‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 80 sur 176 · DS A A ES RER NET · texte numérisé non relu

DS A A ES RER NET

Le Khédive n'approuva pas le procédé sommaire employé par Hateb pacha à l'égard de l'émissaire du rot Jean. Il jugeait préférable de le traitrs courtoisement. Âlaeddin bey préviendrait en conséquence le roi que Rateb pacha ayant seul qualité pour traiter avec lui, il lui avait envoyé son déléyunr. Lorsque ce dernier arriverait à Massawa, il ne pourrait manquer d'étre nupressionné par la vue des nouvelles troupes venues du Caire. On ln dirait alors : « l'andis que les délégués du roi Jean envoyés au Caire en vue de conclure un traité de paix s’y trouvent encore, on s'élonne que br roi vienne à Senhit à la tête d’une force armée. Ceci nous a obligés d'en informer par dépêche S.A, Le Khédive au Caire.» Après quoi Raleh parha garderait l’émissaire auprès de Jui, elles étaient les sublilités aunquelles le Khédive, dans son impuissance à agir contre le négus, se voyait obligé de recourir, Mais Rateb pacha, pour une fois, tint bon-et, dans les explications qu'il fournit'au Gaire pour justifier son acte, il alla jusqu'a prétendre que la lettre envoyée par le roi Jean à Walad Mariam « tenait lieu de déclaration de guerre @ 15

Alacddin disposait à Senhit de 4 canons de montagne et de » mitrail. leuses ; il avait 300 caisses de munitions d'infanterie, du biseuit pour di jours et 100 ardebs de doura seulement. I demanda au sirdar de Jui vnvoycr 6 canons de montagne, une certaine quantité de munitions et ds vivres ; mais comme la route entre Massawa et Senhit était coupée par l'armée du roi et que Rateb pacha ne disposait, en dehors des Chaïghir. que des Goo Arabes de l'ordi de Kheireddin agha, « dont la plupart n'étaient d'aucune utilité», il répondit à Alaeddin bey qu'il ne pouvait ln venir en aide et lui conseilla de s'adresser au Taka 1), Le roi Jean ne juunonça heureusement aucune attaque sur Senhit. À un prêtre catholiqu qui était venu le voir à Amir (, localité distante de trois heures de Senhif.

1 AA. Reg. 31, Dép, Abd, pièce 837, 0.5, à Rateb pacha, 10 octobre 1874.

&) A,A., Rey, 4a, Arr. Abd., pièce 138, Rateb pacha à Khairi pacha, 10 octobre 1876, :

BA, Rog, 4a, der, Abd, pièee 138, Rateb pacha à Khairi pacha, 10 october

3) Rateb pacha aceusa par la suite les prêtres catholiques d’être les auteurs de la rumeur « mal fondée» selon laquelle le roi Jean voulait attaquer Senhit et Mas sawa, Ï! reçul la visile du vice-consul de France qui lui fé part de ses craintes pour

. LA FIN DE L'EXPÉDITION. 1079 it déelava qu'il allait repartir pour le Hamacène M, De fait, il se mit en route le octobre ® et rentra dans ses frontières. Osman Rifki pacha signala bientôt l'armée du roi à Akourat, localité sise à proximité de Tsazéga 5), el les émissaires de Rateb -pacha confirmèrent le lendemain son arrivée dans cette ville,

Au cours de cette période critique, le poste de Baaraza, on l’a vu, n'avait été conservé qu’en raison de la grande quantité de munilions qu’il contenait, Néanmoins, lorsque la menace sur Senhit se fût dissipée, Rate pacha s’avisa tout à eoup qu'il convenait de maintenir ce poste pour deux © molifs; d'abord pour une raison de prestige, car si on le supprimait, le négus s’enhardirait, dans la croyance que les troupes égyptiennes se sont retirées par crainte de lui; en second lieu, parce que les personnes qui s'étaient placées sous la protection du gouvernement khédivial ne verraient pas cet abandon d’un œil favorable. Ën conséquence, il fit surseoir au transport des 1.000 à 1.200 caisses de munitions qui s'y Lrouvaient vnrore et se disposa à y envoyer le deuxième bataillon qu’on lui annonçait d'Égypte. À l’arrivée de cette unité, il rappellerait de Baaraza les Arabes ut le restant de l'ordi d’Aly Kachef pour les diriger sur Senhit, et ces mesures resteraient en vigueur jusqu'à ce que le roi eût quitté le Hama- «ène. Toutefois si le Khédive jugeait indispensable d’envoyer alors des

Massawa ct de son intention de télégraphier au Caire pour demander l'envoi d’un navire de guerre, mais Rateb pacha déclare qu'il réussit à le rassurer (A.A., Reg. 4o der, Abd., pièces 154, 165, Rateb pacha à Khairi pacha, 19, 15 octobre 1876). Huoi qu'il en soit, la nouvelle du danger que courait Massawa parvint jusqu’au Laire, et M. Vivian, agent de Grande-Bretagne, interrogea Chérif pacha à ce sujet. Ce lernier démentit le bruit, mais eritiqua sévèrement l'expédition dont il atlribua ha paternité à Nubar pacha, à Munzinger et au général Stone, lequel, dit-il, «avait inonté la tête au Khédive. » (Cf: 0, 78 - 2503, G. Vivian à lord Derby, 20 oclubre 1876.)

OV AA, Reg, 4a, Arr, Abd., pièce 139, Alacddin bey à Kairi pacha, 10 octobre

% AA, Rog. 4a, Arr, 4bd., pièce 151, Alacddin bey à Khairi pacha, 10 octobre 1476,

% AA. Reg. 4o, Arr. Abd., pièce 160, Rateb pacha à Khairi pacha, 14 octobre

M AA., Reg, 4o, Arr. Abd,, pièce 167, Rateb pacha à Khairi pacha, 15 octobre 1876, -

[Tr

troupes dans cette province, le poste de Baaraza devrait être conserve «: fortifié eur, en dépit de l'insalubrité du climat, la route passant par ba était préférable à celle de Senhit pour gagner le Hamacène en partant de Massawa. Un pareil mouvement pourrait s'effectuer en profitant de l'instant où le roi, occupé ailleurs, ne serait pas en mesure de s’y opposer 1. Le Khédive répondit à Rateb pacha qu'il n'avait pas décidé de faire marcher ses troupes sur le Hamacène et donc qu'il était inutile d'envoyer un second bataillon à Baaraza, où le climat était malsain, pas plus qu'il nv convenait d’expédier les Arabes et les irréguliers à Senhit, où lon n'avait pas de quoi les nourrir P),

Que faisait pendant ce temps le roi nt Il ne pouvait s ‘alarder ET Hamacène, dont les cultures avaient été ravagées par les sauterelles 5) « il s’apprêtait à quitter cette province pour venir dans l’Okulé-Kouzaye ou retourner à Adoua, lorsqu'il fut avisé par un habitant de Tsazéya que Walad Mikaïl, avant sa fuite, avait déposé ses armes dans une montagne. I quitta alors Tsazéga et se porta à Taarachin, du côté de l'Ainseba li, La caverne qui se. vait de cachette à Walad Mikaïl fut bientôt découverte, mais lorsque les Abyssins voulurent y pénétrer, ils furent reçus à coups de fusil et dix-sept d’entre eux furent tués. Le négus donna alors l’ordre d’enfumer les défenseurs, mesure qui ne produisit pas le résultat escompté}; il fit alors chercher du canon à Adoua (, Lorsque, finalement, il réussi à s'ouvrir l'accès de la caverne, sept personnes en sortirent et l'en y découvrit 100 fusils dont 5 d’ancien modèle, une certaine quantité de munitions, de blé, de beurre ainsi que des effets (1. Pendant tout ve

(1 AA, Reg, 4a, Arr. Abd., pièce 164, Ratob pacha à Khaïri pacha, 14 octobre 1896,

1 A.A., Reg, 31, Dép. Abd., pièce 863, O, $. à Rateb pacha, 16 octobre 18736,

AA, Reg, 4o, Arr. Abd., pièce 166, Rateb pacha à Khairi pacha, 15 octobre

M AA, Reg. 43, 4rr. Abd., pièce 35, Rateb pacha à Khairi pacha, reçu le 19 ce tobre 1876,

GW AA, Roy, 43, Arr. Abd., pièce 86, Rateb pacha à Khairi pacha, 18 octobre

@) A,A., Reg, 43, Arr, Abd,, pièce 44, Rateb pacha à Khairi pacha, 20 octobre 14876.

F) AA, Reg. 43, Arr, Abd., pièce 73, Rateb pacha à Khaïri pacha, 25 octobre 1870.

temps, Walad Mikaïl ne bougea pas de Darati, localité sise à huit heures

de Senhit, dans la région du Khor Yarda qui dépend des Beni-Amer (1) ; se plaignait de ne pas avoir de vivres et il envoya son interprête à Senhit pour demander du doura et du micl ; le Khédive prescrivit à Alacddin bey de les lui fournir 6},

Le second bataillon envoyé du Caire avait fini par arriver à Massawa. Quelques jours après le débarquement des troupes, onze soldats de ce bataillon désertèrent pendant la nuit, sans toutefois emporter leurs armes (, Le Khédive ordonna à Rateb pacha et à Alaeddin bey de prendre

toutes les mesures nécessaires pour les arrêter; s'il se trouvait que ces déserteurs fussent d'anciens repris de justice, ils ne devraient pas être traités comme les basingher, envers qui l'on s'était montré clément, mais fusillés en présence des troupes pour servir d'exemple }, Deux jours plus tard, cinq autres soldats du même bataillon désertèrent dans des condi- . lions analogues. On envoya des méharistes et des bachi-bouzouks à leurs trousses (9), Certains d’entre eux se dirigèrent vers le djebel Labka pour gagner le pays des Az-Temariam, Trois déserteurs furent arrêtés et fusillés le 9 octobre, Rateb pacha ayant appris que deux ou trois autres soldats s'étaient rendus auprès du roi Jean, envoya des émissaires en Abyssinie poux répandre le bruit que, loin d’être des déserteurs, ces hommes uraient pour mission de tuer le roi; il espérait qu’en apprenant cette nouvelle, Le négus les ferait mettre à mort (1,

Rateb pacha avait profité de la lettre envoyée par Le roi à Walad Mariom

1 AA., Reg, 43, Arr, Abd., pièce So, Aladdin bey à Khairi pacha, 20 octobre ne À. » Reg. 43, Arr. Abd., pièce 45, Alaeddin boy à Kairi pacha, 20 octobre | . . À, Reg. 31, Dép. Abd., pièce 888, Khairi pacha à Alaeddin bey, 2 a octobre ni pe À, Reg. 43, Arr, Abd., pièce 71, Rateb pacha à Khairi pacha, 43 octobre pe À., Reg. 31, Dép. Abd, pièce 891, O.S. à Rateb pacha, a5 octobre 1876,

ee Fa Reg. 43, Arr. Abd., pièce 81, Rateb pacha à Khairi pacha, 25 octobre Sa. Reg. 43, drr, Abd,, pièce 109, Rateb pacha à Khairi pacha, 29 octobre 1876,

Se

pour écrire au premier que s'il avait une communication à faire, c'e à lui qu'il devait s'adresser 9), Jean se borna à répliquer qu'il ne pouvant faire aucune proposition tant qu'il n'aurait pas reçu de réponse à la lettr, qu'il avait envoyée au Khédive @, À une deuxième lettre de Raleb, répondit que son délégué tardait beaucoup trop en l'gypte el qu'il vn était très lâché, « Ne suflisait-l pas d’un jour, ajoutat-il, pour régler une telle affaire de gouvernement 9?» Malgré le ton plutôt sec de cette lettre, Rateb pacha trouva qu'elle était «modérée, contrairement à ses lettres antérieures) ; 1 ajouta que Le négus avait même remis 10 fallaris à éhacun de ses émissaires et les avait bien nourris, « contrairement à ses anciennes habitudes,» ) Ces détails montrent à quel degré de détérioration étaient. tombées les relations entre le roi d’Abyssinie et Rateb pacha.

Jean profita de son séjour au Hamacène pour rentrer en rapports ave Walad Mikaïl et chargea trois prêtres d'aller lui demander pourquoi il avait quitté sa ville et s'était placé sous la protection du gouvernement épyptien ; s’il rentrait chez Îvi, ajouteraient-ils, l’aman lui serait accordé «1 l'administration du Hamacène et des régions voisines confiée de nouveau ; on lui restitucrait aussi les objets confisqués ; Jean prêteruit serment sur l'Église de la sincérité de cet accord et Walad Mikaïl jurerant sur l'Évangile de se rallier avec ses soldats au négus pour altaquer le gouvernement égyptien. Walad Mikaïl repoussa ces propositions ; ilrepondit aux prêtres chargés de le circonvenir qu'il n'avait plus aucun attache avec son pays, que l'Égypte était devenue sa. patrie et qu'il nr pouvait oublier ni pardonner la mort de son fils tué par dedjaz Haïlou :

puis il délégua un de ses chefs, dedjaz Gabr Mariam, et son interprète [lanna pour mettre Âlaeddin bey au courant de ces pourparlers 6), Le Khédne

(AA. Reg. 43, Arr. Abd., pièee 89, Rateb pacha à Khairi pacha, »7 octubre

@) A.A., Carton 19, Bahr Barra, pièce 15 +, le roi Jean à Rateb pacha, 23 velobre 1876; Reg. 43, Arr, Abd. pièce 93, Rateb pacha à Khairi pacha, «7 octobre 1876.

(1 A.A., Carton 19, Bar Barra, pièce 153, le roi Jean à Rateb pacha, 30 oelobrr 1876, |

AA, Leg, 43, Arr, Abd, pièee 144, Rateb pacha à Khairi pacha, 4 novembre

AA, Reg. 43, Arr, Abd., pièce 1 18, Alaeddin bey à Khairi pacha, 3 1 octubre

her Er LL EEE EE lat si satislait de l'attitude de Walad Mikaïl qu'il chargea Alaeddin bey de lui transmettre « le témoignage de sa reconnaissance pour l’amitié dont il avait fait preuve», et il recemmanda au vékil du Soudan oriental d’entwurer son hôte « de tous les ménagements possibles et de lui donner tules les provisions dont il aurait besoin. (y Alaeddin bey faisait bien ce qu'il pouvait, mais le Soudan ne lui envoyait toujours pas le doura qu'ilavait demandé ; or Walad Mikaïl n'avait pas moins de 5.566 bouches

AA, Reg. 81, Dép, Abd, pièce 418, O0. S. à Maeddin bey, 1° novembre 1376.— Par la suite, les relations entre Rateb pacha et Walad Mikaïl se lendirent, © vomme le montre la lettre suivante adressée au sirdar par ce dernier : « Nous vous saluvns et vous informons que nous nous portons bien. Quant aux paroles que vous m'avez communiquées par l'intermédiaire de Hanna, elles m'ont extrêmement aflli- 4, Voiei pourquoi : Ils m'ont trouvé un emploi, mais je n’y ai pas été fidèle ; ils m'ont aimé, j’ai été rebelle ; ils m'ont rapproché, je me suis éloigné d’eux et je vous à choisi vous, pour être mon père, mon ami, ma famille e£ mon maitre. Je suis entré chez vous ct je n'ai rien fait de mal ni été contre votre opinion, Je suis demeuré avec sous trois jours pendant lesquels j'ai combattu l'armée du roi, pillé son bétail et suis devenu son ennemi. Aussi il a volé mon pays, incendié ma ville et ma maison et Lué mon fils Makonnen. Le roi généreux m'a fait dire qu’il me donnerait l’Okulé-Kouave et Mareb Malash (?), et qu'il le jurait par l'Église et par la croix auxquelles nous croyons, Mais je leur ai dit que quand l’eau se répand, elle ne peut plus être rveucillie, J'ai dit aussi : Dieu est au ciel et le sirdar et le Khédive sont sur la terre, Je les ai aimés et le Dieu du ciel qui vous a eréé et qui m'a créé sait que toutes mes actions n’ont pas d’autre but que de développer de plus en plus notre amitié, Je me suis dit que ma récompense sera plus élevée et que je deviendrai plus grand à ses yeux, le ne croyais pas que vous diriez de telles paroles et que vous concevriez sur moi de telles pensées. L’emprisonnement ou l'arrestation ne sont pas pour moi, votre ami et sutre partisan, mais bien pour Barraw, le méchant homme, notre ennemi, dont je vous ai demandé l'arrestation et que vous avez laissé en toute liberté, Si vous m'empriswongz sur la terre, je vous emprisonnerai au ciel. Dieu nous ost témoin que nous ‘mmes à vos ordres. Je vous informe que nous nous sommes séparés du roi et que nous sommos devenus ennemis lorsque j'ai combattu la famille du roi et ses soldats “tique mon fils est mort, Si vous ne craignez pas Dieu et si vous exéeutez ce que vous roulez faire, j'aurai recours à Jui. Je vous informe que Votre Excellence m'a fait ras Walad Mikaïl et que les Abyssins m'ont alors appelé Hag Walad Mikaïl, Si mon arur n'est pas sincère, Diou me condamnera, Et comme Votre Excellence est mon mallre, il ne m'est pas permis de dire que Dieu vous condamnera. Dieu est arbitre ‘tre vous et moi.» (A.A., Carton 19, pièce 7, Walad Mikaïl au sirdar, sans lieu ni date.) ‘

à nourrir. Pour remédier à la pénurie de vivres, Alieddin bey se débar. rassa de ses cavaliers en les envoyant à Amideb où il existait du dours pour nourrir leurs montures, et, après avoir confié les travaux de la ma. mourieh de Senhit au binbachi du bataillon, il partit paur Le Taka afin d'activer envoi des grains 1,

Déçu du côté de Walad Mikaïl, le négus eut plus de succès avec Wal Farrach, En quittant Seuhit, ce dernier avait gagné le Dembelas, où vi vaient les siens, et chargé un de ses oncles de solliciter pour lui l’aman royal ), Jean accepta sa soumission ; il lui rendit le tiers de son pays à gouverner et confia l'administration des deux autres tiers à son onele®, Un autre transfuge fut led; Barraw, omdeh de Addi Huala. Il avait refuse. on l’a vu, de se réconcilier avec Walad Mikaïl, car tous deux, au dire de Rateb pacha, «se disputaient les biens qu’ils avaient volés». Il n'aids done pas Walad Mikaïl lorsque celui-ci entra en campagne contre dedjar Haïlou. Plus tard, Rateh pacha le manda à Kayakhor, mais Jedj Barrav ne se pressa point de répondre à l’appel et ne parut que le jour où ke. Égyptiens abandonnèrent ce poste. H reçut cependant les conseils nécessaires, Mais lorsque le roi Jean quitta Adoua pour venir au Hamacène; il se soumit à lui, ; Jors Rateb pacha n’hésita pas à « brûler» son ancien partenaire, [] envoya des émissaires dire aux espions du roi que cet omdeh ne s'était soumis qu'avec une arrière-pensée et il eut bientôt la satisfaction d'apprendre ‘que le ras Haïou s'était emparé de ses armes, de ses bestiaux, de ses soldats, en un mot de tout ce qui lui appartenait l".

Cependant le roi Jean avait fini par quitter Taarachin. Passant par Asmara et quelques autres localités qu’il brûla sux son passage, ils'en vint à Dongal, localité située à trois heures de distance de Kayakhor. Ï emmenait avec lui Walad dedjaz Haïlou et ne laissa aucun soldat au

(O AA. Reg. 43, Arr. Abd., pièce 209, Alaeddin bey à Khairi pacha, 15 novembre 1876. Alacddin bey comptait profiter de sa tournée pour activer la perception des impôts arriérés dans la moudirieh du Taka.

(AA, Reg. 43, Arr, Abd., pièce 145, Alaeddin bey à Khairi pacha, 4 novembre 1876,

G) A,A., Reg. 43, Arr. Abd, pièce 195, Alaeddin bey à Khairi pacha, 18 no vembre 1876.

M) AA, Reg. 43, Arr, Abd. pièce 159, Rateb pacha à Khairi pacha, 8 novembre 1876,

Hamacène, dont les cultures, on l’a vu, avaient été dévastées par les sauterelles M), De Dongal, il se rendit à Goura où il retrouva le ras Areya M, 4 lit alors démolir par les habitants de l’Okulé-Kouzaye le fort que les Égyptiens avaient construit près de Kayakhor 8} et forma ses troupes en deux corps de trois à quatre mille hommes chacun. Le commandement du premier corps fut confié au ras Areya, avec mission de surveiller les mouvements de l’armée égyptienne à Baaraza ; celui du deuxième corps échut à Choulga Aloula, qui fut nommé ras et gouverneur du Hamacène, du Sarawé et de Arza et reçut l’ordre de surveiller les frontières W), Le 3 1 octobre, avant de quitter Goura pour Adoua 5), le roi eut un entretien avec le père Duflot, à qui il manifesta son désir de faire la paix : « Je n'ai d'autre mtention, lui dit-il, en donnant des positions à ces corps d'armée, que de surveiller la frontière en attendant la conelusion de la paix et le départ des troupes égyptiennes qui devra la suivre, si réellement leurs intentions sont pacifiques (‘.» Au dire du sirdar, Jean fit précéder son rulour dans sa capitale de Ja nouvelle que la paix avait été conclue avec les Égyptiens, que l'Égypte allait lui envoyer un évêque et que les caravanes pourraient désormais circuler librement entre Adoua et Massawa l), Juyeant que ces nouvelles n'étaient propagées par le roi que dans le but d'intimider ses ennemis, le Khédive et le sirdar se hâtèrent deles démentirtf},

M AA, Rog. 43, Arr, Abd,, pièce 101, Rateb pacha à Khairi pacha, 28 octobre 1876,

Pr AA, Reg. 43, Arr. Abd., pièce 114, Rateb pacha à Khairi pacha, 31 octobre 1876,

A A., Reg. 43, Arr. Abd., pièce 186, Rateb pacha à Khairi pacha, 9 novembre

0 A.A., Reg. 43, Arr. Abd, pièce 240, Rateb paeha à Khairi pacha, 1 7 novembre 1876,

“AA. Reg. 43, Arr. Abd., pièce 138, Rateb pacha à Khairi pacha, 8 novembre

“AE. Égypte, Massawa, t. IT, Carbonnel au Ministre des Affaires étrangères, Massawa 10 décembre 1876.

‘} A.A., Reg. 43, Arr. Abd., pièce 169, Rateb pacha à Khairi pacha, 10 novembre

AA, Reg. 31, Dép. Abd, pièce 457, Khüiri pacha à Ratob pacha, 1a novembre 1876; Reg, 43, Arr, 4bd., pièce 190, Rateb pacha à Khairi pacha, 18 novembre 1876, |

Après le retour du roi à Adoua, Rateb paeha demända au vice-roi | permission de rentrer an Caire pour lui soumettre oralement certaine: questions et « soigner une vieille blessure» 1), Le Khédive lui fit répondre que sa présence à Massawa était nécessaire pendant quelques jours.enrore jusqu'à ce qu'on vit clair dans les opérations que les ras avaient entre. prises contre le négus . Le vice-roi semblait donc encore espérer que les dissensions intérieures qui déchiraient l’Abyssinie finiraient par mettre en péril la souveraineté du roi Jean et Rateb pacha suivait avec la plus vive attention les péripéties de ces luttes intestines. Après avoir battu ba ras envoyés par le négus contre lui, Walad ras Woronya avait entrepris une guerre contre le ras Adal, roi du Godjam, sur qui il remporta tout. d'abord une victoire 8); mais dans un deuxième combat qui eut lieu le, 7 décembre 1836, le ras Adal triompha à son tour et fit son adversaire prisonnier. Par la suite, toutefois, les deux chefs se réconeilièrent, «t quand le roi Jean demanda au ras Adal de jui livrer le fils du ras Woronya, le roi du Godjam s’y refusa et le remit en liberté (8), Quant à Ménélik, ru de Choa, c’est à tort que les informateurs de Rateb pacha le signalaient à Gondar au mois d'octobre 6}, ou intriguant avec les habitants de Sokotx pour les rallier à l'ai (9, ou sur le point de s'entendre avec le fils du ras Woronya et avec l’imam Ahmed (7, Après son retour à Litché, il avait formé le projet de faire une expédition contre les Galla 9, Au début de

(AA. Reg, 43. Arr, Abd, pièce 159, Rateb pacha à Khairi pacha, 6 novembre 1876,

AA, Reg. 31, Dép. Abd., pièce 47a, Khairi pacha à Rateb pacha, 17 nv vembre 1876. |

AA, Reg. 43, Arr, Abd, pièces 10, 44, go, Rateb pacha à Khairi pacha. 16,20, 28 octobre 1876.

& AA, Reg. 45, Arr. Abd, pièce 51, Rateb pacha à Khairi pacha, 3 janviet

u de Reg. 43, Arr, Abd, pièce 34, Rateb pacha à Khairi pacha, 18 octobre

AA, Reg, 43, Arr, Abd, pièce 70, Rateb pacha à Khairi pacha, 23 octeher

On AA. Reg. 43, Arr, Abd., pièce 15, Rateb pacha à Khairi pacha, 6 novembre

® Tribus habitant le cours supérieur de l'Hawash,

pui 1876, toutefois, il apprit que l’imam Abba Ouatto Ü}, chef des Wollo, avail rassemblé des troupes et pris une attitude menaçante. Alors Ménélik envoya le ras Gobana contre les Galla et partit à marches forcées pour Worra-[ou, tandis que Abba Ouatto descendait dans le Yedjou. Le 28 juin 1876, le roi quitta Worra-[ou, monta du côté de Delanta, puis, descendant par le défilé de Ziet, arriva au Yedjout®). Se fiant à sa chance, il exéeula une marche nocturne en pleine saison des pluies et parvint à surprendre à Calim son rival Abba Ouatto qu'il captura avec toute son acmée. L'imam, chargé de chaînes, fut enfermé dans la forteresse de Enoari et Ménélik confia le gouvernement du Yedjou au dedjaz Oualié. De retour à Worra-Hou, le roi du Choa y passa le Kremt ) ; lors de la fe du Mascal %), il manda près de lui tous les chefs de tribus des Wollo »t leur fit prêter le serment de fidélité 9 ; après quoi 1l conféra le gouvernement de leur pays à l'imam Mohamed Ali (9 et repartit pour Litché, Ce n'est qu’à la fin de l’année 1876 () qu'il revint à Worra-Ilou, d’où il partit pour le Beguemder qu'il envahit, et alla camper près de Debra Tabor, dans l'intention de se vapprocher de la ville de Gondar sur laquelle il avait depuis longtemps 1 son dévolu et dont il voulait s’emparer par un coup de main, afin de s'assurer la suprématie cn Éthiopie ( (), Cette incursion dans le centre de l’Abyssinie, qui allait le mettre en conflit ave Je roi Jean, se produisit malheureusement trop tard pour être d'aucun seCOUTS aux Égyptiens W, Comme l’écrivait Rateb pacha au ie en

1 C'est lui que les documents égyptiens appellent l'imam Ahmed, II était le fils de Oucizero Mèstèouat, à qui les Anglais avaient, à leur départ d’Abyssinie, remis h forteresse de Magdala.

Cf, Chronique du règne de Ménélik IT, par Guebré Sellassié, traduit par M. de Loppet, p. 120, 191. |

“ C'est-à-dire la période d'hivernage s'étendant de juillet à septembre,

* Ou fête de la Croix.

CE, l'ouvrage d’Antonio Crceur, De Zeila aux frontières de Gaffa, n. 169.

* D'après Cecchi, Mohamod Ali était le frère de Abba Ouatto,

# Dans l'intervalle, Ménélik fit une campagne malheureuse contre les Galla de la | dune de Gouragué,

4 Cf, Crccenr 0p- cit, p.a7a 3; Correr, Chronique du règne de Ménélik II, p, 127,198,

” Après avoir séjourné dans le Béguemder, qu’il quitta le lendemain des Rauraux (1877), Ménélik traversa l’Abbaï et alla ravager le Godjam, Certains

janvier 1877, chacun des ras travaillait pour son compte personnel et pou: sa propre gloire; lours efforts décousus ne pouvaient ébranler la puu. sance du négus ; le sirdar se borna dès lors à nouer des intrigues avec son voisin immédiat le ras Areya qui gouvernait la province d'Okulk. Kouzaye.

À Massawa, la situation financière de l’armée laissait fort à désirer. Il était dû aux Chaïghié seize mois de salaire, aux soldats de Senhit ons mois, au 1° bataillon de la maamourieh et aux deux bataillons soudanm neuf mois. Bachi-bouzouks, Chaïghié, Arabes, chamelters du service des transports, guides, tout le monde réclamait de l'argent, Les chameau achelés par le gouvernorat de Souakin pour la somme de 3.500 tullaris n'avaient pas été payés et les propriétaires réclamaient leur dà. Il en état de même des achats de beurre et de doura effectués à Massawa, pour la somme de 13.000 tallaris : n'ayant rien touché, les commerçants se refusaient à faire toute nouvelle fourniture ), Le Khédive décida que les Chnighié recevraient l’arriéré de leur solde à leur arrivée à Khartoum, où il comptait les renvoyer, et que les soldats des deux bataillons soudannis seraient payés à leur arrivée au Gaire. Quant aux soldats du 1°" bataillon de la maamourieh, au personnel des transports et aux guides, ils seraienl réglés à Massawa (#), Leur solde, jointe à celle des artilleurs, des bachibouzouks et des Arabes, s'élevait mensuellement à 515.433 piastres ; il fallait en outre 103.691 piastres chaque mois pour les achats de provisions et autres ; Rateh pacha demanda en conséquence l'envoi de 6o0.oou piastres par mois, sans compter les 16.500 tallaris qui étaient dus ati habitants (4),

historiens, sans donner d'ailleurs de date précise, placent la marche de Ménélik vers Gondar à une époque qui ne concorde pas avec notre exposé (Cf. Dve, op. ait. p. 455; JB, Courmraux, Histoire politique et religieuse d’Abyssinie, t. IL, p. 468: Marreucer, op, cit, p. 199).

M AA. Reg, 45, Arr. Abd., pièce 51, le sirdar à Khaïri pacha, 5 janvier 1877. () AA, Reg. A3, Arr, Abd, pièce 192; Rateb pacha à Khaïri pacha, 1° no vembre 1876, GI AA, Rog. 31, Dép. Abd., pièce 418, Khairi pacha à Rateb pacha, a novembre 6 AA, Reg, 43, Arr, Abd, pièce 146, Rateb pacha à Khairi pidhas 5 novembre

“L'état sanilaire de armée s'était bien amélioré. Depuis vingt jours,

rivail Rateb pacha au Caire au début de novembre, le typhus a disparu à Massawa U). Le 11 novembre, on ne comptait plus à l’hôpital de cette sille que 215 malades, dont 123 Arabes et g2 Soudanais ; 144 d’entre eux étaient d’ailleurs convalescents. La majeure partie des hospitalisés provenait de Baaraza, où la situation n'était pas encore satisfaisante. On y cmplail 154 malades, dont 20 atteints de typhus, et le nombre des malades s’accroissait us jour. Rateb pacha aurait bien voulu supprimer ce poste, mais il s’était abstenu de le faire depuis que le roi Jean avait répandu la nouvelle de la paix avec l° É igypte, afin de ne pas « donner confirmation de ses dires %». Le Khédive lui prescrivit alors de chercher, pour remplacer Baaraza, une localité assez proche, possédant un bon dlimat et pourvue d'eau ; on ne laisserait à Baaraza qu’un petit nombre de soldats et doux ou trois canons, «sous la forme d’un earacol @». Rateb pacha fit explorer la région et, comme on lui signalaït les avantages d’une localité appelée Maritou }, située entre Baaraza et Sabargouma l), il s’y rendit avec le kaïmakam Dulier pour l’examiner, mais il ne trouva pas que l'endroit présentait les avantages requis ; par ailleurs Ghinda “ait trop éloigné et Sabargouma n'avait ni un bon climat ni assez d'eau, Le Khédive prescrivit alors à Rateb pacha d'abandonner purement et simplement Baaraza et de renvoyer en Égypte les soldats arabes et le personnel du service des transports dont il n'aurait plus besoin D,

BA SA., Reg. 43, Arr. Abd., pièce 129, Rateb pacha à Khairi pacha, 8 novembre : À À., Reg. 43, Arr. Abd., pièce 196, Rateh pacha à à Khairi pacha, 13 novembre | . À., Reg. 31, Dép. Abd., pièce 473, Khairi mm. au sirdar, 17 novembre Lu n'avons pu localiser ce point, e al Reg. 43, Arr. Abd, pièce 239, Rateb pacha à Khairi pacha, 1 7 novembre ° : À,, Reg. 43, Arr. Abd, pièce 254, Rateb pacha à Khairi pacha, a 4 novembre ' : À., Reg, 31, Dép. Abd., pièce 507, Khairi pacha à à Rateb pacha, a3 novembre Û “ du règne due Khéd, Ismaïl, t WU, 69

TR

Les Arabes d’Aly Kachef étaient au nombre de 1068, dont 7h setrou. vaient à Senhit U ot 327 à Massawa. L'ordi de Kheireddin agha com pre nait 1056 hommes, et le nombre des Ghaïghié s'élevait à 569 ; le per. sonnel des transports, abstraction faite des chameliers arabes recrutés directement, comprenait 4 17 hommes ct sous-ofliciers et, en outre, +4 youzhachis et moulazim et 62 chameliers venus du Caire. Quant aux am. maux), on comptait 1078 chameaux et 15 mulets robustes aptes am t'ansports ; 304 chameaux, 2 chevaux et 3 mulets fatigués ; 336 chameau, 3 chevaux et 19 mulets blessés 5. Le Khédive donna l'ordre de vendre les animaux fatigués et blessés et de ne conserver, pour les besoins du service, que les bêtes robustes et le personnel-nécessaire pour les soigner. Quant aux gens d’Aly Kachef stationnés à Senhit, il comptait les remplarer , par 4 compagnies de soldats réguliers, afin de ramener tous les Arabes à Massawa, si cette mesure devait s’avérer économique et ne pas nuire à la sécurité (4),

Le 17 novembre, lateh pacha fut avisé que le prince Hassan ayant pris le portefeuille de la Guerre, le Khédive le nommait de nouveau sirdar de l’armée égyptienne 5), Cependant la mission de Gabra Igzabihir, envoseau Caire par le roi Jan, restait toujours enveloppée d’un profond mystère. Débarqué à Suez le 28 août, le délépué abyssin avait été conduit au Caire par un drain spécial (9, Au dire de Chérif pacha, il fut bien aceucilli par le Khédive qui agréa les armes que fean lui envoyait et fit remettre, en retour,

(3 On comptait d'ailleurs parmi eux 74 Turcs,

%® 130 chameaux arrivèrent de Souakin le 15 novembre et Lio Le 15, en lout 562, Sur ce nombre, 219 étaient robustes, 97 blessés, 168 fatigués rt impropres au service, 62 atteints de la gale; le reste était mort en mer (A4. Reg. 43, Arr. Abd, pièce 255, Rateb pacha à Khairi pacha, 21 november 1876).

AA, Reg. 43, Arr, Abd, pièce 83, Rateb pacha à Khaïri pacha, a novembre 18706.

AA, Reg, 31, Dép. Abd, pièee 5 19, Khaïvi pacha à Rateb pacha, +6 novembre 18706, .

PL AA Reg. 43, 4rr, Abd, pièce 238, Rateh me à Khairi pacha, à 7 novembre

“AA, Reg. 41, drr, Abd, pièce a le gouverneur de Suez à Khairi pacha. 28 août 1876.

au délégué des étofles fabriquées au Caire (M, Nous ne connaissons pas les propositions dont l'envoyé était porteur. Selon certains rapports, Gabra Jgzabibir aurait offert au gouvernement égyptien de reconnaître l’annexion des Dogos .par l'Égypte, à condition qu'elle abandonnât Walad Mikaïl au roi Jean, et déclaré que c'était 1à une condition sine qua non de la paix}. Le qui est certain, c’est que les propositions du négus ne plurent pas au Khédive qui se plaignit de ce que le voi Jean ne voulait écouter aucune onverture raisonnable de paix et n’eût même pas remis à son envoyé des lettres de créance en bonne forme #, Le vice-roi témoigna son mécontenlement en tenant l’Abyssin à l'écart. Il lui avait assigné une résidence d'où Gabra Tgzabihir s’aperçut bientôt qu’on ne le laissait pas sortir ; on ne lui permettait pas non plus de recevoir personne. L’envoyé réussit “pendant à gagner un de ses gardiens et à faire parvenir une lettre à l'agent de France, où il lui exposait sa malheureuse situation. « Depuis mon arrivée au Caire, écrivait-il, il s’est passé soixante-quinze jours ; celui qui gouverne au Caire n’a pas reçu le présent que j’apporte avec moi (#). Maintenant je veux de M. le Consul général qu’il me fasse recevoir par celui qui gouverne au Caire et que te dernier prenne le présent que j'ai. le désire retourner dans mon pays, selon l’ordre du Sultan mon maître 5),» M. des Michels (6), informa son collègue d'Angleterre M. Vivian de la sitation, Tous deux agirent auprès de Chérif pacha, «Ce dernier, rapporte

“AE, Corresp. polit., Égypte 58, Pellissier au Ministre des Affaires étrangères, \exandrie, à septembre 1896.

CS, Blue Book, hahg, Further Correspondence respecting the Relations between Egypt and Abyssinia, p. 64, Extract from the Royal Engineer Journal of May 1st, 1880, L'article a été écrit par Watson sur des données fournies par Gordon. Cependant Lordon, dans Blue Book, Ho8s, p. 3e et Lo, déclare que le délégué du négus avait des instructions écrites de céder le Tamacène en retour de l'abandon de Walad Mikaïl ; cette dernière assertion nous paraît très improbable,

# F0, 78 - 2503, Vivian à Lord Derby, le Caire, 20 octobre 1896, Vivian rapporte dans sa dépêche une conversation avee Ghérif pacha. — M, Carbonnel, vice- “onsnl de France à Suez, dit à M, Vivian qu'il pensait que l’envoyé abyssin avait été diment acerédité, mais que les Égyptiens s'étaient emparés de ses papiers.

% S'il en est ainsi, Gabra Igzabihir n'aurait même pas élé reçu par le Khédive,

SALE, Égypte 58, Gabra Igzabihir au consul de France, 7 novembre 1876.

© M, des Michels était agent et consul général de France on Égypte.

l'agent de France, s'est appliqué à établir que l’envoyé du roi Jean “tai

trailé avec de grands égards, H n'a pu cependant nier qu'on Pavaitan.

Lerné dans un palais d’où il ne lui était pas permis de sortir. Sur mes ob.

servations, il a ajouté que les préoccupations financières des derniers jours

avaient seules empêché le vice-roi de recevoir l’envoyé abyssinien, mai.

que sous très peu de jours Gabra Igzabihir serait admis à offrir ses présents

à Son Altesse et libre de repartir pour son pays M.» Le 29 novembre

1876, le sirdar écrivit de Massawa pour suggérer que si le délégué du roi

demandait à | "Égypte l'envoi d’un abouna, on trafnât la réponse en lou

gueur, car, disait-il, «le roi d'Abyssinie ne peul être considéré comme

tel que s'il a chez lui un évêque égyptien. Tant que cet évêque est absent, la souveraineté du roi d’Abyssinie n'existe pas fo. Cinq jours plus tard, le Khédive ordonna au sirdar de différer l’évacuation du poste de Baarars et de conserver à Massawa tous les soldats qui s’y trouvaient, jusqu'au

retour en Abyssinie du délégué du roi). Finalement, le g décembre, Penvoyé abyssin se mit en route pour Massawa, emportant pour son maitre une lettre du vice-roi qui était ainsi rédigée :

« J'ai été très heureux de recevoir votre lettre qui m ’annoncail que vous étiez en bone santé et me faisait part de votre amitié, J'espère, avec l’aide de Dieu,.que vos lettres montreront toujours le maintien de ces liens d'amitié, Nous avons reçu votre cadeau avec beaucoup de satisfaction, Votre délégué retourne de nouveau auprès de vous et, avee Pate de Dieu, il y arrivera sain et sauf, Nous espérons que vous prendrez loujours soin de cette amitié. Que Dieu vous garde (),»

Ce court billet ne faisait pas la moindre allusion à la paix. Ge n'est point que le Khédive ne la désirât, mais il ne pouvait se résigner à acerpter les conditions du négus. M. Vivian lui suggéra alors d'envoyer un ofli-

U AE, Égypte 58, des Michels au Ministre des Affaires étrangères, 2 a novembre 1876. M, Vivian, de son côté, rendit compte de sa démarche dans une dépéehr à lord Derby en date du » décembre 1876 (ef. F,0. 78 - s5oû),

AA, Reg, 43, Arr, dbd., pièce 269, Rateb pacha à Khairi pacha, 2 a novembre

PU AA., Reg, 31, Dép. Abd., pièce 523, O.S. au sirdar, 27 novembre 1870.

AA. Reg. 10, Ordres supérieurs, pitec 315, P- 121, le Khédive au roi Jean, { léeembre 1876,

Fe LA FIN DE L'EXPÉDITION. 1093 RP ir SR cer européen pour trailer avec le roi Jean et d'accorder à ce dernier un débouché sur la mer. Le vice-roi répondit qu'il était prêt à donner toutes des facilités possibles au commerce abyssin qui emprunterait les ports égypüens, mais qu'il ne pouvait abandonner son contrôle sur aucun de ses ports, tout au moins pour le moment ; il ajouta que son intention était d'envoyer le colonel Gordon en Abyssinie, dès qu’il reviendrait d'Angleterre (D,

Îl ne restait plus qu’à licencier les dernières troupes du corps expédilionnaire. Le 17 décembre 1876, le sivdar reçut l’ordre de renvoyer en Égypte les soldats arabes @. Le 1°° janvier 1877, le Khédive preserivit à Match pacha d'évacuer le poste de Baaraza 6) ct, le sirdar s’élant déclaré malade, il l’autorisa à revenir en Égypte après avoir remis le commandement des troupes à Osman Rifki pacha (, Le 4 janvier, Le vapeur Nepuileh quilla Massawa avec 560 soldats Chaïghié renvoyés à Souakin, d'où ils devätent être acheminés sur Khartoum 6). Le 13 janvier, arriva à Suez le Dessouk remorquant la corvette n° 6; les deux bâtiments ramenaient 1060 soldats de l’ordi de Kheireddin agha et 339 fantassins soudanais et artillours (9. Rateb pacha s’embarqua sur le Meguileh le 14 janvier

10, 78 - 2504, G. Vivian à lord Derby, 26 décembre 1876. AA, Reg, 31, Dép. Abd, pièce 6 18, Khairi pacha à Rateb pacha, 17 décembre

"AA, Rog. 31, Dép. Abd, pièce 670, Khairi pacha au sirdar, 1° janvier 1897:

AA, Reg. 31, Dép. Abd., pièce 669, Khairi pacha au sirdar, 1°° janvier 1877:

AA. Reg. 45, Arr, Abd, pièce 47, Niazi pacha à Khairi pacha, 4 janvier 1877 ; Meg, 31, Dép. Abd., pièce 672, Khairi pacha au gouverneur de Souakin, 1° janvier 1877. 200 soldats Chaïghié appartenant à l'ordi du sersawari l'ah agha étant, sur res entrefaites, arrivés au Taka, avec mission de se rendre à Senhit, le vice-roi presrivil de les renvoyer à Khartoum (A.A., Reg. 45, Arr. Abd., pièce 5, Alaeddin bey à Kairi pacha, 8 janvier 1897 ; Reg. 3», Dép. Abd., pièce 9, Khairi pacha à Alaeddin bey, 7 janvier 1877). Sur la proposition d’Alaeddin bey, le Khédive donna à «elte époque l'ordre au hokoumdar du Soudan d'envoyer + compagnies de renfort à Gallabat (AA, Reg. 31, Dép. Abd., pièce 646, Khairi po au sirdar, 24 dérembre 1876),

AA, Rog. 45, Arr. Abd, sie 79, le gouverneur de Bios À à Khairi pacha,

13 janvier 1877,

1877 (1! avec Soliman Niazi pacha ot 400 soldats du 1° bataillon de | maamourieh, laissant derrière lui un’ millier d’hommes pour la défens de Massawa (, Il arriva à Suez le 20 janvier 1877 et gagna le Cuire | lendemain 6, | : .

Ainsi finit la guerre d’Abyssinie qui coûta des sommes énormes à l'} gyple sans profit, Conduite avec des eflectifs puissants, elle échoua su le plan militaire par suite de l’impéritie de Rateb pacha; les long négociations qui suivirent avortèrent en raison des prétentions excessh: de l'Égypte qui sortit de À avec un prestige amoindri, un ennemi ire, conciliable sur fes bras duns la personne du roi Sean et un boulet au pie dans cclle de Walad Mikaïl. |

(AA. Rey, 45, drr. Abd, pièce 89, le commandant des troupes à Massan à Khairi pacha, 14 janvier 1877. |

® ÀLE., Corresp. polit., Massawa, LI, Garbounel au Ministre des Affaires étra: gères, 12 janvier 1877. | Deer

9 AA., Roy, 45, Arr, Abd, pièces 113, 12, le gouverneur de Suez à Khai pacha 20 et 91 janvier 18797 ; pièce 1%1, le sirdar à Khairi pacha, 9 t janvier 83: cf. le Moniteur égyptien du 23 janvier 1877. :

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