‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 62 sur 176 · POURPARLERS D'ARMISTICE · texte numérisé non relu

POURPARLERS D'ARMISTICE

La lettre adressée de Balsa par le roi Jean au prince Hassan pacha étant ainsi conçue (À :

« Nous vous envoyons nos meilleures salutations en notre nom et au . nom de nos armées. Grâce à Dieu, nous nous portons tous bien. J'esprr que votre santé est bonne et que votre amitié pour nous est durable. Tout ce qui s’est passé jusqu’à ce jour, la guerre entre notre pays et À gouvernement khédivial et l'ébranlement de la paix entre les deux pss. est dû à Munzinger pacha qui a intrigué entre nous, alors que notre amie était grande avec notre frère Ismaïl pacha et que nous espérions qu'ellr durerait, Tout à une cause, Vos armées'ont attaqué notre territoire ; elles

Moukas, qui signifie : celui qui se dévoue pour le roi (ef. Monameo Rreaar, op. eit., p. Ga). Nous avons déjà rencontré ce personnage (cf, t. ITF, 1'* partie, p. 378, 379), sou lo nom de Murcha Werke, Lika ou Lig est un titre honorifique abyssin équivalant à celui de docteur (cf, M. »e Corrrr, Le eil., p. 88, note 8).

6) Cf, Monaweo Rirur, op. cit., p. 59.

8} Le texte est tout à fait semblable, quant aux fées, à celui que eite Mohamed Rifaat dans son ouvrage p. 58. La lettre du roi Jean est du 3 baramhat 1868, correspondant âu 11 mars 1876.

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# sont-emparées du Hamacène et elles ont poussé jusqu’à proximité de notre capitale. Le combat s’est alors malheureusement produit (1, Et bien que Dieu ne veuille pas qu’on verse du sang, vous ne vous êtes pas contutés de cela. Vous êtes venus aveg vos armées et avez construit des fortihations sur notre lerritoire. Nous espérions que vous nous donneriez les motifs de cette agression ; rien de cela n’a été fait. Finalement nous avons ‘à venir et le combat a duré trois jours successifs, au cours desquels beausp de sang a été versé et dans nos rangs et dans les vôtres. Ces mesures us plaisent à personne et Dieu ne les a pas autorisées. Nous en sommes, sous et moi, la cause. La cessation des hostilités est indispensable pour arrêter le sang versé. Si vous désirez entamer des pourparlers à cet effet, suillez nous envoyer un délégué ou nous le faire savoir afin que nous vous -n envayions un de notre part, Nous nous confions à Dieu pour la réussite. \ous espérons que la réponse à cettelettre sera envoyée aujourd’hui même. Que Dieu vous gardel}. »

Le délégué abyssin revint bientôt du camp égyptien avec une lettre du ardar disant qu'il acceptait de négocier et demandait au roi Jean de Jui envoyer un délégué). Le négus écrivit alors le dimanche 12 mars une wronde lettre adressée conjointement au prince Hassan et à Rateb pacha. «En aucun temps, déclarait-il, l’histoire n’a marqué une ère d’inimitié ratre le gouvernement égyptien et le royaume d’Abyssinie, Aucun méfait u'u été commis de part ni d'autre entre ces deux nations. Une amitié «usère les a toujours liées, mais c’est le grand diable-qui cause l’inimitié rntre deux frères ou deux amis, par des intrigues qui mènent à la guerre, “ause du sang versé. Quant à nous, nous ne faisons qu'un avec notre

rire aimé Ismaïl pacha, le grand Khédive. Actuellement, aucun désac- “or n'existe entre nous et le fils de notre bien-aimé frère, De notre côté, lx première et la seconde fois, nous avons été poussés à la guerre par un «is de force majeure, car les frontières n'ont pas été respectées, et parce que vous avez écouté les rebelles au royaume d’Abyssinie, Ce qui s’est passé est passé. La faute n’incombe ni à vous ni à nous, mais au méchant

# Le roi Jean fait ici allusion au combat do Gundet.

AA, Reg. 37, Arr. Abd., pièce 458, le sirdar à Khairi pacha, 11 mars 1870. | T AA, Carton 160, Abdine, Rateb pacha à Khairi pacha, 11 mars 1876,

Hat, du senc du Khéd, Temaïl, &. VIL 6e

qui a provoqué le versement du sang pur des êtres humains, défendu catégoriquement par toutes les lois. Nous n'avons nullement attaqué frontières ; le voisin doit veiller à la défense des frontières de son frère

et au respect des traités. Il est préférable et il convient mieux que l'aceuri et l'amitié unissent nos deux nations comme par le temps passé. Nous

espérons que vous retournerez dans votre capitale, Nous vous restilucron, tous vos soldats et vous pourrez rentrer chez vous la tête haute. Si vous

refusez que l'amitié sincère lie nos deux nations, le Créateur du Ciel et de la Terre, qui a tracé à chaque nation ses frontières, décidera entre nous deux. Conformément À la tradition des amis, nous vous ii l'amitié ou l'imimitié N,» :

Le ton de la lettre était conciliant. Pour mettre fin à la guerre, le népus demandait au sirdar l’évacuer le territoire abyssin et s’engageait à lui restituer les prisonniers en sa possession. La lettre fut portée au camp égyptien par l'interprète Desta, à qui le roi Jean adjoignit up fonctionnaire nommé Grindi Oustelli ®, ami de Lika Moukas dont il partageait la tente. L'homme était mal doi, car il n'avait, au dire de Rifaat bey, aucun talent de diplomate. Aussi lorsque Rateb pacha lui demanda des explications, se borna-t-il À répondre qu’il venait lui remettre la lettre du roi et qu'il n'avait rien à ajouter,» Le sirdar s’étonna : « Vous vouliez engager des pourparlers, écrivit-il en substance au roi; mais aujourd’hui vous contredisez ce que vous disiez hier, car vous déclarez : « Retournez à votre pays et que l'amitié se rétablisse à l'avenir entre nous,» Mais comment cette amitié se rétablira-t-elle à l’avemir et sous quelles conditions? C’est là une question vague et elle doit être bien exposée avant qu’une décision ne soit prise à ce sujet (*),»

Au Caire, on battit réclame autour de la lettre du roi Jean. On déclara qu’à la suite du revers subi par son armée, le négus demandait la paix, et on en fit grand cas, auprès de l'opinion publique, pour relever Îs

OY AA. Reg. 37, Arr, Abd., pièce 477, le sirdar à Khairi pacha, nuit du te au 13 mars 1876,

{} Mohamed Rifaat explique que oustelli signifie « chef des orfèvres». . 9 CE, Mona Riu, op. cit, p. 6a, 63.

(} AA, Carton 160, Abdine, Rateb pacha à Khairi paris, 13 mars 1870.

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