‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 75 sur 176 · LA MISSION D'ALY BEY EL-ROURIT · texte numérisé non relu

LA MISSION D'ALY BEY EL-ROURIT

-worté par quatre personnes seulement, sans aueun honneur officiel, chas- « #h quelque sorte avec ignominie.

Telle fut, du moins, la première déclaration faite par Aly bey el-Rouli au sirdar, lorsqu'il arriva à Kayakhor le 25 juillet M, Par la suite, le délésui égyptien fournit d’autres explications. Après le combat de Walad ikaïl contre le dedjaz Haïlou, le roi Jean l’aurait informé que les ras ‘étaient réunis pour discuter la question de le mettre à mort ou de l’emprisonner, lui et son escorte. Le roi s’y serait opposé et il aurait dit.à Aly bey : « Je te pardonne. Pars et sois prudent en cours de route.» Le déléqu égyplien aurait alors quitté Adoua fort effrayé 1.

Le sirdar n’ajouta pas foi à ces dernières déclarations, 1 fit observer que le combat, qui avait eu lieu au Hamacène le 17 juillet, ne fut connu à \loua que le jeudi, veille du départ d’Aly bey el-Roubi ; or, à ce moment, le roi avait déjà remis à ce dernier des cadeaux consistant en vêtements et autres objets, ainsi que vingt-cinq napoléons, ce qui indiquait que la népocialion était terminée. Par ailleurs, la menace d’attenter à sa vie avait été rapportée au sirdar par Aly bey lui-même, dans une lettre antérieure où il déclarait tenir cette information d’un domestique du voi. Rateh qacha conclut de ces contradictions qu’Aly bey ne lui disait pas la vérité 9,

“4 A, A., Reg. 41, Arr, Abd, pièce 109, le sirdar à Khairi pacha, 26 juillet 1876, A, AÀ., Reg. 41, Arr. Abd., pièce 1 81, le sirdar à Khairi pacha, 28 juillet 1876. A, À., Reg. 41, Arr, Abd., pièce 131, le sirdar à Khairi pacha, 28 juillet 1876, — Rifaat bey, qui se trouvait auprès du sirdar, rapporte l'incident comme suit : ‘ Vson retour chez nous, Âly bey el-Roubi nous apprit que sa vie avait été menacée et que c’est grâce au roi qu'il est rentré sain et sauf. Nous avons su qu’à son arrivée auprès du roi, il ne lui a pas remis tous les cadeaux, car il en avait donné quelquesuns aux ras dans le but de les gagner à sa cause pour qu'ils l’aident auprès du roi dans sa mission, Le roi ayant constaté que les cadeaux ne correspondaient pas à l'état joint à la lettre, a demandé à Aly bey el-Roubi ce qu'il était advenu du restant des cadeaux, Celui-ci lui ayant dit la vérité, le roi s’est fâché et l'a invité à partir inmédiatement, en lui disant que tout le monde intriguait contre Jui pour le tuer: il lui a donné 500 tallaris et l’a fait accompagner par un délégué auquel il a remis des cadeaux pour S. A. le Khédive, et les a fait escorter par des gardes. En agissant ainsi, le roi a voulu se débarrasser de la présence d'un homme qui ne lui inspirait pas confiance et suspect d’intrigues pour avoir cherché à s'attiver l’aide de certains tas. (est pourquoi le roi lui a fait croire que ses sujets désiraient sa mort et qu'ayant

Les causes de l'échec de la mission d’Aly bey el-Roubi sont done m connues, « À son arrivée à Adoua, écrivit le sirdar au Caire, Aly bey f d'abord reçu avec beaucoup de respect. Mais comme son arrivée coïneida avec la réunion de la foire d'Adoua, que des milliers d’Abyssins sauvas, y prenaient part et que ces Abyssins ne sont pas à même de reconnaitr le bien du mal, il se peut qu’à la vue de l’imposant cortège accompaçgna les cadeaux, l’idée ne leur soit venue à l'esprit que ces cadeaux étairs destinés à apaiser la colère de leur roi, D'autre part, comme le roi a l'h, bitude de profiter de ces jours de foire pour faire annoncer par les eric publics les nouvelles qu’il désire propager dans tout le pays, 1l leur à peu être expliqué la question à sa manière, car il ne voulut par la suile fais droit à aueune de nos demandes relativement au pays, aux armes et En outre Aly bey el-Roubi nous a informés qu'après avoir remis les «. deaux, il fut en butte aux vexations et aux mauvais traitements et qu quitta Adoua la peur dans l'âme (,» Ces explications paraissent out jus bonnes à ménager l'amour-propre du vice-roi. En réalité, la mission d'A bey élait vouée à l'insuccès pour diverses raisons. Comment le roi Jeu aurait-il pu consentir à restituer les armes, alors qu’il s'était déclaré plusieurs reprises dans l’impuissance de le faire ? Pourquoi aurait-il acce! té de céder une partie de territoire à l'Égypte, alors que l’armée du vi roi, réduite à des effectifs squelettiques, était incapable de bouger et; constituait plus une menace pour lui? La longue négociation engagée |: le roi Jean, après les combats de Goura, ne lui avait pas fait concevoir ui haute opinion de la bonne foi du sirdar, et l’aide prétée par ce dernier Walad Mikaïl pour reconquérir le Hamacène avait achevé de lui dessill les yeux. Il décida alors de rompre la négociation et d’en appeler au Kh dive lui-même, auprès de qui un délégué abyssin allait se rendre poi traiter directement de la paix.

appris cela, il a eu pitié de lui et l'a mis au courant de la situation, Aly bey : Roubi est, de ce fait, tombé dans l'estime du sirdar. Rateb pacha a écrit à la M Sanich pour se plaindre de lui et l’accuser d’avoir dilapidé Les cadeaux avant « arrivée chez le rois (ef. Monawen Raraar, op. cit, p. 91, 92). Et l'auteur de conclu que le sirdar voyait en lui, Rifaat, le seul homme capable de réparer l'échec d'A bey el-Roubi et de raflermir la paix entre l'Égypte et l’Abyssinie.

( À, A., dossier 5/1 Abdine, pièce 5, le sirdar à Khairi pacha, 1° août 187

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