POURPARLERS D'ARMISTICE
prestige. des armes de l'É igypte U). Le vice-roi, toutefois, savait an juste se qu'ilen était. D preserivit à Rateb pacha de recevoir le délégué éthiopien avee tous les honneurs dus à son rang, de lui expliquer qu’en envoyant \rendrup en Abyssinie, le Khédive n'avait eu d’autre but que de conclure avec le roi un accord solide et qu'il regrettait l'échec de la mission confiée au naïb Abd el-Rahim. Bien que de nouvelles troupes fussent en route pour l'Éthiopie, le sirdar accepterait l'armistice proposé et se déclarerait prêt à discuter les termes d’un traité de paix ®). IE devrait avoir soin de ne pas rompre les pourparlers entamés, et demanderait au roi Jean de lui renvoyer les blessés égyptiens, en arguant qu'il avait au camp des médecins capables et des hôpitaux dotés de tout le’confort nécessaire pour les soigner ; il oflrirait de recevoir également les blessés de l'armée du roi et exprimerait le vœu que les Abyssins ne fissent pas subir aux prisonniers le traitement barbare qui leur était coutumier #). Quant à la demande d'évacuation présentée par le négus, le sirdar y répondrait de la manière suivante : « La demande que vous nous adressez de quitter immédiatement le pays avant la signature d’un traité de paix est contraire aux règles en vigueur entreles nations. Vous-même, vous connaissez ces règles, comme le montre le fait de nous avoir prévenus que vous alliez nous envoyer un délégué pour entamer des pourparlers, Nous, de notre côté, nous sommes tout disposés À diseuter les conditions de paix avec le délégué que vous désignerez à cette fin, Nous pouvons vous assurer que notre monarque le Khédive n’a nullement l'intention de s'emparer de l’Abyssinie, comme en font foi les instructions qu'il a données à Arendrup Bey par le passé, Il ne désire que conclure un traité de paix garantissant à l'avenir les bonnes relations d'amitié (fl,» Le
"1 De Massawa, Nacht bey écrivait à Khairi pacha : « C'est le cœur rempli de joie que je vous rends compte qu’à la suite des pertes énormes qu'ont subies les srinées de Kassa mises en déroute par nos troupes victorieuses, et avec l’aide de SA, le Khédive, Kassa a demandé une trêve à S.A. Hassan pacha pour parlemenut. (AA, Reg. 37, dr. Abd., pièce 468, Nachât bey à Khairi pacha, 14 mars 1836.)
A,A., Reg. 28, Dép. Abd., pièce 1, O. S, au sirdar, 14 mars 1876.
AA, Rog. 28, Dép. Abd., pièce 2, O. $, au sirder, 14 mars 1876.
ds AA, Reg, 28, Dép. Abd, pièce + 0. $, au sirdar, 15 mars 1876.
Ga,
980 HISTOIRE DU RÈGNE DU KHÉDIVE ISMAÏL. L ” | D DU pete ae = a ee dos ee
Khédive demandait enfin au sirdar de lui indiquer, au cas où le roi Jean reluserait de faire la paix, quelles dispositions il comptait prendre en vue de vaincre l'ennemi ),
Les intentions pacifiques du roi Jean n'étaient pas telles qu’elles ni cédassent devant l'occasion de prendre sa revanche de l'échec euisant qu’il avait essuyé dans la journée du 9 mars. C’est ainsi que le ind 13 mars, le bruit courut dans le camp abyssin qu’on allait se baltre de nouveau ; le roi fit reconnaître la position occupée par les Égyptiens à Kayakhor, dans l’idée de livrer combat le lendemain mardi, jour faste pour lui: Mais ayant con:taté que les forces égyptiennes étaient nombreuses et bien retranchées, il changea d’avis %, La journée de merereili fut également calme. « Pourtant écrivit le sirdar au Caire, Îe roi avait toujours considéré ces ueux jours comme de bon augure pour lui. Îl limite ‘actuellement son activité, de jour et de nuit, à brûler et à piller les villages. On en déduit que, par peur, il n'ose plus s'approcher de nous 5,» Si les rapports faits par les espions égyptiens sont exacts, les soldats abyssins ne voulaient plus se battre et déclaraient que si le roi ne les laissait pas retourner à Adoua, ils partiraient d'eux-mêmes". Les espions disaient aussi qu’au cours d’un conseil qui avait suivi l« combat du g mars, les ministres du roi Jean avaient opiné en faveur du retour de l’armée à Adoua et que Kassa ne réussit pas à les fair changer d'avis ), En fait de nombreuses désertions se produisirent dans Je camp abyssin et Mohamed Rifaat constata que le nombre des troupes diminuait , Le roi Jean, après avoir passé les journées de mardi et dr mercredi à Afalbo, où il s'était rendu en quittant Balsa, quitta emitr localité le jeudi 16 mars pour gagner Waldato. En le voyant s'éloigner, le prince Hassan demanda au Khédive la permission de rentrer en Ég pe « L'armée abyssine, cäbla-t-il au Caire, ayant perdu de quarante à einquante mille soldats environ dans la bataille qui s’est déroulée ct ne
(AA, Reg, 28, Dép. Abd., pièce 11, 0, S, au sirdar, 15 mars 1876. @) CL Mona Rifaar, op. eff, p. 63.
6) A,A., Carton 160, Abdine, le sirdar à Khairi 5 mars 1876.
1 AA, Carton 160, Abdine, Rateb pacha à Khairi ah 17 mars 1876. 6) A,A., Carton 160, Abdine, Rateb pacha à Khairi pachas 17 mars 1876, Cf, Mots D Rivaar, op. eil., p. 64,
POURPARLERS D'ARMISTICE. 98t
pouvant plus poursuivre le combat, a quitté aujourd’hui la position qu'elle occupait et s’est dirigée vers Adoua. Dans trois ou quatre jours, la nouvelle de son arrivée à Adoua pourrait être confirmée. I! nous serait alors bien difficile de poursuivre l'armée abyssine et de lui livrer de nouwant bataille. En effet, nous n'avons pas de bêtes en nombre suflisant pont entreprendre cette expédition. D'autre part, il faudrait beaucoup de temps pour mettre à exécution une telle idée, et la saison des pluies approche. Aussi ne vois-je plus de nécessité à mon séjour ct et je sollicite quun ordre supérieur de 5. À. le Khédive autorise mon retour en Eys pte M, Le vice-roi n’y consentit pas. « Nous avons chez nous actuellent un certain M. Flad, qui a passé seize ans en Abyssinie, lui répondit-il. Nous désirons le déléguer © pour que, par son intermédiaire, des pourparlers soient èntamés avec l’ennemi dans le but de sauver tous ls soldats de nos sept bataillons faits prisonniers et de trouver un moyen de nous faire rendre les armes qui se trouvent entre les mains de l'ennemi, car rious espérons que ce dernier acceptera les conditions que nous lui dicterons. Si donc vous quittez actuellement J’Abyssinie pour venir ici, d’une part le courage de nos soldats campés là-bas se refroidira, de l’autre nous perdrons la situation dominante que nous occupons «luellement et qui passera à Jean, ceci non compris tous les on-dit qui se répandront au sujet de votre retour. Vous devez done, mon fils, deneurer à votre place pour une durée de quinze à vingt jours. Si le climat de Goura ne vous convient pas, nous ne voyons pas d'mconvénient à ce que vous alliez à Kayakhor ou ailleurs. Le but que nous poursuivons vise à conclure un accord avec l'ennemi et à sauver nos prisonniers et | nus armes, Ces mesures nécessitent du temps. Votre présence là, mon fils, pour quelques jours encore, n’est pas une grande affaire et ne peut ‘re comparée au danger que vous avez couru pour sauver la patrie ),» En quittant Waldato, le roi Jean, au lieu de se diriger sur Adoua
AA, Carton 160, Abdine, le prince Hassan à Khairi pacha, 16 mars 1856,
® Le Khédive demanda à son fils de garder ce renseignement secret et de n’en parler à personne : il ne semble pas, d’ailleurs, que le vice-roi ait donné suite à ce projet,
AA, Reg, 98, Dép. Abd,, pièce 43, O. $, à Hassan pacha, nuit du 19 au 20 mars 1876.
982 © HISTOIRE DU RÈGNE DU KHÉDIVE ISMAÏL, u
comme 6n le eroyait, se porta à Derira (1) dans le Hamacène. Il avait un vengeance à tirer du ras Walad Mikaïl. « À la suite du combat du nurdh (7 mars), expliqua le sirdar, Walad Mikaïl fit son apparition derritre l'armée de Johannès, tua une grande partie de ses soldats, enteva un gros butin, tua un des deux lions du roi et s’empara vif du deuxième. Depuis Le jour où il a perdu ses deux lions, le roi d'Abyssinie se considère comme dépossédé de son royaume. En effet, d’après les coutumes de ce pays, les rois d’Abyssinie attachent une grande importance à ces lions, dont la présence auprès d’eux est un bon augure. Pour cette raison, il ne s’est pas rendu à Añoua, mais s'est dirigé vers le Hamacène, dans fr but d’incendier les villages de Walad Mikaïl et de lui livrer bataille afin de rentrer en possession du butin qui lui a été enlevé ainsi que du lion, et pour se venger de Lu .5 En apprenant ces nouvelles, le Khédive pres. crivit à Rateb pacha de prêter toute assistance à Walad Mikaïl, de le faire venir au besoin près de lui ct de l’admettre à camper sous la protection du fort }, Au cas où le roi Jean engagerait de nouveau la bataille, le vice. roi ne voulait pas que les troupes égyptiennes sortissent de leurs relranchements ; elles se borneraient à livrer un combat défensif. « Nous avons répandu ici le bruit des pourparlers de paix, ajoutait le Khédive. Nous ne devons donc pas commettre des actes qui y soient contraires ll,» À plus forte raison, l’armée ne devrait-elle pas marcher sur Adoua 6), Mais si dr roi Jean refusait de négocier, il serait impossible de quitter le Hamacène : Rateb pacha devrait alors déterminer les positions qu’il conviendrait d'oceuper dans cette province, les retranchements qu’il y aurait lieu d’y construire et le nombre de soldats à y laisser pour les défendre ©,
Le voi Jean ne séjourna pas longtemps à Derira ; en quittant cette Jaculité, il se porta à Zolma et de à à Halhala. Cependant, depuis son départ
&} Localité sise à 5 heures de distance environ de Goura.
AA, Carton 160, Abdine, le sirdar à Khairi pacha, 18 mars 1876.
+ A, A. Roy. 28, Dép. Abd., pièces 58 et 59, O.$. au sirdar, 21 mars 1876.
( À. À., Reg. 28, Dép. Abd. pièce 54, O. $. au sirdar, nuit du 20 au #1 man 1876. |
5 À. A., Reg. 28, Dép, Abd., pièce 60, O, S, à Rateb pacha, nuit du 21 au aa mars 1876,
(A, A, Reg. 28, Dép. Abd., pièce 64, O. $, au sirdar, 22 mars 1876,
| PROPOSITIONS DIS PAIX, 983 em
de Balsa, il n'avait plus donné suite aux pourparlers d’armistice, Inquiet «ur les intentions du négus, le sirdar prit sur lui de renouer la négociation til écrivit le 20 mars une lettre au roi Jean pour lui demander de le renseigner sur les motifs de son silence.
Au camp abyssin, Mohamed Rifaat bey s'était inquiété lui aussi de l'arrèt des négociations. Par l'entremise de Lika Moukas Warki, il obtint du roi l'autorisation d'écrire une lettre personnelle au sirdar pour lui en demander les raisons (1), Sa lettre se eroisa avec celle que Rateb pacha envoyait au négus. Le roi Jean fit communiquer cette dernière à Rifaat bey, ainsi que son projet de réponse. Le secrétaire trouva celui-ci insuffisant. H lit valoir que la réponse ne traitait pas du rétablissement des affaires commerciales entre les deux pays, alors qu’une telle clause devait constituer la base de l'accord. La lettre du roi fut amendée en conséquence Paraphrase énergique de la lettre du 12 mars, la réponse du négus au strdar était ainsi conçue :
« Votre lettre ne contient aucune réponse aux explications contenues dans la nôtre... Vous dites que vous êtes venu ici pour examiner l'ayression commise contre vos émissaires à Gundet. Vous prétendez que c'est nous qui sommes venus ici pour livrer combat et verser du sang. Maintenant vous demandez un délégué pour discuter entre nous les conditions de paix etrétablir l’ancienne amitié, Nous vous répondons : Ô vous,
“1 Le sirdar, dans une lettre à Khairi pacha, donne une analyse du contenu de la lettre de Rifaat bey. « Il nous signale, écrit-il, que le roi Jean a personnellement an cœur pur, qu’il désire la paix, qu'il regrette le sang versé à deux reprises, qu’il lésire de tout cœur nouer une amitié avec notre Grand Bienfaiteur S, À. le Khédive, ifaat bey s'offre à servir comme intermédiaire pour mener à bonne fin les paurparlers et de la façon qui nous convient le mieux, I} évitera ainsi, dit-il, que le san ne soit versé de part et d'autre et freinera l'esprit de vengeance, Il désire que nous lui fassions connaître nos idées à ce sujet et ajoute qu’on pourra arriver à conclure une paix favorable et qu'il attend nos ordres pour entamer les pourparlerss (A. À., Reg. 38, Arr, Abd., pièce 143, le sirdar à Khairi pacha, 24 mars 1876).
CF, Monaweo Rirur, op. cit. p. 69.
hommes grands el iHustres, auxquels Dieu a donné une grande intelligence pour discerner le bien ct le mal, les émissaires auxquels vous faites allusion élaient-ils au nombre de dix ou de vingt, et sont-ils venus pour examiner Li situation ? Est-ce nous qui, en raison de leur petit nombre, les avons battus, ou n'est-ce pas plutôt une grande armée qui a attaqué et pénétré dan. nore royaume, sans aucune autorisation de notre part? Nous avions en. voyé un émissaire pour nous renseigner sur la situation ; il a été arrèté, frappé à la tête à coups de botte ; ses yeux ont été arrachés, ses oreille, coupées, son ventre ouvert , Ils sont ensuite arrivés au lieu où nous nou trouvions. Nous sommes alors venus pour connaître les motifs de l'arrivée de ces armées. Une distance de six heures nous séparait d'elles. Elles se sont levées de nuit et sont venues nous attaquer à l’improviste, alors que nous ignorions que nous étions en état de guerre avec elles. Le combat ayant été livré 0}, elles ont été battues et les soldats qui ont pu échapper à la mort ont été restitués avec générosité.
« Quelques temps après, vous êtes venu vous-même dans notre jus avec votre chère armée, sans aucun préavis. Vous avez destitué et nommé des gouverneurs et procédé à la vente et à l'achat, avec la garantie de votre nom. Même mon serviteur Walad Mikaïl, que nous avions nommé prouverneur du Hamacène, nous a trahi et s’est rendu auprès de vous, Vous lui avez remis des vêtements somptueux parce qu'il s'était rebellé contre nous, Vous avez remis les rênes du gouvernement aux habitants de l'Okulé-Kouzaye en vue de les exciter contre nous. Je n'aurais jamais cru que vous fissiez de telles choses, Nous avons alors été amenés à changer d'opinion à ce sujet ef nous sommes rentrés chez nous pour délihérer avec notrr gouvernement et examiner s’il y avait des raisons à votre arrivée chez nous, Nous et toutes nos armées étions assoiflés par suite du manque d’eau. Nous sommes donc venus, avec nos armées, dans l'espoir de nous désaltérer avec l’eau de notre fleuve. Vous nous avez alors attaqués avec les canons et toute l'armée: Il y a éu'des pertes et nous n’aurions jamais cru que vous fissiez de telles choses, icar nous respectons' otre vieille amitié avec notre:
frère bien-aimé on AA kb cou. poings crea al 4 me sp RAR IA ;
TE e Nos frontières partent de la mer et au delà, comme cela est connu par toutes Les nations, Ges régions nous ont appartenu jusqu’à présent. Notre bien-aimé frère Ismaïl pacha à attaqué nos frontières, Ge n’est pas lui le ssponsable, mais les méchants qui ne craignent ni Dieu ni sa puissance. Au moment de notre accession au {rône, nous espérions que notre frère bien-aimé nous restituerait toutes les régions des frontières qu’on nous ail volées. Nous avions écrit une lettre à ce sujet à notre frère S.A. l’houorable Khédive ; Munzinger l’a prise et brûlée. Maintenant vous avez déidé de nous demander qu’on vous envoie un délégué pour discuter wee vous la détermination des frontières et des droits et pour raffermir l'amitié. La France, l'Angleterre et la Russie, ou toute autre nation, seront
: prises comme témoins entre nous ; sinon quelle en est l’utilité ?
« irâce à Dicu, le fils de notre frère bien-aimé n’a pas perdu un seul cheveu, Je vous prie de rentrer auprès de votre gouvernement et dans sutre pays, la tête haute, après avoir raffermi nos liens d'amitié, car nous uv formons qu’un seul corps. Ne sommes-nous pas des voisins et le voisin west-il pas un fière hien-aimé ? Mais si vos idées tendent à nouveau vers ha destruction, Dieu, le maître de toutes choses, qui a, dès le début, fixé les limites de chaque royaume, se dressera, j'en ai la foi sincère, entre nous el vous pour venger toute attaque contre les frontières, Je vous enwie à tous mes meilleures salutations et que Dicu vous garde.
« Quant aux relations commerciales entre 1’Abyssinie et l'Égypte, nous n'avons donné aucun ordre à ce sujet et c'est vous qui avez interdit l'impurlalion en Abyssinie des armes et de la poudre, et saisi Le cadeau que nous avait envoyé l’Angleterre. Telles sont les raisons de l'interruption de ces relations. Quant à nous, nos instructions visaient non seulement l'Ég pypte, mais tous ceux qui venaient commercer avec nous : Anglais, Français et Syriens, Nous avons aboli les douanes entre ces commerçants ct nous pour établir la paix et l'amitié entre tous mes frères. J'espère que, “après votre tour auprès de. Se re tout sera fait pour le | mioux (0, plan it
Fig HE É ar Poe nm 1 DU Gi Tar î
Te : . LUE tn fl qu fs de ur 6) dérnig “paragraphe: sette. itre 3 “été visiblement rajouté pour tenir nr en des ‘obserta ag de ifaat Le texte de la léttro de Jean: Aélégraphié" fe
rl A. a ; Reg: 38, Avr. Abd. pièces 67, nr.
un échange nt de;
LS
986 HISTOIRE DU RÈGNE DU KHÉDIVE ISMAÏL, mm,
Le ton de cette lettre n'était pas particulièrement encourageant. Cépen. dant Rifaat bey, à qui Rateb pacha avait demandé de s’entremettre afin de faire réussir la négociation avant la saison des pluies (, alla trouver k roi pour le convaincre de la nécessité de faire la paix. Jean preserivit alors d'écrire une deuxième lettre au sirdar pour lüi demander l’envoi d'un délégué au camp abyssin, afin de négocier en sa présence les termes du traité ®), Rateb pacha décida d’envoyer auprès du roi le binbachi de eva. lerie Aly effendi el-Roubi, à qui il communiqua avant son départ les in. structions de la Maïa ; celles-ei avaient trait à la restitution des armes, au renvoi des prisonniers el au libre commerce entre les deux pays. Aly eflen. di el-Roubi avait ordre de s’aboucher avec Rifaat bey 5} ; il ne devait loutefois prendre aucune décision définitive, mais rendre compte au sirdar qui. à son tour, soumet’rait les questions au Khédive ti). .
À l'approche du délégué égyptien, rapporte Rifaat bey, 2.000 hommes armés quittèrent le camp abyssin pour aller à sa rencontre. Aly effend: el-Roubi était accompagné de deux officiers de cavalerie dont l’un s’appelait Ahmed effendi Abd el-Ghaffar et l’autre était un youzbachi copte ; leur escorte comprenait 16 cavaliers. À leur arrivée au camp, les troupes abyssines se mirent à crier : « Dongola Goura», cri qui fut répété à plusieurs reprises ®), Au cours de l’audience qu'il accorda au délégué égyptien, le
correspondance entre Khairi pacha et le sirdar, que la lettre du roi est datée du 14 baramhat 1868, correspondant au 29 mars 1876 (A. À., Reg. 28, Dép. Abd. pièce 124, Khairi pacha au sirdar, 26 mars 1876 ; Reg. 38, Arr. Abd., pièce 227, le sirdar à Khairi pacha, nuit du 28 au 29 mars 1876),
() Dans son ouvrage, Rifaat bey donne in-extenso le texte de la lettre que lui adressa le sirdar (cf. Mouawen Ruraar, op. cit, p. 70 à 79).
4 CE, Monawen Rirar, op. cit, p. 92. D'après Rateb pacha, la lettre du roi fut envoyée le 14 baramhat 1868, correspondant au 92 mars 1876.
6) Par la suite, le Khédive prescrivit d'écarter Rifant bey des négociations, pare que étant prisonnier, disait-il, if ne pouvait rien envoyer qui ne passât sous les yeux de l'ennemi (A, A, Rog. 28, Dép. Abd., pièce 110, O. S, au sirdar, nuil du 25 au 26 mars 1876),
(1 À, A, Reg. 38, Arr, Abd., pièce 143, le sirdar à Khairi pacha, nuit du 25 au ah mars 1876.
6} Rifaat bey explique que Dongola signifie « chevaux » ; les Abyssins criaient donc: « Des cavaliers de Goura, » |
roi Jean hui dit : «Ge maudit diable qu'est Munzinger pacha a épousé une funme sans conscience de la moudiieh de Senhit en vue de s'emparer de celte moudirieh. Ensuite, il a construit un fort à Senhit et s’est emparé de la ville, conformément à son désir. Quelque temps après, Arendrup bey a eu l’audace d'entrer dans la ville de Gundet à proximité de notre capitale, et il nous a envoyé dire que le territoire qui s'étend jusqu’au March appartient au gouvernement khédivial et que nous avons perdu toute attache avec ce pays. Quand nous avons entendu ces paroles qui ressemblent à du poison, nous avons perdu patience et ceci a causé le sang qui a été versé par la suite. S.A. le Khédive ne s’est pas arrêté là, Îl a fait marcher contre nous une grande armée et les événements qui ont suivi sont connus. Si, actuellement, vous voulez la paix, ilvous incombe de nous restituer la moudirieh de Senhit qui m'appartient et de payer des dommages pour toutes les pertes que j’ai subies durant cette longue période.» Le binbachi écouta ce discours en silence, puis il répondit brièsement dans le sens de ses instructions et repoussa les revendications du roi, on |
Le négus réunit alors ses ministres et ses ras pour délibérer avec eux au sujet de la paix et de la restitution des armes ; tous s'y déclarèrent opposés. « Si vous désirez qu’on restitue les armes que nous avons prises après avoir perdu un grand nombre de nos hommes et de vies humaines, dirent-ils au roi, et si vous avez l'intention de traiter de la paix sur cette base, prenez note que nous ne rendrons jamais ces armes et que nous ferons de nouveau la guerre et que nous refusons toute paix.» Le roi Jean leur reprocha leur attitude et les renvoya, mais il n’en dut pas moins céder devant leur hostilité. I] était clair que les ras considéraient les armes qu'ils avaient prises comme un butin de guerre et qu'ils repoussaient la paix dans la crainte d’avoir à les rendre, tandis que le roi était disposé à les restituer afin de se débarrasser au plus tôt des Égyptiens pour pouvoir lourner sonattention contre les grands feudataires rebelles à son autoritéff),
Aly el-Roubi passa deux jours au camp abyssin, Le roi décida alors d'envoyer son propre délégué à Goura pour négocier avec le sirdar les conditions de la paix, et il nomma à cet effet, sur l'instigation de Rifaat
PJ À, À., Reg. 38, Arr. Abd., pièce 334, le sirdar à Khairi pacha, 30 mars 1876,
bey qui prisait fort son intelligence, Lika Moukas Warki en person. Ge dernier partit muni d’une lettre très conciliante du négus pour Kate}, pachaU}. Avant de quitter le camp, les délégués égyptiens reçurent chacun, en cadeau, un cheval, un mulet, une lance et un bouclier
Lorsqu'il arriva à Fort-Goura &!, l’envoyé abyssin fut reçu avec tous br. honneurs dus à son rang (, T expliqua que le roi Jean avait eraint tout d’abord que le massacre des captifs %) ne constituât un sérieux obstacle à la conclusion de la paix ; mais les attentions dont 1l était l’objet, ajouta. Lil, ne pouvaient que calmer ses craintes et être acceplées par lui comme un témoignage de bonne volonté et le présage d’une paix rapide (, Lila Moukas déclara ensuite que le roi accepterait d'élargir et de rendre lous les prisonniers faits au cours de la guerre ainsi que lors de l'expédition Avendrup, et qu'il était également disposé à conclure avec l'Égypte un traité de commerce et un traité postal. Quant à la restitution des armes, que réclamait le Khédive, il était impossible d’y satisfaire. Le roi voulait bien les restituer, mais il ne pouvait les reprendre aux soldats. « Les soldats abyssins, expliqua-t-il, ne sont pas des réguliers, mais des particuliers qui s’enrôlent dans l’armée comme volontaires dans l'intention d’en tirer profit. Aussi ces soldats ayant compris qu'ils devaient restituer les armes en leur possession, il les ont brisées sur les rochers et se sont enfuis. Le ru Jean, dit-il, regrette donc de se trouver dans l’impossibilité de restituer
(3 Le texte de cette lettre datée du 17 baramhat 1868 (a5 mars 1876) fut télégraphié au Caire par Le sirdar (A, A., Reg. i Arr. Abd,, pièce 280, le sirdar à Khairi pacha, 28 mars 1876),
®) CF, Monamen Riraar, op. cit, p. 95.
#9) Läka Moukas Warki comptait dans sa suite son gendre Parkyns, fils putatif du voyageur Mansfield Parkyns, auteur de l'ouvrage Life in Abyssinia,
Dye note qu’il fut reçu avec de grands honneurs (ef. Dve, op. cit., p. 443, 434),
5 Dans une lettre à Khairi pacha en date du 24 mars, le sirdar fixa à 800 le nombre des captifs massacrés le 10 mars (A. À., Reg. 38, Arr. 4bd., pièce 180), Le nombre des prisonniers, d’après les renseignements envoyés au sirdar par Mohamed Rifaat s'élevait à plus de 100 (A, À., Reg. 38, Arr, Abd., pièce 14%, le sirdar à Khairi pachn, 25 mars 1876),
(CE Dve, op, ait, pe 435. Moukas Warki s’efforça d’ailleurs de donner l'impression que le massacro se fit sans ordre positif du roi,
«s armes, et, devant cet élat de choses, il aimerait que les dites armes «ient considérées comme des dons oflerts par $.Â. le Khédive.» Rate pucha rendit compte au Caire de cet entretien el sollicita de nouveaux ordres du Khédive sur ce point, ainsi que des instructions sur la question des frontières qui n’avait pas encore été abordée dans la discussion #1), Le Khédive se montra tout d’abord intransigeant sur la restitution des armes qu'il considérait comme le prélude nécessaire au rétablissement de lb paix ©), puis 1l consentit à faire une concession. « Si Jean a une excuse plausible pour ne pas restituer nos armes en totalité mais seulement en partie, manda-t-il à Rateb pacha, nous ne voyons pas d’inconvénient à ce que vous acceptiez, à condition qu'il rende tous les prisonniers égyptiens ‘ainsi que les Arabes. Si le roi Jean avance une pareille proposition, vous devez vous y rallier et nous la faire connaître (},» En ce qui concerne la question des frontières, le vice-roi ne s'était pas encore prononcé, mais ses intentions n'étaient guère douteuses. Comme le bruit courait à Senhit que le roi Jean avait ordonné aux habitants du Hamacène de restituer tous ls objets pris sur le champ de bataille (6), il fit dire à Alaeddin bey, et il coufirma à Rateb pacha, que le Hamacène était la propriété du gouvernement khédivial et que ses habitants étaient devenus ses sujets ; le vékil
‘4 À, À,, Carton 160 Abdine, dépêche de Rateb pacha, 27 mars 1876. Le sirdar reut à cette époque la visite du père Duflot qui lui demanda d'insérer dans les andilions de paix une clause stipulant la reconnaissance officielle, par le roi Jean, de la religion catholique et de la liberté du culte. Le sirdar, qui n'avait jamais vu d'un bon œil le missionnaire qu’il soupçonnait d’avoir des intelligences avee le nequs, l'éconduisit (A. A., Reg. 89, Arr. Abd., pièce 55, le sirdar à Khairi pacha, h avril 1876),
M A, A., Reg, 28, Dép. Abd. , pièce 137, O.S. à Rateb pacha, 28 mars 1876. Le sirdar, de son côté, fit faire des cheri pour retrouver le matériel perdu. Un savait que le roi Jean n'avait pris que deux canons, les autres ayant été enterrés, On déterra un canon boulboul(?), 3 canons de montagne, ainsi que du matériel «t des munitions d'artillerie au nombre de 1054 pièces. On trouva également un morlier et un obusier ayant appartenu au roi d'Abyssinie (A. A., Rog. 38, Arr. Abd, pièce 170, le sirdar à Khairi pacha, 96 mars 1876),
M A, A,, Reg. 28, Dép. Abd, pièco 171, O0, $, au sirdar, 1 avril 1876.
N A, A., Reg. 38, VA Abd., pièce 119 Alacddin bey à à Khairi pacha, 27 mars
du Soudan oriental devrait donc les encourager, moyennant des gratil cations, à rapporter les objets appartenant au gouvernement et faire com. prendre aux habitants qu’ils n'avaient rien à craindre de Kassa (1), I 07. donna également de recevoir à Sabargouma et à Senhit tous les habitants du Hamacène qui y chercheraient refuge . D'autre part, s’il concédant en principe au roi Jean la faculté de déplacer ses troupes dans la proviner du Tigré pour aller combattre le ras Haïlou et Wagchoum Kabdi qu avaient soulevé les provinces d’Enderta et du Tembien contre son aute. rité, le Khédive n’entendait pas que des mouvements de troupes ennmies eussent lieu à l’intérieur du Hamacène. Tout mouvement de ce genre, déclara-t-f, constituerait non pas « un indice de paix, mais plutôt un arte inamical ).s [l est clair que la pensée du Khédive avait fait des proyris depuis le 22 mars, époque où il pensait encore évacuer le Hamacène si Jean faisait la paix W), et qu’il considérait maintenant cette province comme lui appartenant. De plus, si le roi Jean partait pour le Tigré sans avoir remis les prisonniers ni restitué les armes, cela montrerait qu'il ne désirait pus conclure la paix. En ce cas, mandait le Khédive au sirdar, « nous recourrons aux armes, Vous ferez une démonstration avec vos troupes. Nous visons par là à ne pas permettre au roi Jean de prendre un grand nombre de troupes pour marcher contre le ras Haïlou 5». Cependant cette province du Hamacène, que le Khédive considérait comme sienne, lui appartenait st peu que ses troupes n’y avaient pas même pénétré, C’est ce qu’expliqui le sirdar dans sa réponse à la lettre où le vice-roi lui prescrivait d’y ehoisir les positions à fortifier. « Comme le roi Jean se trouve actuellement avec ses troupes au Hamacène, dit-il, il nous est impossible d'envoyer quelqu'un pour explorer cette région. L'endroit où nous sommes actuellement e*est-à-dire Goura, fait partie des moudiriehs de l’Okulé-Kouzaye, dent
0) A, A., Reg. 28, Dép, Abd, pièces 133, 135, Khaïri pacha au sirdar, à Alaeddin bey, 27 mars 1876.
M) A, A, Reg. 38, Arr. Abd., pièce 182, Nachât bey à Khairi pacha, 27 mars 1896 ; Reg, 28, Dép. Abd., pièces 136, 137, Khairi pacha à Nachât bey, à Alaeddin bey, 27 mars 1876.
M A, À., Reg. 28, Dép. Abd., pièce 149, O. S, au sirdar, eg mars 1876.
(CF, supra, p. ide.
9 AA, Reg. a8, Dép. Abd, pièce 14e, O.S$, au sirdar, 99 mars 1876.
rlaines se sont placées sous la protection du gouvernement khédivial. Les moudiriebs forment comme une république Ü),» Quant à faire une démonstration pour forcerle roi Jean à la paix, le sirdar y pouvait d'autant moins wager qu'il ne possédait pas les moyens de se déplacer. Il avait dû renoncer à fire venir au front la batterie de canons Krupp et le bataillon amenés À Massawa par le Rakmanieh, parce qu'il jugeait plus urgent de transporter à Goura du biscuit et des munitions @) ; or, il ne pouvait même pus faire venir ces approvisionnements faute d'animaux de transport. Le vice-roi lui envoya alors 300 chevaux, bœufs et mulets par le vapeur Funbo el lui promit 500 autres animaux ). En attendant leur arrivée, le urdar jugea plus prudent de se tenir tranquille ; et comme le vice-roi était disposé à faire une concession sur la question des armes, il renvoya Lika Moukas Warki auprès du roi Jean avec Aly effendi el-Roubi, pour le mettre au courant des nouvelles propositions du Khédive #), À son départ, le délégué abyssin reçut, en cadeau, un cheval dont le harnachement était rohaussé d'argent, une épée et 500 tallaris 1,
Vers la fin de mars 1876, le sirdar télégraphia au Caire que S. A. Hassan pacha, après avoir séjourné longtemps à l'intérieur des retranchements de Fort-Goura, désirait aller chasser entre Baaraza et Yangous, et qu'un bataillon d'infanterie serait, à cet eflet, mis à sa disposition (9, Le Khédive comprit ce dont il s'agissait et donna l’ordre de faire partir le Mahroussa de Suez le 6 avril pour aller chercher son fils à Massawa. Avant de quitter Goura, le prince aurait soin de remercier les troupes, officiers, sous-ofMiciers
M A, À., Reg. 38, Arr. Abd., pièce 169, le sirdar à Khairi pacha, a6 mars 1876.
MA, À., Reg. 38, Arr. Abd., pièce 63, Nachât bey à Khairi pacha, 20 mars 1876. |
WA, A., Reg. 28, Dép. Abd., pièces 95, 1238, Khaïri pacha au sirdar, 25, 16 mars 1876.
M'A. A., Reg. 39, Arr. Abd., pièce 29, le sirdar à Khairi pacha, 3 avril 1876.
CE. Mouamen Ruraar, op. cit, p. 76.
“A, A., Reg. 38, Arr, Abd., pièce 248, le sirdar à Khairi pacha, 80 mars 18796,
el soldats, et leur ferait à cet effet la pelite allocution suivante : € { oitne j'ai constaté de visu les ellorts, le dévouement et le courage que vous ter déployés pour le bien du pays, une dette m'incombe : celle de faire part en détail à notre Monarque, mon père, de toute l’aide que vous avez #pportée, En réalité, j'ai constaté cette fois-ci de més propres yeux que noir patrie possède une arméc qu'on peut qualifier de premier ordre.» |+ prince remercierait également les officiers européens et leur montrerait de la sympathie. I visiterait l'hôpital de Goura et s’intéresserait aux bless. En cours de route, il encouragerait les troupes campées à Kayakhor, à Baaraza, à Yangous et autres lieux. [ ramènerait avec lui son aide de camp Youssef Chohdi bey, son médecin privé et sa suite personnelle, mais ne prendrait aucun Européen à l'exception d'Edouard Zohrab 4). Ainsi cha. pitré, le prince quit'a Goura le 6 avril pour Kayakhor, où le miralaï Züha. ria hey reçut l’ordre de l'accompagner jusqu’à Massawa . Le sirdar ln remit un rapport dans lequel il ventilait tous ses griefs à l'égard du général Lorimg }; ce dernier, de son côté, avait fait connaître les siens, des le
PA. A., Reg. 28, Dép. Abd., pièce 191, O. S. à S. À. Hassan pacha, 3 avril
À, A., Reg. 89, Arr. Abd., pièce 74, le sirdar à Khaïri pacha, 7 avril 1836.
® Ces griefs, que nous connaissons déjà, sont énumérés en hüit paragraphes. à la fin de chacun desquels Rateb pacha prend le prince Hassan à témoin de « qu’il avance, Le sirdar reproche à Loring : 1° la perte de 9.006 animaux de transport, auxquels ne fut pas fourni le fourrage nécessaire ; 2° son refus de coneentrer dès le début toutes les troupes à Goura, comme le voulait le sirdar ; 3° ses relalions avec les prêtres catholiques et notamment avec le père Duflot qu'il emmena à Goura et à qui il montra le plan de campagne avec carte à l'appui; 4° son refus «l'appeler un plus grand nombre de troupes à Goura, lorsque l'ennemi commenca son mouvement offensif ; 5° sa persistance à vouloir dégarnir Fort-Goura au profit de Kayakhor et de la ligne de communication ; 6° son refus d'attendre l’attaque de l’ennemi le 7 mars à l’intérieur des retranchements et le désastre qui suivit la décision, imposée par lui, de soutenir le combat dans la plaine; 9° les ordre donnés par Loring après Paction et qui étaient contraires à ceux de Rateb, alors, écrit le sirdar, « que toutes les dispositions à prendre durant le combat rentraient dans nos altributions et que nous ayons toujours pris à cœur de suivre les ordres de Loring pacha pour tout ce qui concerne les mesures à adopter avant le commen cement de la batailles ; 8° l'absence de toute carte dressée par l'état-major avant ou après la bataille (A, A., dossier 5/1, pièce 10, rapport de Rateb pacha, 6 avril
33 mars, dans une lettre adressée au général Stone M), Le prince arriva à \lassawa le 7 avril, escorté par un escadron de cavalerie, et s'installa sur le vapeur Gharbieh, en attendant l'arrivée du Mahroussa. [À quitta Massawa k dimanche 9 avril et rentra au Caire le 12 avril à minuit W,
Depuis le.combat du 7 mars, l'entente n’existait plus entre le sirdar et sun chef d'état-major, Rateh pacha ayant rendu compte des événements au Caire sans soumettre ses rapports au chef d'état-major, celui-ci le soup-
1836). — Les chiffres cités par le sirdar sont certainement exagérés ; c'est ainsi que jamais l’armée ne disposa de 9.000 bêtes de somme, « Du commencement a la fin de la campagne, écrit Dye, c'est-à-dire en l’espace de quatre mois, le nombre de chameaux, mulets, poneys et ânes reçus ne dépassa pas 6.500, Au fur et à mesure de leur arrivée, ils remplaçaient dans les convois les animaux hors de service par excès de fatigue, cruauté ou manque de soins. Sur ce nombre, un tiers ie composait de mulets, poneys et ânes, un tiers de.chameaux égyptiens, un ticrs de chanteaux des frontières ahyssiniennes. Tout l’ensemble ne valait pas 3000 bons chameaux égyptiens (cf. Dye, op. cit., p. ho). Plus fondé, semble-t-il, est le grief du sirdar lorsqu'il reproche à l'état-major de ne pas avoir levé de carte avant eu après la bataille. L’état-major aurait dû certainement dès son arrivée à Goura, fire ellectuer un levé précis de la plaine, pour pouvoir choisir à bon escient, au moment voulu, le terrain où l’on livrerait combat.
"1 Les griefs de Loring sont les suivants : Le combat du 7 mars fut livré par une portion seulement des forces égyptiennes, contrairement à son opinion et à «lle du colonel Dye, alors que le colonel Field était en marche sur Kayakhor avec d'importants renforts. Quelques jours plus tôt, Loring avait préconisé de réunir toutes les forces à Kayakhor en ne laissant qu’un millier d'hommes à Fort-Goura ; bien que le prince Hassan eût soutenu ce projet, Rateb pacha refusa de l’acecpter, H avait éé convenu que les forces de Fort-Goura prendraient, dans la plaine, une position qui leur permit d'agir en liaison avec les forces d’Osman pacha retranchées a Kayakhor ; cependant Rateb pacha perdit un temps si considérable dans la matinée du 7, que ect ohjectif ne put être atteint, Enfin Loring reprochait au commandant en chef de ne l'avoir pas traité convenablement,
PI AA,, Reg, 39, drr. Abd., pièces 79 et 113, Nachât bey à Khairi pacha, 7 et gavril 1876. |
PE Cf, les Moniteur égyptien du 9 - 10 avril et-du 13 avril 1876. Il y a lieu de penser qu'à son arrivée au Caire, le prince ne cacha rien au Khédive de la manière dont s'étaient conduites les troupes au cours du combat du 7 mars (Cf. Archives L,S.A, lettres de Comanos, consul général par intérim des États-Unis à M, Hamilton Fish, 21 avril 1876).
Hat, du vègne du Khéd, Ismaïl, K HA 63
pan,
gonna d’avoir altéré la vérité ; aussi lorsque le sirdar lui demanda de l'aider dans les négociations de paix, Loring refusa-t-il son concours (f}, Avis 4e cette situation, le vice-roi avait, dès le 2 avril, demandé à Rateb parha de lui signaler les noms des officiers européens dont les services ne {n: étaient plus nécessaires Pl. La question avait quelque peu embarrassé |. sirdar ; 1l laissa néanmoins entendre qu'il était très satisfait de certains d’entre eux, notamment du colonel Lockett, tandis qu'il se passera volontiers des services de Loring pacha et du colonel Dye 8), À son arrivés au Caire, le prince Hassan ne put que confirmer la mésintelligence qu régnait entre Rateb prcha et Loring: Le Khédive décida alors dy mettre fin, Il ne voulait pas rappeler le chef d'état-major au Gaire, où il eût pu parler ; il fallait d'autre part que la décision qui l’éloignerait du champ de bataille fût acceptable à sa dignité, On imagina alors de Jui donner unr mission, Au début du mois de mars 1876, était arrivé à Gallabat un certain Aman agha, ex-moawen du gouvernorat de Massawa (), qui venait des environs du Fazogle en compagnie de deux individus nommés Hag Mohamed Nour 5) et Hag Saïd (6, porteurs tous deux de lettres émanant de princes et des émirs des provinces de Djimma, Narieh et Goma (, Désireu d'échapper à la domination de Ménélik qui leur réclamait le paiement d’un tribut, ces princes demandaient à être gouvernés par le Khédive «t s’offraient à ouvrir la route conduisant de leur pays au Fazogle (}, Leurs ouvertures parurent dignes d'intérêt au vice-roi qui fit venir ces envoyé. au Caire }, Comme il s'agissait de reconnaître des routes non encore x
(4 CF, Lonne, op, cit, p. 1838, 484,
() AA., Reg. 28, Dép. Abd., pièce 185, O. S. au sirdar, a avril 1876,
5) AA, Reg. 3g, Arr. Abd, pièce 72, le sirdar à Khairi pacha, 5 avril 1896,
() IE avait été licencié de son poste par Munzinger pacha.
®) Originaire de la tribu de Rahmanko, Hag Mohamed Nour exerçait depuis quatorze ans les fonctions d’imam d'un émir galla.
1) Originaire du Harrar, Hag Saïd avait passé quatre ans près d’un émir du pays des Galla.
® Une note au erayon su le document donne à ces provinces les noms de Kalha. Enarich et Djimma,
®) A.A., dépêche du gouverneur du Soudan oriental, 3 mars 1876.
W A.A., Reg. 87, Arr, Abd., pièce 369, Alaeddin bey à Khairi pacha, 4 mars 1876 ; Reg. 27, Dép, Abd,, pièces 495, 476, Khairi pacha À Alaeddin boy, à Nachäl :
plorées el d'assurer une meilleure défense des frontières de l'Égypte contre k, entreprises du roi Jean, l'idée vint en haut lieu de charger le général Loring de cette mission. « Son Altesse le Khédive, lui écrivit le général stone le 15 avril, désire qu'avant le commencement de la prochaine saison mhe en Abyssinie, c’est-à-dire avant le mois de novembre 1876, vous av fait faire, sous votre direction, un examen sérieux de la frontière oceidentale de l’Abyssinie, depuis Senhit (Keren) de Bogos jusqu’à la limite ul du Godjam, avec des études soignées de tout point favorable à l’oceupation éonomique et sûre de la dite frontière par les forces égyptiennes, want en vue une défense facile de notre frontière contre des attentats possibles de bandes de maraudeurs et même par des forces abyssiniennes à la violation du territoire égyptien (#), |
« I! est évident que la partie la plus importante de ce travail commen- «ra dans le voisinage de Gallabat et s’étendra au sud et à l'est jusqu'au pays de Gammus.
s Dernièrement, les chefs des pays de Djimma, de Narieh et de Goma, situés au sud du Godjam, ont demandé Ja haute pratection de S.A. le Khidive et d’être reçus sous son gouvernement ; donc il est très important d'ouvrir des communications avec ces régions-là et, si cela est praticable,
de maintenir ees communications.
« Ïl ajouterait donc beaucoup à la valeur des travaux dont vous êtes chargé, général, si vous pouviez pénétrer jusqu'aux pays mentionnés et élablir sur une base solide des communications entre eux et ln station Mehemet Ali, d’où la communication n’est pas difficile avec Sennar et Hallabat.
bey, g mars 1876 ; Reg. 28, Dép, Abd., pièce 47, Khairi pacha à Alacddin bey, 10 mars 1876 ; Rep. 38, Arr. Abd., pièces 67, 87, Alaeddin bey à Khairi pacha, it ct a9 mars 1876 ; Reg. 38, Arr. Abd., pièce 96, Nachât bey à Khairi pacha, 21 mars 1876 ; Reg. 28, Dép. Abd., pièces 78, 80, Khairi pacha à Nachât bey, à Alaeddin bey, 24 mars 1876 ; Reg. 38, Arr. Abd,, pièce 118, Alacddin bey à Khairi pacha, +9 mars 1876 ; Reg. 38, Arr. Abd., pièce 133, Nachât bey à Khairi pacha, 25 mars 1876 ; Reg. 28, Dép. Abd. pièce 100, Khairi pacha à Nachät hey, 26 mars 1876 ; Reg. 38, Arr. us pièces 175, 181, Nachât bey à Khairi pacha, 26 et a7 mars 1876, 1 La lettre de Stone à Loring est rédigée en français, 63,
ét
« Pour ce service sont désignés pour servir sous vos dires. les oh ter
nommés ei-dessous, à savoir :
Monsieur le colonel Field,
Monsieur le lieutenant-colonel Graves,
Monsieur le commandant Dennison,
Monsieur le capitaine Jrgens.
et trois officiers subalternes de l’état-major, de ceux qui se trouvent aeturl. lement dans l'état-major de l’armée en Abyssinie.
« Veuillez donc, général, passer avec MM. les officiers désignés à Sent, où vous pouvez vous soncerter avec S.Æ. Alaeddin bey pour avoir la forer nécessaire d’escorte jusqu'à Gallabat ; et de Senhit veuillez télégraphier er sur ce dont vous aurez besoin pour l'expédition au delà de Gallabat, de manière que les orcres convenables puissent être télégraphiés aux point, les plus avantageux : Souakin, Massawa ou Khartoum (1),»
L’attitude du roi Jean, le peu d’empressement qu'il avait mis à donner suite à ses premières ouvertures pacifiques, conduisirent le sirdar et vice-roi à prendre une série de mesures contre lui. Tout d’abord ils res. serrèrent leurs liens d'amitié avec Walad Mikaï. Pour avoir apporté son concours aux Égyptiens : après le combat du 7 mars, Walad Mikaïl avait 1 ses villages pillés et incendiés par le négus ; le Khédive lui avait alors offert protection, et le chef ahyssin était allé s'établir à petite distance de Baaraza. C'est là qu'il apprit que le roi Jean lui avait donné un successeur au gouvernement du Hamacène dans la personne de dedjaz Haïlou, Walad Mikuil en avisa aussitôt le sirdar et lui déclara qu'après le départ du roi Jean du Hamacène, il engagerait la lutte avec Haïlou et le chasserait de la proviner. Pour faciliter sa tâche, il demanda l'autorisation d'acheter des armes el de la poudre à Massawa, où il comptait se rendre pour mettre sa famille en sûreté (1, Le vice-roi autorisa Nachôt bey à remettre à Walad Mikaïl 40o fusils 8), et le chargea de lui dire que 4 tant qu'il demeurerait fidèle à ses engagements et soumis sincèrement au gouvernement khédivial, on eontinuerait à le protéger et qu’il n'aurait rien à craindre du roi Jean ni de k
(A, A., le général Stone au général Loring, 15 avril 1896.
PI AA., Reg. 38, Arr, Abd., pièce 168, le sirdar à Khairi pacha, 26 mars 1876,
Go de ces fusils étaient à deux coups et les autres À un coup; 200 capsules tt 100 halles furent livrées avec chaque fusil.
décision qu'il avait prise en nommant dedjaz Haïlou gouverneur du Hamaane ll», Peu de temps après, Walad Mikaïl sollicita l'autorisation d’enover son fils Mosfen au Caire pour remettre des cadeaux au vice-roi P}, el, sur l’autorisation qui lui en fut accordée, Mosfen s’embarqua à Massasi sur le vapeur Afessir, emportant avec lui une lance, un bouclier, une épée, Un parasol, des bracelots, ainsi qu'un costume d’émir abyssin M, Le vice-roi n’entendait pas non plus se relâcher des mesures de sûreté qu'il avait prisés sur ses frontières. Sur la proposition d’Alaeddin bey, il nomma le binbachi Ibrahim effendi el-Mahallawi, ex sous-moudir du Taka, moudir et commandant de la garnison de Gallabat, où il importait de faire bonne garde (), S'il ne jugea pas nécessaire de renforcer la garnison de Séuhit, où Alaeddin bey demandait l’envoi de 4 compagnies supplémenaires 6, il prescrivit par contre de faire surveiller le Httoral de la mer luuge entre Massawa et Roheita, afin d'empêcher la contrebande des srines qui se faisait au profit du négus (9, Le vapeur Rahmanieh fut affecté à relle mission, et comme il n'avait pas d'armement, on embarqua à bord un canon de montagne avec ses servants, onze fusils et un sergent (). Le sapeur revint à Massawa le 8 avril, apr ès avoir constaté Te le littoral était bien gardé (),
IAA, Reg. 28, Dép. Abd., pièce 114, O. S. au sirdar, 26 mars 1876 ; pièce 129, Khairi pacha au sirdar, 27 mars 1876 ; pièces 180, 182, 189, Khairi pacha 4 Nachât bey, 27 et 28 mars 1876; Row. 39, Arr. Abd., purs 52, Nachàt bey à kbairi pacha, 5 avril 1876.
AA... Reg. 39, Arr. Abd., pièce 299, le sirdar à Khairi pacha, 24 avril 1876.
de AA, Reg. 39, Arr. Abd., pièce 349, Nachât bey à Khairi pacha, a9 avril 1876. far ordre du vice-roi, ces cadeaux furent envoyés au musée du Ministère de la Guerre pour y tre conservés (A.A., Reg. 11, Dép. Maïa Sanieh, pièce 66, p. 157, la Maïa Nanich au Ministère de la Guerre, aa septembre 1876).
M AA. Reg. 38, Arr. Abd, pièce 147, Alaeddin bey à Khairi pacha, 26 mars 1876 ; Reg. 28, Dép, Abd., pièce 107, Khairi pacha à Alacddin bey, 26 mars 1896,
% 4,4, Rep, 89, Arr, Abd., pièce 97, Alaeddin bey à Khairi pacha, 7 avril 1876 ; leg, 28, Dép, Abd., pièce s41, Khairi pacha à Alaeddin boy, 11 avril 1876.
# AA, Reg. 28, Dép. Abd, pièce 115, Khairi pacha à Nachât bey, 26 mars ce
% A A,, Reg. 38, Arr, Abd., pièce 188, Nachât bey à Khairi pacha, 27 mars
AA, Reg. 39, Arr. 4bd., pièce 126, Nacht bey à Khairi pacha, 8 avril 1876.
RE ai —
Rateh pacha s’eflorçait de son côté de renouer avec les ennemis du ru Jean les rapports qui avaient été interrompus lors des combats de Gours. I reçut une lettre du ras Haïlou, gouverneur du Seloa, dans laquelle & dernier l’assurait de la sincérité de son amitié, « Si je vous trahis, disait te ras, que sainte Marie ct saint Michel me trahissent dans ma santé, (44, est mon serment. Je vous ai juré sur ma religion ; jurez-moi sur la vôtre.» Le chef abyssin se plaignait de ce qu’on eût pillé son pays parce qu'il s'était placé sous Fa proteclion égyptienne et de ce qu'on désirât sa mort, Les : habitants de l'Enderta, ajoutait-il, l'avaient attaqué; mais après trou jours de combat, il avait remporté la victoire U, et pris 556 fusils ainu qu'un grand nombre d’épées, de lances et de bestiaux (1. Rateb pacha fit également venir Choum Agami et Kentibaï Louba, gouverneur de Cham zana, qui avaient déjà témoigné de leur loyauté au gouvernement égyptien, et les engagea à sc rallier au ras Haïlou, ce qu'ils promirent de faire : ils mirent également le sirdar en garde contre le père Duflot qui, disaient. ils, restait en contact avec le roi Jean par l'entremise de l’amba Youssef, et lui signalait tous les mouvements de l’armée égyptienne. Rate pacha ordonna alors de ne plus entretenir aucun rapport avec ce prêtre fl,
Que faisait pendant ce temps le roi Jean ? De Halhala, 1l s'était rendu à Ad Harabou, d’où i gagna Aba Mataa (}, localité sise dans la province de Sarawé, à huit heures de cheval à l’ouest de Goura. C’est 1à que vint le rejoindre son délégué, accompagné d’Aly effendi el-Roubi. Si le Khédire n'exigeait plus la restitution totale des armes, il n’en insistait pas moins sur leur restitution partielle. Avisés de cette demande, les ras abyssins w montrèrent aussi intransigeants que la première fois. « Si on réunit le: armes et que nous les remettions, dirent-ils à leur souverain, nous ne res terons plus avec toi 6},» Jean dut encore s’incliner. 4 Le voi, rapporte hi. faat bey, a refusé de restituer les armes sous prétexte que ses soldats nv
AA, Reg. 39, Arr, Abd, pièce 1a3, le sirdar à Khairi pacha, 10 avril 1870.
1 A.A,, Rog. 89, 4rr, Abd., pièce 199, le sirdar À Khairi pacha, 10 avril 1876.
F A.A., Reg. 39, Arr. Abd., pièce 1 14, le sivdar à Khairi pacha, 7 avril 1870.
(9 AA, Reg. 38, Arr, Abd, pièce 226, le sirdar à Khaïri pacha, 30 mars 1876: Reg. 89, Arr. Abd, pièces 5, 21, 80, 70, 73, le sirdar à Khairi pacha, 34 mars, 2, 5, 7 avril 1876,
AA, Reg. 89, Arr, Abd., pièce 1 15, le sirdar à Khaïri pacha, 7 avril 1896.
. LE REPLI DE L'ARMÉE SUR KAYAKHOR. 999 ea hr o que = ge me
constituent pas une armée régulière et qu'il lui est matériellement imposuble de restituer Îles armes qu'ils ont prises ; au grand maximum, il peut sndre 5oo fusils qui se trouvent en possession de gens qu’il connait, Puis il s'est mis en colère, en voyant qu’on lui demandait des choses impussibles ; « Comment puis-je accepter de pareïlles conditions, s'est-il écerié, alors que le gouvernement égyptien a occupé sans droit Senhit et « Massawa qui appartiennent aux Abyssins, et ce d'autant plus que Massa- «wa est le port de l'Abyssinie ?» IT a redoublé de fureur, a refusé nos condtions et a demandé la restitution de ces deux villes. J'ai été vivement euntrarié de ce résultat. Notre délégué, après avoir été bien accueilli, a été ridiculisé par les Abyssins..…. J’ai dit à Lika Moukas Warki que le gouvernement khédivial ne pouvait accepter de restituer Senhit et Massawa, même , ice refus devait amener la perte de toutes les armée égyptiennes, qu'il convenait que le roi n’en parlât pas et qu’il indiquât les molifs pour lesquels ne pouvait restituer les armes, tout en promettant de remettre oo fusils. Nous nous sommes mis tons d’accord, Aly el-Ronbi, Lika Moukas Warki et moi à ce sujet, et Moukas m'a promis d'en référer au roi au cours de la nuit même et de me faire savoir le résultat de ses démarches le lendemain. Nous avons passé une mauvaise nuit ).»
Le lendemain le roi se calma et, après s'être rallié à l'avis commun, décida de renvoyer son délégué au camp égyptien. « Les deux personnes chargées des pourparlers de paix retournent chez vous, écrivit le népus à late pacha ; j’espère, Incha Allah ! que nous atteindrons tousle but que nuus poursuivons, qui est de consolider F’amitié entre nous. Ils vous dirent de vive voix tout ce que nous avons à vous dire ),» À son retour à Houra le 6 avril @), Lika Moukas déclara au sirdar que le roi acceptait de œændre les prisonniers ; par contre, en ce qui concerne la restitution des armes, sa réponse était négative et le délégué ajouta qu’elle était définithe, Le sirdar en référa alors au Khédive qui prit son temps pour répondre, Le 11 avril, Rateb signala au Caire que, depuis deux jours, les
PCF, Monanen Rairaar, op. cit, p. 76, 77:
FI AA, Reg. 39, Arr. Abd., pièce 116, le sirdar à Khairi pacha, 3 avril 1876, Qu le 7 avril, d’après d’autres documents.
M'AA., Rog. 39, 4rr.-Abd., pièce 115, le sirdar à Khairi pacha, 7 avril 1876.
à Re pluies avaient commenté à tomber, et que le délégué abyssin s'impatien tait (M), Le vice-roi étail trop réaliste pour ne pas comprendre la nécessits de céder, mais il avait l’orgueil d'un prince habitué à être ohéi et ne com. prenait pas qu'il en füt autrement du négus. « Dites au délégué, répondit-il au sirdar, que le roi Jean nous avait donné sa parole qu'il allait ra. masser {out ce qu'il pourrait trouver en fait d'armes et nous les restituer avec les prisonniers, et que celles qu'il ne pourrait ramasser seraient considérées comme un cadeau, un don offert par S.A. le Khédive, et que lx question a été soumise sous cette forme à Son Âltesse. « Maintenant, ajou- « terez-vous, vous nous faites savoir qu'il n’est pas possible de recueillir «les armes, car les ras s’y opposent ; ceci est en contradiction avec votre «première déclaration. Comme il est notoire que S.A. le Khédive est « maître suprême et qu’il dispose de toutes choses comme bon lui semble, «il en est de même du roi Jean réputé comme étant très puissant ct seul «maître de tout son royaume. Le seul fait qu'il ait promis un traité de « libre-échange commercial et un traité postal entre les deux gouver- « nements conslitue une preuve irréfutable de son autorité et du prestiyr « dont il jouit dans toutes les régions de son royaume. Accepter actuelle. « ment la suggestion des ras au sujet de la non-vestitution desarmes estunr « preuve de faiblesse. On peut par là douter de la sincérité de l’exécution du « lraité de libre-échange commercial. Geci n’est pas compatible avec son «rang, C’est pourquoi il nous est impossible de soumettre celle question «sous ce jour et si nous la soumettions à Son Altesse, nous ne serions « pas crus, Commencez maintenant par nous envoyer tous les prisonniers « qui se trouvent chez vous, aussi bien ceux qui ont été pris au cours «un « premier combat que ceux faits a cours du deuxième, Par la suite nous « pourrons trouver une solution à la question des armes. La remise des « prisonniers est le prélude de l'amitié et dela réconciliation, comme elle « démontre la bonne foi et la sincérité F2,»
Ainsi le Khédive, sans cesser de revendiquer la restitution au moins partielle des armes, n'en faisait plus une condition sine qua non de la paix et se contentait de demander le retour des prisonniers comme gage préa-
(1) AA, Reg. 89, Arr. Abd., pièce 181, le sirdar à Khairi pacha, 1 1 avril 1876. GI A.A., Reg, 28, Dép. Abd., pièce 246, O. $. au sirdar, 12 avril 1876,
ble de réconciliation. Le sirdar, de son côté, était dominé par le souci de replier ses troupes sur Kayakhor avant que les pluies ne rendissent les mouvements impossibles ; il craignait aussi que l’ennemi, informé du départ du prince Hassan pour le Caire, ne coupât les voies de communi- «ation de l’armée. Pour l’une et l’autre raison, 1l voulait exclure du traité woute matière sujette à discussion. « Pour que le repli des troupes s'effectue d'une manière satisfaisante, manda-t-il au Caire, je crois qu'on devrait faire un traité de paix aux termes duquel nos prisonniers seraient rendus, les relations commerciales libres ainsi queleséchanges postaux, en excluant lu question de la restitution des armes, ainsi que la clause des fronhères. Ce traité une fois obtenu, le transport pourra s'effectuer en toute - tranquillité et sans nous causer aucun tracas Ü),» Le sirdar était d'autant plus pressé de conclure que le roï Jean s’impatientait. À deux reprises, il avait réclamé le retour de son délégué. Pour gagner du temps, Ratch pacha répondit à sa première lettre que le retard dans la transmission de ha réponse du Gaire était dû à une interruption momentanée de la ligne télégraphique ® et, à la seconde, que S.A. le prince Hassan avait manifesté le désir de soumettre lui-même la question à son père à son arrivée au (aire ct qu'il donnerait sa réponse dans un jour ou deux F). Malgré l'appel pressant du sirdar, le Khédive ne se rallia pas à son point de vue. [voulait que Rateb pacha commençât les transports de Goura à Kaya- Khor sans attendre la conclusion de la paix. [ pensait que le repli pouvait s'effectuer sans conclure de traité, « Tout notre désir, lui manda-t-il, est que le transport des malades, des blessés, des canons et munitions, soit rllectué au plus vite de Goura à Kayakhor, ainsi que celui de tous les soldats qui se trouvent à Goura. Nous vous autorisons à employer toute mesure qui vous paraîtra bonne pour mener ce transport à bonne fin, soit en entamant des pourparlers avec l'ennemi, soif par tout autre procédé, Vous ne devez plus dorénavant nous demander d'autorisation en quoi que ce soit; nous vous donnons carte blanche pour faire le nécessaire
AA, Reg. 39, Arr, Abd., pièce 191, le sirdar à Khairi paeha, 15 avril 1876,
M AA, Carton 19, Bakr Barra, pièce 140, le roi Jean à Rateb pacha, :5 avril 1876,
PE A.A., Carton 19, Bahr Barra, pièce 141, le roi Jean à Rateb pacha, 17 avril
em Re ne Net GE Un 4
sans perte de temps 0,» Le Khédive. inclinait même à croire que le pe pb sur Kayakhor pouvait s’cflectuer en dérabant le mouvement de L'armée à la vigilance du roi, et il en fit la suggestion au sirdar ®?, Si Ratch pérha n'était pas à même de suivre cette suggestion et s’il estimait impossible de se replier sans conclure un traité avec l'ennemi, il ne devrait pas. en ce cas, mentionner dans l'acte qu'il signerait qu'il agissait par ordre de Son Altesse ou conformément à ses instructions, mais dire clairement ue le traité de paix passé entre lui et le délégué du roi Jean à été conclu er acheté par lui en qualité de sirdar de l’armée égyptienne et par l'émis. saire du négus en qualité de délégué chargé des pourparlers 8), Il résulte de là que le Khédive voulait se réserver la faculté de désavouer au besoin le traité que le sirdar aurait jugé nécessaire de conclure pour assurer le repli de l’armée.
Placé dans ces circonstances délicates, Rateb pacha agit avec sa prudence coutumière, Comme Lika Moukas Warki lui suggérait de profiter du de lai survenu pour rédiger les clauses et conditions du traité, le sirdar es. quiva la proposition eu disant que ces clauses seraient rédigées en présences du roi Jean, auprès de qui il renverrait Aly el-Roubi à cet eflet. Le délégur abyssin s'étant aperçu qu’on envoyait secrètement la nuit des munitions
D AA, Rog. 28, Dép. Abd,, pièce 375, O.S. au sirdar, 16 âvril 186.
®) «T1 nous est venu à l'esprit une suggestion que nous vous soumetllons pour que, au cas où elle conviendrait, vous vous y conformiez, manda le vice-roi à Rateb pacha. Vous enverrez des émissaires pour explorer l’endroit où se trouve actuelle. menf l'ennemi et la distance qui le sépare de Fort-Goura. Si l'on constale que l'ennemi se trouve à une distance Dan tait à toute l’armée de Goura de se replier sur Kayakhor, c’est-à-dire do parcourir 5 à 6 kilomètres pour atteindre une posi: lion protégée par le fort de Kayakhor, vous partirez immédiatement avec toutes vos troupes, canons, armes, munitions, et tous à la fois, de nuit. Vous ferez en sorte que l'ennemi ne puisse s'en apercevoir ct vous ne mettrez absolument personne au courant de ce mouvement ; seuls les lewas et les miralaïs en seraient prévenus. Quant aux officiers et soldats, ils devront tout ignorer. Quant au matériel et aux provisions qui resteraient à Goura et qu’on ne pourrait transporter, ils seront brûlés... Vous ne devez pas laisser de fantassins pour brûler ces objets ; vous ne laisserez que des cavaliers avec un cerlain nombre d’olliciers sur lesquels vous puissiez compter... Îs rejoindront ensuite à cheval Kayakhor» (A.A., Reg. 28, Dép, Abd., pièce 270, 0. $. à Rateb pacha, 16 avril 1876).
F} AA, Reg, 28, Dép. Abd,, pièce 277, O, 8. au sirdar, 16 avril 1896, *
LE REPLI DE L'ARMÉE SUR KAYAKHOR, 1603 ER PS AR SP Je Fort-Goura au Fort Hassan pacha, appela l'attention de Rateh pacha ur ce transport, dont le but lui paraissait être l'occupation permanente du pays ), Le sirdar se borna à lui répondre que ce qu'il prenait pour des munitions n'était autre que des provisions qu’on envoyait à Kayakhor où bs animaux mouraient de faim ®). Puis, le 18 avril, il fit partir Lika Moukas Warki avec une lettre pour le roi Jean, où il ne mentionnait plus parmi les conditions de paix la restitution des armes, et il donna à Aly «-Roubi, qui accompagnait le délégué abyssin, des instructions à l'effet - de trainer les négociations en longueur pour donner à l’armée le temps de
e replier sur Kayakhor f),
Eu dehors de Kayakhor, le sirdar ne comptait garder que les postes : L'Adiraso (9 et d’Ambatokan. Il avait donné l’ordre de construire un fort dans cette dernière localité 5), dans l'intention où il était d'abandonner à la fois Baaraza et Yangous. Les réductions d'effectifs, consécutives au eepli sur Kayakhor, devaient permettre de renvoyer des troupes en Égypte «t notamment les bataillons qui étaient restés à Massawa, sans avoir jamais été appelés au front (9. Rateb pacha comptait laisser 3 bataillons
#1 Le Khédive avait prévu la chose et prescrit au sirdar de répondre en pareil cas au délégué que le fort n’était que provisoire, construit uniquement pour garder et abriter les troupes et les munitions et qu’il serait certainement abandonné à {a cnelusion de la paix, ou bien encore de lui dire qu'il est de tradition chez les Égypuens, même si leurs soldats doivent passer une seule nuit en un endroit, d'y construire des retranchements afin de les protéger, ainsi que le matériel etles provisions. (LA, Reg. 28, Dép. Abd, pièces 280 et 307, O.$. au sirdar, 17 et a2 avril 1896.)
Fr Cf, Dve, op. cit., p. 436.
M A.A., Reg. 39, Arr. Abd., pièces a31, 273, le sirdar à Khairi pacha, 19, 29 uril 1876.
M avait d’abord songé à remplacer Adivaso par un autre poste fortifié construit eulre ec point et Kayakhor, mais il renonça par la suite à ce dessein, en raison du manque d’eau dans la région.
® Lorsque la construction du fort fut achevée, on s'aperçut qu'il n'y avait point d'eau pour la garnison (A.A., Reg. 39, Arr. 4bd., pièce 2038, le sirdar à Khairi pacha, 16 avril 1876).
Le vice-roi donna l’ordre de renvoyer un de ces bataillons avec le Mahroussa qui ramenait Hassan pacha, puis il annula cet ordre (A.A., Reg. 28, Dép, Abd, pièces 207, 290, Khaiïri pacha au sirdar, 4, 7 avril 1876). Le Khédive pensait qu'il y avait 3 bataillons à Massawa, alors qu'en réalité il n'y en avait que deux ;
d'infanterie et 1 2 canons à Kayakhor, 1 bataillon et 4 eanons à Adiraso. nn garnison de même force à Ambatokan et renvoyer à Massawa les troupes d'infanterie en excédant, ainsi que les animaux et la cavalerie(}, [ déclina l'offre que lui fit le vice-roi de lui envoyer un canon à longue portée, ana. logue à ceux dont les Allemands avaient fait usage au siège de Paris, pour le mettre en position à Kayakhor, en rappelant Les diflicultés qu'il avait eues à transporter les canons Krupp par une route que les pluies rendaient d'ailleurs, à l'heure actuelle, impraticable 6)
Gomme mesure préparatoire au repli, Rateb pacha s’oceupa du trans. port des blessés, Sur les 1.475 soldats blessés au combat de Goura, 11 élaient décédés 1. Le 1 0 avril, le sirdar fit partir pour Kayakhor et Maxsawa 994 convalescents ; il ne resta au camp que 320 blessés qui devaient être transportés su’ des brancards (6, ainsi que 1 17 hommes atteints de maladie grave (9, Les convalescents, conduits par Kourchid effendi, arrivèrent à Massawa le 13 avril et furent installés dans les locaux de l'intendance à Gerrar (M, Les malades ct les grands blessés furent transporté. de Goura à Kayakhor le 17 avril, les uns sur des brancards, les autres sur des animaux, en même temps que 6oo sacs de biscuit #), Le 18, aussitôt après le départ du délégué abyssin, le sirdar fit partir pour Kayakhor 300 sacs de biscuit et 10 grandes tentes destinées à abriter
encore l'un de ceux-ci avait-il quitté la ville depuis quelques jours pour Yangous afin de travailler au fort en construction à Ambatokan. Il y âvait en outre à Mkoul. lo une batterie Krupp ainsi que l’escadron qui avait escorté le prince Hassan (A,A., Reg. 39, Arr, Abd., pièce 1411, Nachât bey à Khairi pacha, 19 avril 1876).
I A A., Reg. 39, Arr, Abd., pièce a02, le sirdar à Khairi pacha, 16 avril 1876,
® Co canon avait, d’après le vice-roi, une portée de 8 kilomètres,
FI AA. Reg. 28, Dép. Abd., pièce a4o, O.S, au sirdar, 7 avril 1896 ; Reg. 34, Arr, Abd., pièce 202, le sirdar à Khairi pacha, 16 avril 1896.
AA... Reg. 39, Arr, Abd, pièce 71, le sirdar à Khairi pacha, 5 avril 1856. À celle date, 818 soldats avaient quitté l'hôpital convalescents et 444 hommes s'y trouvaient encore en {raitement,
AA. Reg. 39, Arr. Abd., pièce 199, le sirdar à Khairi pacha, 15 avril 1876,
(AA, Reg. 39, Arr. Abd., pièce 191, le sirdar à Khaïri pacha, 15 avril 1836,
(M A.A., Rop. 39, Arr, Abd., pièce 182, Nachât bey à Khairi pacha, 1 3 avril 1876.
M AA, Rog, 39, Arr, Abd., pièce 410, le sirdar à Khairi pacha, 18 avril 1876.
ls provisions (1), Le 19 avril, après avoir démoli Fort-Goura, Rateb pacha quitta les lieux avec tous ses soldats, canons, armes et munitions, sans rencontrer aucune difficulté. À son arrivée à Kayakhor, il reconnut que le fort était assez spacieux pour contenir quatre bataillons, au lieu de trois, et décida d’y conserver un bataillon de plus qu'il n'était prévu, ainsi que les 19 canons Krupp et en fonte @}, Ismaïl Kamel pacha ramènerail le reste des troupes à Massawa ; il laisserait un bataillon et quatre canons à Adiraso 6) ainsi qu'à Baaraza (1), le fort d’Ambatokan ayant dû re abandonné en raison du manque d’eau dans la localité, « Comme à Yangous l’eau est en petite quantité et ne suflit pas aux soldats et aux animaux, manda Rateb pacha au Caire, nous avons donné à ce pacha des instructions pour que les soldats partent par détachements successifs * de Baaraza pour gagner Massawa 5).
La discipline n’ayant pas été parfaite dans l’armée, il avait fallu faire quelques exemples. À Kayakhor, quatre soldats du 4° bataillon du 3° régiment d'infanterie, nommés Charaf el-Dine Montasar, Mohamed el-Dib, Moursi el-Tinchawi et Ahmed Hussein, avaient déserté et pris la route de Massawa. En arrivant À Adiraso, ils rencontrèrent un convoi de vivres venant de Massawa et l’attaquèrent pour s'emparer des provisions. [ls furent arrêtés, à l'exception de Ahmed Hussein qui s'enfuit dans la forêt,
MA, Reg, 309, Arr. Abd, pièco 231, le sivdar à Khaïiri pacha, 19 avril
“1 La garnison de Kayakhor fut composée de deux bataillons soudanais appartetant au régiment d'Osman Ghaleb bey, un bataillon du 8° régiment de la Garde, et le balaillon de Moustapha Mamnoun effendi composé de repris de justice. Avec ees troupes, restèrent à Kayakhor le miralaï Rached Kamal bey, les kaïmakams Youssef Rasmi bey et Mohamed Ghakib bey, les binbachis Mahmoud Talaat cffendi, Hamed Amin eflendi, Abd el-Kader Abd el-Samad effendi, Moustapha Mamnoun effendi (AA, Reg, 39, Arr. Abd., pièce 301, le sirdar à Khairi pacha, 24 avril 1876),
#3} La garnison d’Adiraso comprit un bataillon provenant du régiment d'Osman Nabih et commandé par le binbachi Iskandar effendi (A.A,, Reg, 39, Arr, Abd. pièce 801, le sirdar à Khairi pacha, 24 avril 1876).
® La garnison de Baaraza comprit le 1° bataillon du régiment de Rached Kamal bey, commandé par le binbachi Selim Awni effendi,
PUA.A., Reg, 39, Arr, Abd. pièce 238, le sirdar à Khaïri pacha, 20 avril 1876,
st
ramenés à Kayakhor ct fusillés devant le front des troupes (f), Par ailleurs. le Khédive ayant appris qu'un binbachi nommé Saleh Zaki avait refuse de marcher avec sa troupe, sous prétexte qu'il était malade, et que deux jours plus tard le moulazim Hussein Nasif avait refusé de combattre À l'intérieur du fort, « jeté son épée et proféré des paroles indigness, le Khédive, disons-nous, donna au sirdar l’ordre de les fusiller (, Ja sentence fut exécutée (5), Six déserteurs du camp de Goura, qu’on n'avaut pas voulu fusiller en raison de la présence du délégué du roi Jean, furent passés par les armes à Kayakhor; ils comprenaient deux Soudanuis st quatre Arabes, dont un caporal copte W..
Après les punitions, les récompenses, Osman Ghaleb bey reçut le gradr de lewa (), Le sirdar demanda la Das au grade supérieur, pour actes de bravoure, de 3 binbachis, 1 sagh, 5 moawens, 12 youzbachis, 22 moulazim awal, 25 moulazim tan, 2 aspirants, 7 adjudants rt 12 sergents-majors (. IL sollicita aussi de l'avancement pour ses aides de camp, à savoir : 1 miralaï, 1 kaïmakam, 8 binbachis et 3 moawens{. Enfin il demanda des décorations pour Osman pacha Rifki, Ismaïl Kamel pacha, Rached bey Kamal et le binbachi d'artillerie Ahmed effendi Saïd #. Le Khédive prescrivit au sirdar de comprendre, parmi les troupes renvoyées en Égypte, les deux bataillons qui avaient pris part au combat victorieux du jeudi g mars{; mais l’un d'eux, qui appartenait à la Garde, fut conservé à Kayakhor pour en étoffer la garnison. Sur ls 17 bataillons dont disposait Rateb pacha, 11 furent donc renvoyés à Massawa, Le sirdar demanda à conserver 2 bataillons dans cette place pour assurer le transport de provisions et des munitions aux garnisons
(3 AA., Reg. 39, Arr. Abd., pièce 129, Osman Rifki pacha à Khairi pacha, 10 avril 1876,
OY A.A., Reg. 28, Dép. Abd., pièce 26a, O. $, à Rateb pacha, 13 avril 1876,
& Selon Dye, ces sentences de mort n'étaient nullement justifiées (cf. Dre, op. cit, p. 448 à 451).
1 A.A., Reg. 89, drr, Abd., pièce 246, le ai à Khairi pacha, 94 avril 1876,
{A ie Reg, 28, Dép. Abd., pièce 304, 0. $. au sirdar, 29 avril 1876.
(9 AA., Reg. 39, Arr, Abd., pièce 288, le sirdar à Khairi pacha, 23 avril 1876.
(AA, Reg. 39, dre, Abd., pièce a87, le sirdar à Khairi pacha, 23 avril 1876.
() A,A., Reg, 30, Arr, Abd, pièce 290, le sirdar à Khairi pacha, 28 avrit 1870.
I AA, Reg, 28, Dép. Abd,, pièce 293, O. S, au sirdar, 21 avril 18796.
mme
de Baaraza, Adiraso et Kayakhor, tandis que les animaux de la cavalerie et de l'artillerie resteraient à Baaraza M), Il y avait pour quatre mais de biscuit à Kayakhor et pour un mois seulement dans les deux autres postes ; Rateb pacha jugea ces provisions insuffisantes ; il voulait que les trois postes fussent approvisionnés pour six mois, car tant que l'ennemi lemenverait À proximité, la route le reliant à Massawa ne serait pas en sreté @. Sur l’ordre du vice-rot, le colonel Lockett fut envoyé à Massaswa pour tracer le plan des défenses terrestres de la place (.
La retraite de l'armée égyptienne de Kayakhor à Massawa ne fut pas troublée par le roi Jean ; elle n’en coûta pas moins un grand nombre de vies humaines. Le manque d’eau entre Baaraza et Mkoullo avait été prévu, on le sait, par Rateb pacha. Un bataillon reçut en conséquence . l'ordre de précéder l’armée en marche, afin de mettre les puits en état je long de la route. Or, à Ambatokan, malgré les eflorts qu’on avait faits, il avait été impossible de trouver de l’eau ; le bataillon aurait dû chercher un point d’ean un peu plus bas dans la vallée, en direction de Yangous, mais il n’en. fit rien, D'autre part, à Yangous même, on avait laissé les puits se combler, et, sur les 25 puits qui s’y trouvaient, un ou deux seulement contenaient de l’eau. Lorsque l’armée, arrivée à Ambatokan, se frouva sans eau, les troupes continuèrent leur marche dans
ha vallée de Yangous. Comme elles souflraient de la soif, la retraite dégénéra bientôt en débandade. Artillerie, cavalerie, infanterie descendirent ki vallée pèle-mêle, les officiers et quelques hommes montés sur les aumaux de transport déjà lourdement chargés et qui avançaient
1 AA. Reg. 89, Arr. Abd., pièce 275, le sirdar à Khaïri pacha, aa avril 1876.
AA, Reg. 39, Arr, Abd., pièce 286, lo sirdar à Khaiïri pacha, 28 avril 1876.
M AA, Reg. 28, Dép. Abd., pièce 308, O, S, au sirdar, a2 avril 1876. Le co. lonel Lockett qui avait, en mars, tracé le plan du fort-Hassan pacha à Kayakhor, se trouvait en fait chargé des travaux du génie sur toute Ia ligne de communication entre Kayakhor et Massawa. L’artillerie du fort-Hassan pacha fut augmentée de la batterie de 6 canons Krupp. Le fort d’Ambatokan, que l'on dut abandonner faute d'eau dans cette localité, fut construit sous la direction du lieutenant-colonel Baligh bey, Le colonel Derrick fut envoyé à Adiraso avec le lieutenant Mohamed Rifaat, le major Dennison à “Baaraza avec le capitaine Irgens et le lieutenant Mohamed Azmi, Le major Dulier resta au fort-Hassan pacha où il prit charge des travaux qui restaient + exécuter (A,A., rapport de Lockett au général Stone, a7 juillet 1876).
EE ms
péniblement. Les soldats s’effondrèrent, par centaines, de chaque edté de la route. Lorsqu’après avoir parcouru vingt milles, d’une marche accélérs. et épuisante, sans une goutte d’eau à boire, les troupes arrivèrent à Yangous et n'y trouvèrent pas d’eau,'le désappointement fut très vif, I ne restait plus qu'à pousser vers Massawa, situé à vingt milles plus loin ; les troupes y arrivèrent le lendemain matin, à bout de forces. Mais toutes n’y parvinrent pas. Beaucoup de pauvres diables, incapables de continuer la marche, revinrent sur leurs pas, en dépit de leur extrène fatigue, et errèrent, sans armes, à la recherche de l’eau, au milieu dr collines où ils furent suvpris par des bêtes de proie. D’autres moururent brusquement, terrassés par la chaleur, la soif, l'épuisement, Plus d'une centaine d'hommes périrent: ainsi, en cours de route, où après leur arrivée À Massawa (1),
L’état-major européen revint avec la troupe à Massawa et reçut l'ordre d’y rester. « Comme ils sont partis du Caire avec Rateb pacha, manda Khairi pacha à Nachât bey, ils doivent, grands et petits, rentrer aver lui @),» Le général Loring fut avisé que certains de ses officiers recevraient des missions spéciales ), Cette décision, prise à l'égard d'officiers qui. au cours de la campagne, avaient servi l Égypte de leur mieux et au péril de leur vie (, fut jugée vexatoire et durement ressentie par les intéressés ll.
D'après les ordres supérieurs, deux bataillons devaient rester à Massawa pour en former la garnison et les autres unités être rapatriées en Égypte
CE, Dre, op. it, p. 441 à 443, M. de Suzzara indique que 300 hommes environ périrent pendant la retraite, malgré les secours envoyés de Massawa par le lewa Ismail Kamel pacha,
Br AA, Reg, a8, Dép. Abd, pièce 306, Khairi pacha à Nachât bey, 22 avril 1876,
FI AA, Reg. a8, ép. Abd, pièec 898, O.$. au général Loring, 24 avril 1876.
Lo docteur Wilson fut très grièvement blessé ; le colonel Dyo fut également blessé ; le docteur Johnson subit les horreurs de la captivité ; Je binbachi Durholt fat blessé et fait pr'sonnier,
CF, Dve, op. cit., p. 477 à 480, Le colonel Dye et le docteur Wilson furent attorisés le 1g mai à rentrer au Caire (A,A., Reg. 29, Dép. Abd., pièce 66, Khairi pacha au sirdar, 1g mai 1876),
®) A.A., Reg. 39, Arr, Abd, pièce 281, le maamour de la caisse de l’armée à ñ Khairi pacha, 23 avril 1876,
celles-ci partivent les 26, 27 et 28 avril), Aucun cavalier appartenant x deux escadrons de cavalerie commandés par les binbachis Rached «fendi et Moustapha effendi, qui se trouvaient avec le prince Hassan au sonbat de Goura, ne fut autorisé à rentrer en Égypte B), Le lewa [smaïl Kamel pacha reçut l’ordre de rester À Massawa jusqu’au retour du sirdar dans cette place #}, Les troupes rapatriées débarquèrent à Suez, Pendant longtemps, rapporte le consul de France en cette ville, on ne parla plus de cette expédition que pour raconter les souflrances de toutes sortes et ls privations endurées par les malheureuses troupes du Khédive, On avait maintenant, dans le public, de façon certaine, que l’armée égyptienne, en dépit de la supériorité de son armement, n’avait pu résister en terrain ouvert aux attaques des Abyssins () et avait subi de lourdes pertes ; mais les faits furent démesurément grossis et l’on parla « des désastres et des défäites» de l'armée avec une telle exagération que le colonel Dye, à son retour au Caire, erut devoir mettre les choses au point dans un artele qu'il adressa au rédacteur en chef du Moniteur épyptien ), Ces rumeurs se propagèrent jusqu’à Constantinople, où un Égyptien, occupant sunc haute position», assura à Sir Henry Elliot, l'ambassadeur d’Angleterre, que l’armée du vice-roi avait perdu 70 canons, 15.000 fusils, et
3 Le 26 avril, les deux bataïllons commandés par le kaïmakam Khourchid bey Alam s'embarquèrent sur le Gharbiek et les trois bataillons du miralaï Zakaria bey ur les vapeurs Rahmanieh et Dakahlieh. Le lendemain, on embarqua sur les vapeurs Roufit, Minieh et Yanbo les trois bataillons commandés par Osman Ghaleb bey, ainsi que les go0o soldats survivants du régiment de feu Mohamed bey Gabr qui furent placés sous les ordres du kaïmakam Hussein bey Mazhar, Enfin, le 28 avril, on crbarqua sur le Kosséir les goo hommes qui restaient des deux bataillons du régiment d’Osman bey Naguib, et, sur les vapeurs Hodeida et Messir, les trois bataillons du régiment de Khourchid bey Akif (A.A., Reg, 39, Arr. Abd,, pièces 314, 330,337, Ismaïl pacha Kamel à Khairi pacha, 26, a7, 28 avril 1876).
M AA, Reg, 28, Dép. Abd., pièce 361, Khaii pacha à Nachât bey, ag avril 1876. Le Khédive voulait ainsi les punir de la conduite indigne qu'ils avaient euo &e jour-là sur le champ de bataille.
PM A,A., Rep. 28, Dép. Abd., pièces 329, Khairi pacha à Imaïl Kamel pacha, 24 avril 1896. | :
® F0. 98 - 2502, Stanton à lord Derby, 6 mai 1876.
% A.A., Dye au rédacteur on chef du Moniteur égyptien, le Caire, ah juin 1876.
(list, du rêgne du Khéd, Tamaïl, € TL 64
NS qu’une indemnité de trois millions de tallaris avait été payée comme pris de la libération du prince Hassan et de l’armée 0), Chérif pächa s'Cmpressa de faire justice de ces fantastiques assertions (),
Depuis le 19 avril, Rateb pacha s’est établi à Kayakhor et s’apprète à y passer la saison des pluies. Le roi Jean, de son côté, s’est installé à Aba Mataa ; il a fait construire des cabanes pour abriter ses troupes et un chalet de bois pour se protéger lui-même des pluies ), Les deux adversaires se trouvent à huit heures de distance l’un de l’autre ; aucun d’eux n'a ke désir, ni sans doute la possibilité de reprendre les opérations actives.
La seule préoccupation du Khédive à ce moment est de récupérer ses prisonniers ; il recommande à Rateb pacha de prendre toutes les mesures et même de «recourir à toutes les ruses» pour y parvenir. « À l'arrivée de nos prisonniers à Kayakhor, lui écrit-il, nous abandonnerons nos retranchements et partirons avec nos troupes pour Massawa.» I va même jusqu’à autoriser le surdar à passer un accord en ce sens, si le délégué du roi Jean le lui demande. « Tout notre but, actuellement, précise il, vise la remise en liberté de nos prisonniers à n’importe quel prix ( et de n'unporte quelle façon (),»
Le roi Jean, de son côté, n'avait qu’un désir qui était de se débavtiit des Bgyptiens À son retour de Goura, Lika Moukas Warki l’informa que le vice-roi n’exigeait plus la restitution des armes, mais demandait seulement le renvoi des prisonniers ; quant à l’accord à conclure, il viserail à rétablir les relations commerciales entre les deux pays ®. Le négus erut la paix prochaine, « Nous avons, manda--il au sirdar, reçu votre lettre
#1 F,0, 78 - a460, Sir H. Elliot à lord Derby, 9 juillet 1876.
® [,0, 78 - 25038, Charles À. Cookson à lord Derby, Alexandrie, 7 août 1836. M. Gookson ajoutait toutefois : « La difficulté d'atteindre la vérité est si grande ini, que je ne puis que rapporter sans commentaire ma conversation avec Chérif pacha,
) A.A., Reg. 39, Arr. Abd, pièces 204, a08, 211, 289, 333, 341, le sirdar à Khairi pacha, 16, 17, 18, 20, 27, 28 avril 1876.
GT AA, Reg, 28, Dép. Abd, pièces 307, 341, O.S, ausirdar, 29, a3 avril 1874,
19 CF, Mouauen Ruraar, op. cit, p, 84.
nous faisant part de votre joie et de la pureté de vos intentions, qui nous à été remise par Âly bey et Lika Moukas Warki, nommés de votre part et de la nôtre pour conclure la paix. Grâce à Dieu, cette paix s'est réalisée. Des clauses ont été rédigées établissant des relations commerciales et postales entre des deux parties. Nous y avons apposé notre cachet et nous ous les envoyons pour que vous les cachetiez aussi... Les prisonniers qui se trouvaient à Gundet ont déjà été renvoyés auprès de vous. Ceux d'entre eux qui se trouvent encore ici, de même que ceux qui ont été faits prisonniers au cours du dernier combat, vous sont aussi envoyés maintenant,» Le projet de traité, dressé au camp abyssin, était ainsi conçu :
+ À la suite de l'accord conelu entre le royaume d’Abyssinie et leroyaume d'Égypte, qui à ramené la paix et la tranquillité et rétabli les bonnes re- . lations entre ces deux pays, comme cela se pratique entre tous les pays soisins et amis, le vénérable roi Jean, roi des rois d’Abyssinie, représente par son délégué Lika Moukas Warki, et le sirdar des troupes égyptiennes Mohamed Rateb pacha, représenté par Aly effendi el-Roubi, ont réaffirmé l'areord et l'union entre eux par la conclusion de la paix et la cessation des hostilités entre les deux parties aux conditions ci-après :
1 Le roi Jean et le sirdar des troupes égyptiennes sus-nommés ont xceplé d’un commun accord le rétablissement des relations commerciales “ntre leurs deux pays, sur la base des traités qui lient les pays amis. Cha- «un d'eux a accepté de protéger les commerçants de l’autre quand ils se wudront dans son royaume et d'empêcher qu'ils soient l’objet d'une . agression quelconque.
.#* La poste étant le lien le plus important entre Îes nations, d'autant plus qu'elle se rattache étroitement à la prospérité du commerce et des 1fhires, les deux parties ont accepté qu'un lien postal existe entre elles et que la poste qui passe dans leur royaume soit défendue et protégée sunme il est stipulé dans tous les traités qui lient entre eux les pays amis,
« En conformité des deux clauses ci-dessus, le roi Jean et le sirdar Mohamed Rateb pacha ont accepté d'établir la paix et de maintenir une dmitié parfaite entre l'Égypte et l’Abyssinie, afin d'assurer la tranquillité
(AA, Carton 19, Bakr Barra, pièce 15, Le roi Jean à Rateb pacha, 23 avril 1356. | 64,
et la prospérité à leurs sujets, et d'empêcher toute agression de leurs sujets contre ceux de l’autre pays. Si, à Dieu ne plaise, pareille agression se produit, le pays attaqué devra d’abord correspondre avec le pays atta. quant, afin qu'il fasse châtier les agresseurs, Dieu est le meilleur des Juges ll,»
Le 23 avril au soir, les 207 prisonniers restitués par le roi Jean arr. vèrent à Kayakhor. 900 provenaient du combat de Goura et 7 du combat de Gundet, Avee eux furent renvoyés : Mohamed Rifaat hey, secrétaire en chef de Rateb pacha, le kaïmakam Mohamed Choukri bey, Le binbarhi d'état-major Durholz, le médecin anglais Johnson, le moawen Mohamed Saïd effendi et deux moulazim, en tout 2 14 personnes, qui furent accompagnées par Aly eflendi el-Roubi et par Lika Moukas Warki 1. Les pri. sonniers révélèrent alors l’indigne traitement auquel ils avaient été soumis au cours de leurs six semaines de captivité ®), Le sort du docteur Johnson, blessé à la jambe, ne s’était amélioré que du jour où un ras abyssin avait pris intérêt à lui (”, Quant au major Durholz, affreusement blessé dans la journée du 7 mars, rien n’était venu mitiger ses terribles souffrances F'; il ne fut délivré des mains ennemies que pour supporter en Égypte des souflrances moraies plus cruelles encore, qui s’achevèrent par une mort tragique (9). Rifaat bey donna quelques détails sur la mort du chirurgien Mohamed Aly bey. Le soir du 7 mars, ce digne vieillard avait rencontré le docteur Johnson et, très affecté, avait passé ses bras autour de son cou en l'appelant en français « mon ami» ; les Abyssins l'avaient alors bruta-
BY A.A., Reg. 89, Arr, Abd., pièce 298, le sirdar à Khairi pacha, 24 avril 1855.
(3 A,A,, Reg. 89, Arr, Abd, pièce 298, Le sirdar à Khairi pacha, 24 avril 1870.
#) Seul Rifaat bey paraît avoir bénéficié d’un régime de faveur. Avant de quitter le camp abyssin, il remercia le roi Jean du bon traitement dont il avait été l’objet (ef, Monamen Riraar, op. cit, p. 84, 85), . 4 Cf, Lonne, op. cit, p. 437, 438, qui dit que ee ras s'appelait Walad Sel: lassié ; cf, également Dys, op. eit,, p. 445 à 4k7,
1 Le traitement indigne qui lui fut infligé est relaté par Loring, p. 44o, {41
Le bruit s'était répandu au camp égyptien que le major Durholz avait mis re action l'unique pièce de canon que les Abyssins dirigèrent contre les Égyptiens dan la journée du g mars..Le prince Hassan se fit l'écho de ce bruit dont Loring uit avee indignalion le bien-fondé, Après son retour au Caire, le major fut provoqu par le comte Thurneyssen, qui le tua en duel (cf. Lono, op. cit, p. 441, bla).
lment arraché à cette étreinte. Par la suite, le hey n'ayant pas eu la force de suivre l’armée du roi lorsque celui-ci leva son camp le 10 mars, le puerrier abyssin dont il était la propriété donna à son esclave l’ordre de l'abattre. Or ce dernier n’était autre qu’un soldat soudanais nommé Srour, qui avait été capturé au combat de Gundet et émasculé. Reläché avec les autres prisonniers le 23 avril, il avoua son forfait et déclara avoir iné Le docteur Mohamed Aly d’un coup de fusil à la poitrine (), La mort seule pouvait expier un tel crime. Le Khédive différa cependant l’exécuds de l'assassin, de crainte que les soldats soudanais encore prisonniers du rot Jean, éffrayés par cette nouvelle, ne refusassent de revenir au camp - égyptien Pl. Le docteur Johnson rapporta également que le massacre du 10 mars avait fait de 4 à 5oo victimes S) ; les Abyssins frappèrent à coups de massue leurs prisonniers épuisés ou les piquèrent à coups de lance, pour les obliger à se lever et à courir, puis, au milieu des quolibets et des nires, ils Les tirèrent dans le dos comme du gibier (). Les prisonniers rendus par le roi Jean furent immédiatement dirigés sur Massawa et embarqués sur le convoi qui quitta ce port le 29 avril pour l'Égypte &,
Ayant obtenu satisfaction par le renvoi des prisonniers, le premier mounent du sirdar fut d’apposer son cachet sur le traité de paix déjà signé par le roi Jean. À la réflexion, cependant, il s’abstint. Signer le traité,
AA, Reg. 39, Arr, Abd., pièces 369, 377, le sirdar à Khairi pacha, 80 avril, 1" mai 1876.
P'A,A,, Reg, 28, Dép. Abd., pièce 380, Khaïri pacha au sirdar, 2 mai 1876. Lx meurtrier fut gardé en prison à Massawa et oublié pendant deux ans. Le 2 mai 1378, Osman pacha Rifki, devenu férik des troupes du Soudan, rappela son existenve à la Maïa Sanieh {A.A., Reg. 31, Arr, Maïa Sanieh, pièce 28, p. 48), Le Khédie ordonna alors à Gordon pacha de le faire fusiller (A.A,, Reg. 36, Dép. Abd., piéco 518, O.S$. au hokoumdar du Soudan, 18 juillet 1878). Gordon rendit comple de l'exécution de la sentence Le 24 juillet 1898 (A.A., Reg. 50, Arr, Abd., pièce 154, Gordon à Khairi pacha).
"! Rifaat bey eite le chiffre de 800 victimes.
Cf. Lomne, op. cit., pe 430.
AA, Reg. 28, Dép. Abd., pièce 336, Khairi pacha au sirdar, a6 avril 1876 ; Reg. 39, Arr. Abd., pièce 337, Ismaïl pacha Kamel à Khairi pacha, 28 avril 1876, D'après Jes indications fournies par Ismaïl pacha, 203 prisonniers furent acheminés tar Suez et 5 autres sur Senhit,
c'était en eflet s'engager à l’exécuter et donc à évacuer les stations nuh. taires qu'occupait l’armée en territoire abyssin. Or, s’il en élait ainsi, l'Égypte n'aurait pas atteint le but pour lequel elle avait fait un si pans. sant armement ; toute garantie pour la sécurité des frontières lui feruit notamment défaut et la campagne militaire dirigée par Rateb pacha aura été faite en pure perte. IL convenait donc de gagner du temps pour vor si les événements ne tourneraient pas en faveur de l'Égypte. « Nous pouvons nous dispenser d’apposer notre cachet dès maintenant, manda le sirdar au Gaire, en prétextant que nous avions chargé le roi de nous reslituer nos armes et de nous rendre tous nos prisonniers, et que celui-ci n'a restitué aucune arme et qu'un grand nombre de prisonniers se trouvent dispersés dans son pays, parmi lesquels Le naïb Mohamed et le moaweu Ataa effendi, alors qu'il nous a promis de nous les rendre tous. Nous soulèverons de pareilles excuses pour ne pas apposer notre cachet sur lr traité (y
Le sirdar n'aurvit jamais, semble-t-il, fait cette proposition s’il n'avait jugé qu'elle répondit au désir secret du Khédive. Malgré son échec à imposer sa volonté au négus par la force, le vice-roi conservait en effet de vues sur l’Abyssinie. Gomme les journaux annonçaient précisément à cette époque que le gouvernement français se disposait à nommer un consul à Adoua, Ismaïl pacha s’en émut et soupçonna les Français d'encourager les Abyssins à la résistance #) ; une prompte réponse du duc Decazes rassura br Khédive à ce sujet ), mais le vice-roi ne suivit pas le vœu que lui exprimail le Ministre des Affaires étrangères de la France dans l'intérêt de ses linances, et il approuva la suggestion du sirdar (), Rateb pacha continuerait
(1) A.A., Reg. 39, Arr, Abd., pièce 300, le sirdar à Khairi pacha, 24 avril 1876.
& AE, Corresp. polit., Égypte 57, Outrey au Ministre des Affaires étrangères, le Caire, a7 avril 1876. ;
@) AE, Corresp. polit., Égypte 57, le Minstre des Affaires étrangères à M. Outrey, 28 avril 1876, «Il est inexact, disait le due Decazes, que nous ayons eréé une agence consulaire à Adoua. Nous n’encourageons nullement l'Abyssinie à la résis- ” tance et vous pouvez à ect égard rassurer complètement le Khédive sur nos intentions, Nous ne faisons qu’un vœu, c'est que cette malheureuse guerre, ne füt-ce que dans l'intérêt des créanciers de l'Égypte, se termine le plus tôt possible.»
(AA. Reg, 28, Dép, Abd, pièce 333, O.S$, au sirdar, 26 avril 1876.
en conséquence à occuper la position qu'il avait prise sur le plateau abyssin, de: manière à laisser planer sur la tête du roi Jean la menace d’une nouvelle invasion. Le sirdar souleva alors auprès du délégué abyssin les prélextes convenus. Devant cet acte de mauvaise foi, Lika Moukas se fâcha : « Nous avons fait venir les prisonniers ct avons rédigé les clauses du traité à votre convenance, dit-il à Rateb pacha, et vous ne voulez pas signer. On comprend par là que vous avez voulu nous duper, dans le seul but de faire échapper les prisonniers que vous avez envoyés à Massawa fl, » Le roi Jean ne prit cependant pas la chose au tragique. « Vous dites que sous retardez votre départ à cause des prisonniers [restants], manda-t-il à Ratcb pacha ; nous avons déjà envoyé les chercher. Doit-on, pour quelques-uns, faire périr un grand nombre? Le mieux est que vous nous en-
soyez un homme de confiance qui demeurera auprès de nous en attendant leur arrivée, afin d’en prendre ensuite consignation et de les conduire auprès de vous à Massawa, en compagnie d’un délégué de notre part. Vous n’êtes pas sans savoir que les gens de notre pays sont de méchantes personnes qui n’obéissent ni à Dieu, ni au souverain. Si nous nous maintenons tous deux longtemps dans nos positions, ils seront portés, par leur mauvaise nature, à raconter des choses qui ne doivent pas être dites et à dire que nous sommes, à Dieu ne plaise, en mauvais termes. J'ai décidé de quitter la région où je réside pour une autre au climat meilleur ),» Le 30 avril, le roi Jean quitta en effet Aba Mataa et se porta avec son armée à Godofélassié, dans la province du Sarawé, à un jour de marche rapide de Kayakhor 61,
Le négus faisait appel au bon sens en suggérant que la signature de la paix ne fût pas retardée par la restitution des quelques prisonniers qu’il possédait encore. Ceux-ci se trouvaient dispersés dans le Haouzen et dans l'Énderta, loin d'Adoua, et quelque temps serait nécessaire pour les réunir (9, À la décharge du Khédive, il faut dire qu’il croyait ces prisonniers beaucoup plus nombreux qu'ils n'étaient en réalité. On lui avait rapporté
lAA., Reg. 39, 4rr. Abd. pièce 35, le sirdar à Khairi pacha, 48 avril 1876.
M AA, Carton 19, Bahr Barra, pièce 149, le roi Jean à Rateb pacha, 28 avril
% A,A., Reg. 39, Arr. Abd., pièce 375, le sirdar à Khairi pacha, 1° mai 1876.
AA, Reg. 89, Arr, Abd., pièce 342, le sirdar à Khairi pacha, 28 avril 1876,
- 7 ange am
que le nombre de soldats tués au combat de Goura ne dépassait pas oo,
lors du massacre du vendredi 10 mars, 300 autres soldats avaient péri,
ce qui faisait 500 ; Jean avait renvoyé 200 prisonniers, le total faisun
700. Or Rateb pacha avait signalé que le nombre des tués et des disparn
s'élevait à 8.657. En défaiquant de ce chiffre, les 700 hommes sus-indi.
qués, 1l restait 2.957 hommes. « Cela confirme, écrivait le vice-roi au
sivder, que l'ennemi conserve chez lui un grand nombre de nos prisonniers
qu'il n’a pas encore renvoyés... Vous devez déclarer au délégué du roi
Jean qu’il faut nous rendre tous ces prisonniers, et vous ajouterez : « Com.
«me nous désirons la paix et le retour de l'amitié, vous devez nous rendre « tous nos prisonniers qui sont dispersés chez vous, car si le traité de puix
«est signé et que, par la suite, on constate la présence chez vous d'un
« certain nombre de prisonniers qui n'auraient pas été rendus, la pan
« serait nulle et le traité sans eflet (),» En outre, comme Les Abyssins nr
considéraient pas les Soudanais comme des prisonniers, le sirdar devrait
leur faire comprendre que les Soudanais ne sont pas des esclaves, mais de,
soldats du gouvernement khédivial, dont ils sont les sujets, et que le roi
doit les rendre en même temps que les Arabes (.» Alors seulement le° traité de paix sers't signé ; le vice-roi autorisa Rateb pacha à en donuwr l'assurance par écrit, s’il en était prié 6),
Le sirdar s’empressa de rectifier les idées erronées que le Khédne s'était faites au sujet du nombre des prisonniers. Bien que les cadurv. n’eussent pas été comptés, dit-il, 2.000 hommes au moins avaient éte tués au combat de Goura. En fait, selon les dires des prisonniers, 1l nv restait chez l'ennemi, après le renvoi des 207 soldats effectué le 23 avril, que 65 prisonniers environ (, « Trente d’entre eux, ajoutait le sirdar, sont déjà rentrés, le reliquat est done. de 35 environ. Ce sont ceux-ci que nous avons signalés comme restant encore chez l'ennemi ; parmi eux sr trouvent le naïb et le moawen Ataa effendi, Quant aux prisonniers faits au cours du dernier combat, il n’en restait que six et ils sont rentrés apris le renvoi des 200 autres.» Le roi Jean était donc fondé à dire qu'il avuit
GT AA, Reg. 28, Dép. Abd., pièce 355, O, 8. au sirdar, 28 avril 1876.
(1 A,A,, Reg. 28, Dép. Abd., pièce 364, Khairi pacha au sirdar, 29 avril 1876, 6 AA, Reg. 28, Dép. Abd., pièce 867, Khairi pacha au sirdar, 30 avril 186. #3 Provenant du combat de Gundet,
tstitué la presque totalité des prisonniers ; il n’en restait plus chez lui qu'un nombre minime, qu'il s’employait d’ailleurs à réunir, et, dans ces conditions, Il était justifié à demander la signature du traité et le renvoi de son délégué #), Mais le Khédive demeura intransigeant : « Vous devez faire savoir au délégué du roi, manda-f-il au sirdar le 1° mai, qu'il faut qu'il nous rende tous nos prisonniers avant que celte signature soit donnée. Si un seul prisonnier ne nous était pas restitué, les clauses ne seraient pas signées (2) ,»
Il est clair que le Khédive ne voulait pas conclure la paix, Sa volonté de rester en état de guerre avec l'Éthiopie ressort également d’un autre document, Le 24 avril, il avait écrit au sirdar pour lui deman- "der si, en raison du danger que le voisinage du roi Jean faisait courir as ligne de communication, il ne serait pas préférable d'abandonner h route de Kayakhor et de lui substituer celle de Massawa à Senhit, qui conduit également au Hamacène ®), Avant même d’avoir reçu la reponse de Rateb pacha, il lui écrivit de nouveau le 1°° mai pour lui dire qu'il avait reçu confirmation que la route de Kayakhor était la tcilleure, «Vous devez donc déployer tous vos efforts, ajoutait le tite-roi, afin d’emmagasiner au plus vite, dans les postes de Kayakhor, Buaraza et Adiraso, des provisions et des munitions suflisantes pour tuute la durée de la saison des pluies. Vous devrez également faire traîner en longueur la question du traité de paix et de la signature des ‘uses en soulevant les excuses et les motifs que vous jugerez bons (f),»
AA, Rog. 89, Arr. Abd,, pièce 363, le sirdar à Khaïri pacha, 30 avril 1876. M AA., Reg. 28, Dép. Abd., pièce 377, O. S. au sirdar, 1° mai 1876. “AA, Reg. 28, Dép. Abd., pièce 331, O. $. au sirdar, 24 avril 1876.
% AA, Reg. 28, Dép. Abd., pièce 377, OS. au sirdar, 1° mai 1876, Le 9 mai, le sirdar écrivait au Caire qu'à son avis la route de Kayakhor était préférable à celle dé Senhit pour pénétrer dans le Hamacène, De Kayakhor à Debaroa, localité du Hamnacène, il fallait compter deux jours de marche, après avoir quelque peu amémag la route, « Même en ce cas, ajoutait le sirdar, il ne convient pas de pénétrer dans lo Hamacène par ectte route tant que l'ennemi se trouve dans le voisinage, l'est pourquoi il est préférable de signer les clauses ct de tranquilliser l'ennemi à « sujet, ÎE est possible qu’ensuite l'ennemi quitte les lieux et que ses soldats so dispersent, S'il garde encore par devers lui quelques-uns de nos hommes faits priwaniers à Gundet, on protestera et on lui dira que nous attendons leur arrivée,
Le 5 mai, le vice-roi confirma à Rateb pacha que les troupes devraient rester à Kayakhor (1, (
À la fin d'avril, le typhus s'était déclaré parmi les troupes stationnées à Baaraza. Le 1°° mai, on comptait dans cette station 69 soldats atteints de cette fièvre et 38 soldats atteints d’une fièvre intestinale ressemblant au typhus ®. Le vice-roi prescrivit à Rateb pacha d'envoyer sur les lieu une commission médicale pour enquêter sur les conditions sanitaires de là place 6), « L'origine de ces maladies, rapporta Rateb pacha, provient ds ce que la pluie tombe nuit et jour sur les herbes dont émanent des exha. laisons, de la réverbération du soleil pendant le jour, de la forte humidité pendant la nuit et du changement de température.» Le nombre des malades à Baaraza, à la date du 3 mai, s'élevait à 118. L’épidémie s'était aussi déclarée à Kayakhor, et il était à craindre qu’il n’en fût de même à Adiraso, dès que les troupes y auraient séjourné quelque temps l#). Le > mai, on comptait 130 cas à Baaraza, dont 7 mortels, et, à Kayakhor, 16 cas, répartis également entre Arabes et Soudanais, parmi lesquels s'étaient produits g décès W). |
Après avoir libéré les prisonniers égyptiens, le roi Jean demanda la mise en liberté de Kirkh um (9. Toujours détenu à Massawa, l’ex-général, depuis la fin de mars, avait vu son état empirer ( ; il avait les deux reins pris et
Nos soldats pourront alors rester quelque temps à Kayakhor» (A.A., Reg. 39, Arr. Abd., pièce 386, le sirdar à Khaiïri pacha, a mai 1896). Bien que Rateb pacha n'ait pas dit sa pensée, il semble qu’il envisageait à ce moment.de profiter de la dispersion de l’armée abyssine, consécutive à la signature de la paix, pour marcher de Kayakhor à Debaroa et s’emparer par surprise du Hamacène, {AA Reg. 28, Dép. Abd., pièce 406, O. $. au sirdar, 5 mai 1876. F1 A.A., Reg, 39, 4rr, Abd, pièce 396, le sirdar à Khaïri pacha, 1° mai 1876. 5) A.A., Rep. a8, Dép. Abd., pièce 334, O. S. au sirdar, 26 avril 1876. AA. Rog, 39, Arr. Abd., pièce 419, Le sirdar à Khairi pacha, 4 mai 1876, ® A.A., Rep, 39, Arr. Abd., pièce 485, le sirdar à Khairi pacha, 8 mai 1876. ( A.A., Reg. 89, 4rr. Abd., pièce 890, le sirdar à Khairi pacha, 2 mai 1876. (7 AA., Reg. 38, Arr. Abd., pièce a11, Nachât bey à Khairi pacha, 30 mars 1876. Dans les premiers jours de mars, Kirkham s'était plaint à des officiers anglais du H, M. S. Teuzer, en relâche à Massawa, de ses rhumatismes et de n'être pas suffisamment nourri, Le commandant du navire ne crut pas devoir intervenir (I. 0. Letters from Aden, rapport du commander Capel Wodehouse, Aden, 15 mars 1876).
« maladie était presque incurable. Mis au courant des combats qui avaient “ui lieu à Goura, il attribuait Les graves pertes subies par les Abyssins au manque de matériel de guerre dont les Égyptiens étaient bien pourvus. 1H fil savoir à Nachât bey qu'il ne désirait nullement se rendre en Abyssinie et que son grand désir était de se rendre au Caire pour, de là, gagner l'Angleterre %, Pressenti à ce sujet, le négus ne fit pas d'objectionl. Le Khédive donna l'ordre de bien traiter Kirkham et de lui dire que son cas wrait bientôt réglé, « Gomme il est porté à la boisson, manda Khairi pacha ‘à Nachdt bey, vous lui demanderez s’il a besoin de cognac, arak ou autre lqueur. Vous lui apporterez tout ce qu’il demandera, ceci par marque de courtoisie. S'il désire une des espèces d’alcool sus-indiquées, vous lui ” donnerez toute la quantité qu'il voudra, à laquelle vous ajouterez une foife dose d'alcool pur ).» La libération qu’on envisageait au Caire n’était svidemment pas celle à laquelle aspirait Kirkham, Bien que détenu dans les lites de la ville, l’ex-général avait la faculté de se déplacer dans l’île, sous la conduite de deux gardiens. Îl mangeait rarement au quartier que lui avait assigné Île gouvernement, car il ne désirait pas, disait-il, devenir sictime de l’hospitalité égyptienne (). Mis au courant de sa triste situation, l: gouvernement anglais prescrivit au général Stanton d'intervenir ofhi- «usement pour obtenir un adoucissement des conditions de sa captivité (5), Dans les premiers jours de juin, l’état de Kirkham devint critique. I était atteint de delirium tremens. « Hier, dans la nuit, rapporte Soliman Niazi parha le 16 juin, il a bondi sur son domestique le couteau à la main; il a jeté des tallaris à droite et à gauche. Ce matin, il a jeté 25 tallaris par ha fenêtre. Parfois on le ramène de promenade sur un brancard... Aujourd'huile consul de France et un certain nombre de notables et de commersanls européens sont venus nous voir et nous prier de le transporter dans une chambre en dehors du divan ; si la nécessité s'impose, on pourrait l: faire surveiller par des gardiens. Cette chambre se trouve dans un
"AA, Reg. 39, Arr, Abd., pièce 416, Nachât bey à Khairi pacha, 4 mai 1876.
“AA, Carton 19, Bakr Barra, pièce 145, le roi Jean à Rateb pacha, a0 mai
M 'A.A., Reg. 28, Dép. Abd. pièce 426, Khairi pacha à Nachât bey, 7 mai 1876.
9 CE. Dve, op. cit, p. 47.
1,0, 98 - 2499, le Vorcign Ollice à Stanton, 26 mai 1876,
ain ee
a De ES SE PR * ; PRE | TA NM OPA nf CET Ce sr us FORTS
- en effet se rendre au camp abyssin, où il eut avec le négus deux entrevues}:
| vants ‘rester à Mossawa à gonditioh den } pas quitter la ville et de. nt, ee avec qui iqueiè ëe soit” ‘sppartemant l'armée enhomis; "tant É
4 16 juin 4876.
. 49 A.A., Reg. 39; Arr: \Abd.;'pièce PRLRN url een AA Reg. 39; Arr SLA; pièce: oile'sirqan à : . 0 ii, Reg: 28, Dép:
. que le. prêtre les avait.aécusés auprès dur
pus qui ne soit paë be sous: doré autorité; à à la condition de ne pas
. jusqu’à la fin des hostilités 9 Le sirdar écrivit ‘en: ‘conséquence : à Parchil
reçu lé'23 j juin 4876 À
appartement. Kirkham y est actuellement installé et son état est gravell:,, L'aventurier mourut dans la nuit du 29 au 23 juin 1876 et fut inhumé à Massawa avec les honneurs funèbres e
Le sirdar, on l’a vu, avait donné l’ordre de ne. oé entretenir de rap- | ports avec l'abbé Duflot. Le 30 avril, le cheikh de Saganayti lui signols que le prêtre lazariste continuait ses intrigues avec le roi Jean 6}, On le vit
à la suite desquelles le roi Jean mit aux fers le ras Woronya;' gouvoraeur de Gondar 6, et jeta en' prison vingt-cinq de ses parents. On en déduisif id'ayoir montré un penchant pour l ‘Égypte t (8) De plus, de lpère Duot auiai ‘communiqué au. négus la liste nominaive de toutes les } persônnes quis 'étaienti placées séus lai tection de l'Égypte flitLe Khédiye ‘préscriyi Yit alors ‘deïpréndre des mesures de rigueur à son égard! Île Au rétour deice’ jprliro; arida Khairi pacha + au sirdar, vous devez lui retomimande} de (choisir! Jun: ‘des: deux! partis suis
RE
AE NT à
ae
rentrer à Massawa où dans toute autro région occupée par nous;'et cols
prêtre de un pour.
l'avise de! ‘cotté Mesure} mais. dx ne réçub pas des 5 as # pee sub ss
DITS sl Len ff 1 Hat
è 4 AA, Reg. on
ab
Ppièce" RENE ar 4 “EN à J \ È qe @) A.A., Reg. 39, 4rr.:Abd., pièce 378, le ous Khéïri A y" maai 18) 4 (ÿ'A, j Reg. 39; Arr Ab; pièce 418; ie sirdr. à Khairi pacha, 4:mai' 141876 4 À. À.; Reg. I8gi'Arr: iAbd,; piècoï 64 dé'irdar à à Khairi pacha;! 7. mai: 1876 irdar À Khairi pacha, 8 mai 1876:
da Kheiri pacha,. 4 0imai 1876; Abd. pièce 439; “Khairi ra au pis masi mn
6) AA, Rog. ‘Ko
0 AA, Reg. bo, drél
Mohamed Abd el-Rahim, qu'il gardait en otage, si on lui renvoyait sa . cousine, épouse de Walad Mikaïl. Rateb pacha s’y refusa, en disant que «la question de cette dame n'était pas prévue dans le traité» et que la séparation forcée de l’épouse et de l'époux n’est tolérée par aucune religion {1}, Le roi Jean libéra alors là naïb-sans conditions. « Nous vous l’enoÿons pour VOUS prouver 2 nos bons séntiments à votre endroit, manda-{-il ÿ éirdar, Nous ne sommes » pourtant pas tenu de Ie faire. En effet, le dit
aïb relevait du gouvernement. abÿssin êt était chargé de garder les prai: |
es.et autres Jiéux:"À l'arrivéides troupes ‘égyptiennes, il'a quitté son
Ai Le geste-du roi Jean ne. servit d'ailleurs à rienticar ‘après l’arrivée d’Abd
32" LUS et
paib.ne Len ‘tire conäidéré. comme un ‘prisonnier étant donné. que
lettr ‘à Khaïri: ; pacha (3).
ua Paire Par son ratée ii JS É
reroisset 1ses: ‘brétentionsà
on t ‘de tous cles qu où ie ail j Le re
ir.
OA
pus “este Pan la suite het frahi a il Pa vonn auprès de nous: la: nù :ét \ ous: l' avons: ‘alors: arrêté: et | à an Mai pa nnté bn Non au vous V envoyons D pipdré hr
js à Kayakhor, Rateb ipacha «déclara al interprète du négus que le
spectéo.i « Nous sommes :
sur le retour de tous :
‘renvoi “de & son SL é /
HE préposaitsl pas maintenant * ‘exiger! \du ‘ séulembnt lex renvoi. ne tous Jes' “prisonniers, mais la restitution
pièce A 1 Rider à Kairi S n mai À 1876. .
5 Carton 4 2 Bah se et 1 43; Johannès à Rateb pie, ‘8 mai 18 Le