RETRAITE DU ROI JEAN
rade force qui occupa la grande vallée située au sud des retranchements, et continua avec acharnement la bataille jusqu’à 10 heures (l}, cherchant ans doute à envahir notre position et à exterminer {ous ceux qui s’y wouvaient, Mais le prince, fils de S.A. Le Khédive, et tous les officiers des deux bataillons qui occupaient cette position avec moi, se sont empressés de tirer leur épée et de livrer bataille, faisant preuve d’un courage qui leur salut de restreindre leurs pertes à 1 5 soldats et à 3 officiers, tués ou blessés. Quant à l'ennemi, il perdit, dans ce dernier engagement, un éminent mimstre qui s'appelle le cheikh Kahal Lolah, qui fut trouvé mort, de même qu 5.000 soldats qui ont été vus morts sur le champ de bataille, sans parler de ceux qui ont été tués au loin par les projectiles lancés par nos rauons, L'ennemi a passé la nuit à se lamenter, pleurant les pertes cruelles qu'il a subies dans cette bataille acharnée, Les espions nous ont rapporté, en autre, que dans la bataille de mardi, un nombre incaleulable de soldats de l'ennemi ont péri ; que, parmi les chefs tués se trouve le ras Woronya qui est ininistre, ainsi que le-dedjaz Gabrou, gendre du ras Areya, et le detljuz Hosse, Khazindar de Johannès.
« En un mot je ne crains rien, avec l’aide de Dieu, pour les retranchements dans lesquels je me suis fortifié, bien que les attaques dirigées “ontre nous se poursuivent continuellement. Pas un jour ne passe sans qu'un grand nombre de soldats ennemis ne périssent. Toutefois l’ennemi a rassemblé de nombreuses troupes sur les deux côtés du chemin reliant uos positions à Kayakhor. Il vise par 1à deux buts : 1° nous livrer bataille ; +’ couper nos communications et empêcher tout renfort de nous rejoindre, l'ar ce plan, il cherche à nous déloger et à déloger Osman pacha des retanchements, et à se trouver ainsi face À face avec nous,
+ Son Âltesse Le prince est en toute sécurité et jouit d’une parfaite santé, L'envoi des soldats se trouvant à Massawa a été demandé. Mais il est, en outre, essentiel pour nous de faire venir de toutes façons des renforts de Aayakhor pour revenir à la charge et prendre notre revanche sur l’enneini El,»
1 Environ 4 heures de l'après-midi, " Cette assertion est inexacte, :
“AA, Carton 1:60 Abdine, dépêche de Rateb pacha, 10 mars 1876,
Le 10 mars, à l’aube, on entendit des coups de feu qui jetèrent l'émn dans le camp dhysiite Les soldats du roi Jean, croyant à une, attaque des Égyptiens, se préparèrent au combat. Peu après, on apprit que ces vs
de fusil avaient été tirés par les gardiens sur des prisonniers qui s'en.
l'uyaient (1, Les troupes égyptiennes, croyant de leur côté à une atlaque. ouvrirent le feu de leurs canons Krupp et bombardèrent le camp eunenn pié=qesins les monticules qui le cachaient à leur vue. Un des obus tomba près de la tente de Johannès @}, Le négus donna alors à l'armée l'ordre de lever le camp, Bientôt on vit du fort s'élever des nuages de poussii Fr au-dessus de la petite vlaine de Goura, Peu après, quelques prisonniers qui avaient réussi à s'échapper rentrèrent dans les lignes. L'un d'en, un capitaine appartenant à l'état-major, annonça que les Abyssins étaient en train de massacre: les prisonniers. L’état-major proposa alors de faire sortir la cavalerie pour recueillir les blessés, Mais le général Loring avai perdu toute influence sur Rateb pacha ®, Ge n’est que tard dans la soirér que le sirdar, sur les instances du prince Hassan, se décida à faire sortir un détachement, et encorc lui fixa-t-il comme tâche de récupérer une ou
deux pièces d'artillerie restées sur le champ de bataille. Le lieutenant,
colonel Derrick et le capitaine Irgens partirent avec ce détachement, mu dès qu'on fut à un mille environ du fort, les soldats montrèrent une ter. reur telle que les deux officiers s’en séparèrent. Tandis que les Éqp tiens allaient cherchereles pièces, les deux officiers américains se divigrint vers la position évacuée par l'ennemi, À en juger par l'immensité du eat répandu sur les vallées et les collines, le roi Jean avait dû réunir pour i combat plus de 100,000 hommes (), Les feux de bivouac brûlaient encor quand les officiers y arrivèrent, Un spectacle affreux s’oflrit alors à leur: yeux. La plaine entière était couverte de morts et de mourants,vietimes de la cruauté des Abyssins. Dépouillés de leurs vêtements, les prisonniers égyptiens avaient subi Les plus indignes traitements ; les corps étaient cul.
0) Cf. Momwen Rirar, op. cil., p. 46.
6) Journal de Ragab Saddik, 10 mars 1876.
CF, Dre, op. cit, p. 390.
“ Le docteur J Johnson, prisonnier des Abyssins, bo plus tard que le ca
comprenait environ 100.000 personnes, dont 60.000 combattants (ef. Lonxc.
op. cit., p. 439).