LA RÉVOLTE DES CHILLOUK
© méritent la peine de mort pour qu’on s’en débarrasse et afin de servir d'exemple à ses semblables 1,5 Le Khédive ordonna sa crucifixion l?,
Le calme ne se rétablit pas pour cela dans le pays des Ghillouk, où les descendants de Pancien mek Katkir ne cessaient d'entretenir l'agitation #), En octobre 1875, lés indigènes se soulevèrent et marchèrent sur la ville de Kaka. Yousouf hey, moudir du Fleuve Blanc, se porta aussitôt à leur rencontre et leur livra un combat au cours duquel il fut tué ; la garnison et la population égyptienne de Kaka, menacées de destruction, ne furent sauvées que grâce à l'intervention énergique de Gessi ). Dans une autre : localité de la moudirieh, dix-huit soldats furent également tués. Khaled . pacha s’empressa d'envoyer au Fleuve Blanc trois compagnies et un canon
de montagne, commandées par le kaïmakum du bataillon de Khartoum, rt demanda au Caire l’envoi au Soudan de 4 compagnies, voire même d'un bataillon de renfort, pour faire face à la situation ®l, Le Khédive répondit à Khaled pacha qu'il lui enverrait 4oo soldats sakbanes, dont 150 se trouvaient actuellement à Sinkat (6), et ui enjoignit de faire partir d'urgence les chameaux nécessaires à leur transport jusqu’à Khartoum ; il l’engagea en outre à recruter 4oo soldats Chaïghié, à qui la hokoumdaria fournirait les armes nécessaires (), Quant à envoyer un bataillon de troupes’ régulières du Gaire, le vice-roi y voyait des inconvénients : le déplacement de ces troupes coûtait fort cher, les soldats venus d'Égypte ne supportaient pas le climat du Soudan et, de plus, il faudrait les “remplacer en Égypte même par des hommes adonnés aux travaux de l'agriculture qui en souffrirait. Aussi limita-t-1l l'envoi de renforts à deux
M AA, Rog. 24, Arr. Abd., pièce 299, Ayoub pacha à Khairi pacha, 18 mai 1874.
FA AÀ,, Reg. 18, Dép, Abd., pièce 106, O.S. au hokoumdar du Soudan, 20 mai 1874,
BE CL, supra, p. 199,
CF, supra, p. 260 ct suiv.
FA, À., Reg. 33, Arr. Abd., piècos 529, 580, Khaled pacha à Khairi pacha, 24, 31 octobre 1875. |
Le gouverneur de Souakin reçut effectivement le 3 1 octobre 1875, l'ordre do faire partir d'urgence pour Khartoum les 1 5o soldats sakbanos de l'ordi de Ragab ayha qui se trouvaient à Sinkat (A. À., Reg, 25, Dép. Abd, pièce 265, Khairi pacha au gouverneur de Souakin, 31 octobre 1875).
M A,A., Reg. 25, Dép, Abd., pièce 268, 0.5. à Khaled pacha, 1” novembre 1895,
compagnies régulières, en précisant que ces unités, ainsi que les sakban … devraient être affectées à la garde de La hokoumdaria. Pour lutter cout les Chillouk, Khaled pacha pourrait lever 1000 ou 2000 hommes 4 troupes, et même davantage au besoin, parmi les Chaïghié, les Danayga *, les Gini’ab ®} et les bahara 5), former ces hommes en ordis analoqnus à ceux des bachi-bouzouks, les armer de fusils à capsule d’un vieux modéle, ar ils n'auraient à combattre que des rebelles armés de lances, et loue donner un ou deux canons avec les artilleurs et les munitions voulus ». Le Khédive désirait en outre que le kaïmakam envoyé de Khartoum à Fachoda fut un «homme fort, courageux et bon militaire», afin d’infligre aux rebelles « de fortes pertes».
Khaled pacha procéda avec prudence. Après avoir tué le moudir à Kaka. les rebelles s'étaient réunis pour attaquer Fachoda même, le chef-lieu dl la moudirieh. Soldats et habitants se portèrent alors à leur rencontre leur livrèrent combat en dehors de la ville ; les rebelles furent repousse et se dispersèrent. Mais la situation demeurait dangereuse ; il fallait s'attendre à un retour oflensif des insurgés. Aussi Khaled pacha rECOMNe da-tl au kaïmakam de s'installer tout d’abord à Fachoda et d’en assurer la défense. Avec le nonbre restreint de soldats dont il disposait, cet ollirier ne pouvait d’ailleurs songer à s’aventurer dans l’intérieur du pays tant que subsisteraient les hautes herbes dans lesquelles les Ghillouk se dissimulient ; dans un mois, l’herbe serait sèche ; on pourrait alors la brûler ct commencer les opérations actives, L’officier qui commandait les troupes, appartenait à l’armée régulière et connaissait la tactique militaire ; toute. fois, il n’était guère familier avec la région où il allait se battre, et 1gnorail les us et coutumes des Chillouk, Aussi Khaled pacha proposa-t-1l de faire appel, pour mater la révolte, à l’ancien moudir du Fleuve Blanc Aly bes
(Y Habitants du Dongola.
® Tribu qui, avec celles des Gamu‘ia et des Gema‘ab, habite la rive gaurhe du Nil Blane, depuis un point situé à 30 ou 40 milles au sud d'Omdurman jusqu'au voisinage de la cataracte de Shabluka au nord (cf, IT. A. Macwiemaus, À History of the Arabs in the Sudan, L. T, p. 221).
Habitants des fleuves.
(A, À., Reg, a5, Dép. Abd., pièee 2938, O. $. à Khaled pacha, 5 novembre 1875,