région ; certains d'entre eux répondirent même aux observations qui leur étaient faites, que e le Télégraphe n'était nullement intéressant pour qu ’on s’en occupât actuellement». Aussi Saluna bey demanda-t-il qu'en cas de manquement, les cheikhs et les hakim khott fussent punis d’une amende de 10 livres, qui serait doublée en cas de récidive, alors qu’un troisième manquement entiatnerait leur comparution devant les tribunaux, Au début de juin, à la suite des vents et des pluies violentes, un grand nombre de jioteaux furent abattus entre Massid et Dongola et entre Berber et Khartoum. L'ingénieur du kism de Dongola fut chargé de la réparation de la première ligne et Salama
(A, A, Rey. 87, der. Abd., pièce go, Salama bey à Khairi pacha, 13 février
PA. A., Reg, 37, Arr. Abd. pièce 3 15, Salama bey à Khairi pacha, 6 mars 1876.
6 A, À,, Reg, 38, drr, Abd., pièce 41, la station de Halfa à Khairi pacha, 19 mars 1876,
A, A. Rog. 38, Arr. Abd., pièces 146, 443, Salama boy à Khairvi pacha, 25 mars, 1°° avril 1876.
GA. A., Reg, 28, Dép. Abd., pièces 97, 187, Khairi pacha au moudir de Donrola, 26 mars, 9 avril 1896, Le moudir répondit qu'il avait exécuté loutes les in. structions de Salama bey «sans retard ni négligence» (A. À. Reg, 39, drr, Abd. pièce a7, le moudir de Dongola à Khairi pacha, 8 avril 1876).
A, A, Reg, 89, drr. Abd., pièee 566, Salama bey À Khairi Ÿ pacha, +7 mai
(D AA, Rey. lo, Arr, Abd, pièce a7, Salama hey à Khoiri pacha, 20 mai 1876,
bey lai-même répara la seconde (0, En raison des nombreuses avaries qu s'étaient produites entre alfa et Assouan %, ce dernier confia la surveillance de cette section à Mohamed Salama eflendi, ingénieur en chef des Télégraphes du Sud M,
En juin 1876, Salama bey reprit sa mission d'inspection interrompue. Il trouva la ligne reliant Berber à Khartoum dans un état fort défectueux et presertvil au moudir de Berber et au vékil des traVaux de la hokoumdaria de remplacer les poteaux rongés par les termites (}, Des stations télé graphiques furent ouvertes à: Ghendi, à Mérowé et à Goz Regeb M}, Entre Khartoum et Messalanié, la ligne avait été établie sur des poteaux si courts qu'elle ne se trouvait, en certains endroits, qu’à un mètre de distanee du sol ; les animaux, en passant, accrochaient les fils et les coupaient. Salam bey signalo le fait à Khartoum et invita la hokoumdaria à remédier à ve défaut (9, 11 lui demanda également d'installer le l6ng de la ligne des abris pour les contremaîtres et de placer des aides et des gardiens en certains points. Entre Messalamié et Sennar, l'entretien de la ligne incombait au moudir de cett: dernière ville ; Salama bey l’engagea à procéder aux réparations de sa ligne en employant des poteaux conformes à un échantillon qu'il lui laissa , L’ingénieur en chef des Télégraphes inspecta ensuite la ligne du Kordofan. Longue de 260 milles environ, elle ne possédait que deux stations terminus à Omdurman et El-Obeid, Faute de stations intermédiaires permettant de localiser rapidement les avaries,
O AA. Rey, 4o, Arr, Abd, pièce ave, Salama bey à Khairi packa, 6 juin 1876,
% Dans celle partie, la ligne lélégraphique élait installée sur des poteaux eu Lois,
OA. A4. Reg, 4o, Arr, Abd., pièce 275, Salama boy à Khairi pacha, 14 juin 1896. :
(AA, Roy, ho, Arr, Abd, pièees 346, 404, Salama boy à Khairi pacha, 0, 26 juin 1876,
OA. AÀ., Reg. 4o, Arr, Abd,, pièces 346, 357, 358, Salama bey à Khairi pacha, 0 juin 1876,
(AA, Rey, fo, drr, Abd., pièec 573, Salama bey à Khairi pacha, 13 juillet 1876. |
1 À. À,, Reg. 4o, Arr. Abd,, pièce 699, Salama bey à Khairi packa, 20 juillet
ms
il fallait parfois une dizaine de jours pour réparer la ligne. Salama bey établit en conséquence une station télégraphique à Abou Gherad, placé à la limite des moudirichs de Khartoum et du Kordofan, où se trouvait déjà établi un bureau postal (}, et il demanda à la hokoumdaria de lui fournir le personnel nécessaire à la surveillance de cette ligne. N'ayant pas trouvé auprès des autorités de Khartoum l’aide requise, Salama bey se plaignit au Caire. « Aucune aïde ou attention quelconque, expliqua-t-il à Khairi pacha, n’a été apportée au service du Télégraphe... Les autorités n'ont attaché aucune importance à tout ce que nous leur avons écrit dans l'intérêt de ce service... [laurait mieux valu ne pas passer cette inspection, éviter à notre personnel et à nous-même toute cette peine et épargner à l'État nos frais de déplacement. Le vékil général du Soudan oriental @) nous a par contre donné toute l'aide possible dans l'intérêt du service ; loutes nos demandes ont été satisfaites au fur et à mesure qu’elles lui élaient adressées et il ne nous a jamais donné l’occasion de lui envoyer un rappel pour n'importe quelle demande, alors que les régions qu'il ” administre consistent en monfagnes isolées, fréquentées par les fauves, et ne peuvent étre en aucune façon comparées aux régions de la hokoumdaria formées de plaines, et où Le pays est prospère.» Indigné de l'attitude prise à son égard par les fonctionnaires de Khartoum, Salama bey finit par couper toute relation avec eux ).