LA MISSION D'ALY BEY EL-ROUBT
La rencontre entre dedjaz Haïlou et Walad Mikaïl eut lieu le lundi 17 quillet à Wakidha. Haïlou disposait d'environ 2.000 hommes, Un certain nombre de chefs abyssins, précédemment ralliés à 1 "Égypte, s'étaient joints à lui; on comptait parmi eux Walad Aloula el-Agfari, qui avait rencontré le sirdar à Massawa et résidé ensuite à Senhit, d’où il avait profité « d'une absence de Alaeddin bey pour s'échapper, son frère Gebai Walad Aloula, Ledj Kassi, petit-fils de dedjaz Iaïlou, le kentibaï Zomawi. Le combat fut sanglant ; dedjaz Haïlou y perdit la vie, ainsi que Makonnen, fils de Walad Mikaïl, mais ce dernier remporta une victoire complète (, à la suite de laquelle il entra à Tsazéga, capitale du Hamacène ), Quatre porsonnes appartenant à la famille de Walad Mikaïl avaient combattu dans les rangs de dedjaz Haïlou ; en voyant la défaite de ce dernier, ils chanérent de camp ; mais Walad Mikaïl était tellement aflligé de la mort de on fils qu'il les tua de sa propre main à coups de pistolet #).
“1 Cette vicloïre fut probablement due à la supériorité de son armement. Nous ne connaissons pas le nombre de troupes de Walad Mikaïl, 1 rencontra cependant quelques défections, comme celle de Bahra Nagassi Goudafai, naguère l'ami des Égyptiens, qui refusa de se joindre à lui. Rateb pacha fit venir ce dernier, le mit au fers et l’envoya à Massawa (A.A., Reg. 41, Arr, Abd, pièce 196, Le sirdar à Kairi pacha, 29 juillet 1876).
# D'après un rapport de l'agent consulaire de Franec à Massawa, l'entrée de Walad Mikaïl à Tsazéga aurait été marquée par un massacre horrible : « vicillards, . femmes, enfants, rien ne fut épargné.» (AE., Corresp, polit., Égypte 58, Pony à M. Pellissier, 28 juillet 1876).
AA, Reg, o, Arr. Abd., pièce 701, le sirdar à Khairi pacha, 1 9 juillet 1876 : Rey, 41, Arr, Abd., pièce 36, Alacddin bey à Khaïri pacha, 23 juillet 1876 ; Carton 19, Bahr Barra, pièce 36, Walad Mikaïl à Rateb pacha (sans date). Dans sa lettre, Walad Mikaïl explique que dedjaz Haïlou prit l'initiative de l'attaquer et que lui, Wal Mikaïl, ne fit quese défendre. Rateb pacha signala au Caire queeinq Européens, dont quatre prêtres protestants, avaient combattu dans les rangs de dedjaz Haïlou (LA, Reg. 41, Arr. Abd., pièce 125, le sirdar à Khairi pacha, 2 juillet 1876). : Les prêtres protestants, qui avaient été tués, portaient des pistolets à six coups, Le cinquième Européen, un Anglais qui habitait à Adoua auprès du roi, fut fait prisonnier, Le vice-roi preserivit de le bien traiter, de même que la vouve d’un des prêtres tués, qui habitait le Hamacène et que Walad Mikaïl avait placée sous surveillance, Tous deux furent autorisés à retourner à Adoua s'ils lo désiraient, ou à se tendre à Massawa en vue de gagner Suez par un vapeur égyptien (A. A., Reg. 9, lkp, Abd., pièce 640, Khairi pacha au sirdar, 8 août 1876).
Le Khédive comprit aussitôt que ce combat allait avoir une fâchenxe ». percussion sur la négociation en cours à Adoua. « Vous devez, mandat ii à Rateb pacha, écrire une lettre au roi pour lui dire que … le combat entre Walad Mikaïl el dedjaz Haïlou a été livré à notre insu et que nous ne l'avons appris qu'une fois qu’il a eu lieu. Vous lui divez que ceci est ds à l'esprit d’animosité qui a toujours existé entre ces deux hommes et qu cela ne doit en rien intéresser le traité de paix. Vous écrirez également à Aly bey el-Roubi pour lui dire qu’au cas où le roi n’accepterait pas h clause relative à la délimitation des frontières, il devra lui dire qu'il ne peut lui donner une réponse catégorique à ce sujet et L'inviter à déléjoure Lika Moukas ou toute autre personne pour l'accompagner à Kayakhor auprès du sirdar en vue de conférer sur cette question. Ce n’est qu'en: suite que la réponse définitive sera donnée (),» Ainsi le vice-roi paraissant escompter un échec de la négociation d’Adoua ; il ne se trompait pas.
Escorté par 3.000 soldats abyssins, Aly bey el-Roubi était arrivé samedi 8 juillet À Adoua, où il fut reçu avec tous les honneurs dus à sou rang. Le dimanche, il passa la journée au rest-house officiel et le end main il remit les cadeaux au roi. Le mardi étant jour de fête, les pourparlers ne commencèr nt que le mereredi. La première impression d'Aly br; fut que le roi repousserait toute cession de territoire, mais accepterait les autres clauses ). Bientôt, cependant, il dut déchanter ; les dispositions favorables que le négus avait montrées au début se tournaient en inimilir. Après avoir fait observer au délégué égyptien que ses déclarations ne currespondaient pas au contenu de la lettre du Khédive, le roi nia tout re qu'il avait dit antérieurement au sujet des frontières et déclara qu'il ne céderait pas de territoire ni ne restituerait les armes. Lorsque Aly be voulut discuter ces points avec lui, le roi s'emporta et commença à le maltraiter : « Comme tu es arrivé, tu retourneras, lui dit-il, et je te donnerit un délégué avec une lettre pour S.A. le Khédive.» Aly bey voulut alors sr renseigner sur le contenu de cette lettre, mais le roi refusa de Fui donner aucune explication, finalement Aly bey quitta Adoua le vendredi a 1 juillet,
(9 A. À. Reg. 29, Dép. Abd., pièce 53a, Khairi pacha au sirdar, 91 juillet 1876, GA. A,, Reg, 4o, Arr, Abd., pièce 699, le sirdar à Khairi pacha, 18 juillet 1876,