DIFFICULTÉS ENTRE RATEB PACHA ET LE GÉNÉRAL LORING
Depuis qu'avait commencé l'avance des troupes, les rapports entre le sirdar et l'état-major étaient devenus plus tendus. Rateb pacha donnait
M AA, Reg. 34, Arr. Abd. pièce 5ga, Salama bey à Khairi pacha, 1 4 décembre 1895,
Le traitement mensuel de M, Voght était de 80 L.E., Salama bey proposa de ke porter à 4o L.E,
PT AA, Reg. 36, drr. Abd. pièce 297, Salama bey, à Amideb, à Khairi pacha, 17 puvier 1876. Le Khédive approuva ces propositions (A.A., Reg. 1 7, Dép. Maïa Sanieh, pièce 26, p.59, Khairi pacha à la Direction des Chemins de fer, 20 janvier 1876).
® Journal de Ragab Saddik, 21 janvier 1876, .
des ordres directs à ses commandants de troupe, sans passer par le général Loring (V ; le chef d'état-major donnait de son côlé des ordres qui n'étaient pas écoutés ; comme résultat de ces tiraillements, la plus grande confusion régnait à Massawa. Loring finit par se plaindre au général Stone. Mis au courant des faits, le Khédive chargea le prinee Hassan derétablir l'harmonie entre le sirdar et son chef d'état-major. « Hâtez-vous, lui écrivil-il, de vous rencontrer seul avec le général Loring et, sans lui faire sentir que vous en avez été informé par nous, feignez que vous avez pris personnellement connaissance de ses plaintes dans certains milieux et adressez-vous à lui en ces termes : 6 Généra’, je me rends compte qu’il y a de l’animosité entre «les commandants ici; je sais que cela résulte de certaines intrigues et « que la raison en est que la plus grande force militaire égyptienne a ét «mise maintenant ous vôtre commandement et le commandement du « sirdar. Comme, dans toute armée, il faut, pour remporter la victoire, que « ses commandants en chef soient nécessairement d'accord et que tout « différend entre eux empêche d’ohtenir le résultat voulu; attendu que « si, à Dieu ne plaise, cette armée ne parvient pas à obtenir un bon résultat, « des conséquences funestes en résulteront ainsi que des torts considé- «rables pour le pays, qu’en outre la réputation des officiers américains «au service du gouvernement égyptien en souffrira, je n’ai-pas besoin « de vous apprendre ce qui nous incombe. Pour ce qui est du sirdar, ce «n’est pas un homme insociable et je sais .pertinemment qu'il vous aime « beaucoup. Vous n'ignorez pas que si ces rumeurs arrivent au Caire, «elles produiront une mauvaise impression. Je suis certain que vous êtes «un homme intelligent et habile qui ne manquera pas de déployer les € plus grands eflorts pour sauvegarder l'honneur du gouvernement égyp- «tien ; il se peut que les hommes qui se trouvent parmi vous n'aient pas «rapporté fidèlement et comme il convient les propos que vous tenez « les uns à l'égard des autres. C’est ainsi qu’ils provoquent des dissensions
4 Ragab Saddik fait allusion à eos difficultés dans son journal à la date du 18 janvier 1876. «Il était d'usage, écrit-il, de communiquer au bureau d'état-major les ordres et les instructions donnés par le commandant en chef. Le bureau se chargeait alors de les transmettre aux sphères compétentes. Mais comme les officiers de l'étatmajor ne connaissent pas l'arabe, les travaux de bureau ont êté déférés aux petits officiers attachés à l'état-major, »