‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 85 sur 176 · LA RÉVOLTE DES GHILLOUK · texte numérisé non relu

LA RÉVOLTE DES GHILLOUK

el-hurdi. Destitué de son poste par Momiaz-pacha (D, ce fonctionnane se irmuvait depuis lors en disgrâce, attendant le jugement du Meglis el- Ahkam qui devait statuer sur ses abus d'autorité . « Aly bey el-Kurdi, «-moudi de cette moudirieh, écrivit Khaled pacha au Caire, a présidé à son développement ; il a nne connaissance parfaite de ces régions et des coutumes de ses habitants qui le craignent plus que toute autre personne pour son énergie et sa bravoure, Il a déployé un grand zèle en vue de la prospérité financière de cette moudirieh et a été licencié à la suite des aceusations formulées contre lui par certains habitants bahara et par des repris de Justice, Gette moudirieh a besoin d'être conduite avec fermeté. Les procès intentés à l’ex-moudir sont en majeure partie terminés ct aueune culpabilité n’a pu être prouvée à son encontre. Îl reste quatre procès, L’instruction menée jusqu'ici n’a révélé aucune culpabilité 5), ILest à espérer que s’il est réintégré dans ses fonctions, l'administration de cette moudirieh sera bien organisée et les actes de rébellion de ses habitants étouffés 1,» Esmaïl Ayoub pacha, qui se trouvait à Facher, appuya la demande de Khaled pacha, et mtine, comme il n'existait à Khartoum, écrivit-il, « aucune personne dont nous puissions espérer qu'elle soil à même de gouverner avec autorité ces habitants et de les obliger à se soumettre immédiatement», il prescrivit à Khaled: pacha de réintégrer Aly bey el-Kurdi comme moudir de Fachoda F5}, mesure que le Khédive approuva de son côté (6,

Conformément aux ordres venus du Caire, Khaled pacha recruta des Chaïghié et des bahara. Au début de décembre 1874, 300 soldats irréguliers, bien encadrés, étaient déjà partis pour Fachoda, et 300 autres sur

Cf, t, IIT, 9° partie, p. 561.

A7 CF. supra, p. 1.

Fi Dans unautre document, du 7 novembre 1876, Khaled pacha dit qu'un seul des procès qui lui ont été intentés est fondé (A. À., Reg. 34, Arr, Abd., pièce 17, Khaled pacha à Khairi pacha, 7 novembre 1875).

WA, A., Reg, 33, Arr. Abd., pièce 609, Khaled pacha à Khairi Re: 4 novembro 1875.

% A À, Reg. 34, Arr, Abd., pièce 44, Ayoub pacha au secrétaire du Khédive, 10 novembre 1875,

A, À., Reg, 25, Dép. Abd., pièces 317 et 37, O, S, à Khaled pacha, 9 ot 11 novembre 1875,

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le point de Les suivre (D, Khaled pacha était convaineu de la nécexit. d'agir vite pour empêcher la révolte de s étendre, À son arrivée à F achoda, Aly bey el-Kurdi conscilla aux Ghillouk de se soumettre. Sur leur refus, il entra en campagne, avec 6oo soldats réguliers, deux ordis de C habhie st A canons. Dans une première rencontre, qui ne coûta que trois blesse. légers aux Égyptiens, les Chillouk eurent 300 hommes tués, un plu. grand nombre de blessés, et perdirent également me vingtaine d'enfant, de leurs molouk et de leurs cheikhs. Un second eombat leur coûta 400 Luës, sans compter ceux qui périrent dans là brousse et les blessés, alors que les pertes des Lg pliens s’élevaient à 10 soldats réguliers et deu interprètes légèrement blessés. Lors d’une troisième rencontre, Les Chil. louk perdirent 500 hommes contre quatre blessés parmi les régulier. . égyptiens. Au cours de ces combats, les rebelles avaient opposé aux trou, rouvernementales une force de 8000 hommes environ. Ils tentèrent alors une opération désespérée et réunirent, au nord et au sud de Fachoda, une force de 30.000 hommes, dont 2000 armés de fusils, pour attaquer le chef-lieu de la moudirieh. Aly bey laissa à Fachoda une garnison sul sante et, à la tête de 700 réguliers et Chaïghié soutenus par 4 canons: il se porta à la rencontre des Chüllouk, Un khor très profond séparait les : deux armées, Le moudir fit établir un pont de bateaux, et, après avoir vainement parlementé avec les insurgés par le canal des interprètes, il se porta à l’attaque, tua un millier d'hommes environ et dispersa le reste : huit soldats égyptiens seulement furent blessés par les balles ennemies. Les Chillouk, vaincus, s’enfuirent dans les forêts et dans la brousse, et les interprètes retenus par eux recouvrèrent leur liberté, Les grosses pertes infligées aux Chillouk résultaient de l'emploi de fusils Remington. Aly bey en avait demandé 200, mais la hokoumdaria n'avait pu lui en livrer que 80, tant l’arsenal se trouvait démuni. Khaled pacha demanda alors au Caire de lui en envoyer un millier qu'il garderait en dépôt, pour les utiliser dans des campagnes similaires F),

Après avoir vaineu les rebelles autour de Fachoda, Aly bey se porta à

U A, À, Reg, 34, 4rr, Abd., pièce h35, Khaled pacha à Khairi pacha, 5 dé-

cembre 1875, EM A. A., Reg. 36, Arr. Abd, pièce 310, Khaled pacha à Khairi pacha, 18 janvier 1876,

LA RÉVOLEE DES CHILLOUK, 1135

TE A + EE EE EE EE EE Kaka, sur les dieux où Yousouf bey avait été tué, I avait avec fui un millier de soldats réguliers et irréguliers, ainsi que 4 canons. Les Ghiflouk

ae résistèrent pas à son attaque vigoureuse ; ils prirentla fuite, en laissant eutre lés mains du vainqueur le canon qu’ils avaient capturé jadis, des . munitions, 57 fusils, une grande quantité de matériel et des objets ayant appartenu aux soldats égyptiens Lués, Le moudix établit alors ane station à l'extrémité du khatt (0 de Kaka, où il plaça deux canons et une garnison suflisante pour tenir en respect les rebelles et les empêcher d'attaquer les passants (1, * La nouvelle de ces succès causa un vif plaisir au Khédive, qui ordonna à Aly bey de poursuivre vigoureusement Îes insurgés jusqu'à leur soumission complète 5), Le dernier acte de la tragédie ent lieu au début d'avril 1876. Après leurs défaites, les Chillouk s'étaient regroupés dans les khatt d’Akolia et d’Ambai, où ils comptaient livrer une lutte à mort” aux Égyptiens. Le moudir releva le défi. Manœuvrant à la fois par terre et par eau, il attaqua vigoureusement les rebelles, tua un grand nombre de Chiouk et de chefs, ‘ainsi que des enfants de meks et de cheikhs, et caplura un certain nombre d’entre eux avec leur bétail. Le reste des rebelles se dispersa. En voyant la force déployée contre eux, les meks, les cheikhs et les omdehs prirent peur et décidèrent de demander l’aman, Celui-ci leur ayant été accordé, ils vinrent le lendemain, par groupes, fire leur soumission. Tout le pays depuis l'extrémité du kism situé au sul de Fachoda jusqu’à la limite du kism limitrophe de Kaka au nord ff), se rouva pacifié ; les chefs s’engagèrent à livrer à l'autorité les mauvaises têtes et à faire prospérer leur pays. En apprenant cette nouvelle, les habilints du khatt de Kaka demandèrent à leur tour l’aman. Il ne restait plus qu'à poursuivre les rebelles qui s'étaient enfuis dans les régions sud, pour les obliger à se soumettre F), La révolte était vaineue. Des négociations s'ouvrirent entre le moudir, les meks, les cheikhs et les omdehs sur

M Le sens du mot khat, qui, en général, signifie ligne, n'est pas clair ici,

OÙ A.A,, Reg. 37, Arr. Abd., pièce 3 1 4, Khaled pacha à Khairi pacha, 4 mars 1876,

FA, A., Reg. 27, Dép. Abd., pièce 45e, O.S. à Khaled pacha, 7 mars 1876.

Khaled pacha précise que ce pays s'étend sur une distance de deux jours et fraction de marche.

% À, À, Rog.39,4rr, Abd., pièce 1 85, Khaled pacha à Khairi pacha, 1 1 avril 1896,

les mesures à prendre pour la réorganisation du pays; Le paiement d. l'impôt et le retour des fngitifs (1), |

Fachoda, on le sait, avait longtemps servi de LEn de déportation au exilés politiques ainsi qu'aux criminels condamnés aux travaux lorre. Depuis l'ouverture d’un service fluvial régulier entre Khartoum et Fache. da, il était devenu plus facile aux exilés de s’enfuir. On ne pouvait eepen. dant, pour assurer leur surveillance, les joindre aux condamnés aux tra. vaux loreés, car il aurait fallu un grand nombre de soldats pour les gardr+ et la moitié du bataillon qui se trouvait dans celle région n°y aurait pent. être pas sufhi. Ismaïl Ayoub pacha suggéra alors de les envoyer à Gondu. koro, d’où l'évasion serait moins facile, et où les exilés pourraient re employés à l’agriculture, Ceux qui feraient preuve de bonne conduite seraient ensuite enrôlés dans l’armée ®1, À la fin du mois d’aoûl 1856, le voyageur Junker passa à Fachoda. Il y fut reçu cordialement: par le gouverneur Aly bey el-Kurdi ; mais les résidents grecs s’exprimèrent en termes fort péjoratifs sur le compte de ce dernier (), La traite était ans active que jamais et s’exerçail sous les yeux mêmes des fonctionnaire égyptiens. Par la suite, on rapporta à Junker qu’une bande d’ese les “avait quitté Fachoda pour Kawa le 6 septembre, après que le moudir ent levé une taxe de deux tallaris par tête à titre de droit de transit (9, Autour de la nouvelle station militaire de Kaka, les indigènes avaient repris la culture des céréales, Le colonel américain Mason, qui passa en ce lieu ani mois d'août 1877, note la présence d’un certain nombre d’Arabes Bay gara, venus du sud du Dar Tagali, pour acheter du doura qui, dit-il, est en grande demande , Avec la pacification du pays, la sécurité était reve. nue parmi les habitants, et le commerce, on le voit, prospérait de nouveau

‘dans le pays des Chillouk,

() AA, Reg. 39, 4rr. Abd., pièce 258, Khaled pacha à Khairi pacha, 2 9 avril 1 856.

(M A, A., Reg. 1875, Arr. Maïa Santeh, pièce 18, p. 84, le gouverneur du Soudan à la Maïa, 9 avril 1874. En réponse, le Khédive demanda à Ayoub pacha de le renseigner sur le chiflre exact des criminels d'une part et des déportés de l'autre (A, À., Reg, 18, Dép. Abd., Khairi pacha à Ayoub pacha, 6 mai 1874).

@ Cf: Junken, op. cite, L, L, p. ata,

(CE. Junxen, op. cit, t, TL, p. 234, 995,

® CF, HN TeS yage au lac Albert, en polycopic à Ja bibliothèque du palais d'Abdinr,

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