‹ Histoire du RoussillonChapitre 100 sur 241 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Don Philippe rendait un service signalé au Roi et au pays , se laissant entraîner par quelques factieux , comme il n^arrive que trop souvent aux peuples, ne voulaient plus de ce prince pour tuteur de leur Roi. Us s'étaient emparés de cet enfant , lui avaient nommé des officiers , un gouverneur ; et , pour donner une apparence de légalité à un mouvement séditieux, ils avaient fait exclure Don Philippe de la tutelle, par un arrêt du juge de la Yiguérie, Guillaume Saquéti, faisant ainsi décider , par un tribunal subalterne , une question qui intéressait tout le royaume. Ils chercbèrent k se faire des alliés pour résister au Régent. On trouve un acte daté du château de Perpignan, le li des calendes de juin 1325, dressé par le Notaire du Roi de Majorque, en présence de deux chevaliers et de deux bourgeois, dans lequel le Conte de Foix s'engage à soutenir le jeune Roi envers et contre tous y excepté le Roi de France ; et Jacques , }k son tour, s'oblige k lui payer, par jour, sept sols six deniers pour chaque chevalier, et seize deniers pour chaqjue écuyer (dimUem) fournis par le Comte. La monnaie stipulée est cdle de Barcelone , dont soixante-cinq sols font un marc du poids de Perpignan. Philippe ne pouvant venir à bout de réprimer cette révolte, eut recours à l'Infant Don Alphonse , et fit saisir et vendre h Majorque les marchandises qui s'y trouvaient appartenant k des Perpignanais. Cependant Otto de Moncade, commandant l'avant-garde aragmiaise , partit de Figuères et arriva le lendemain devant le eh&teau de Perpignan. Les portes en étaient fermées , et les remparts garnis de soldats. Deux chevaliers, Pierre de Belcastel et Guillaume de Cerfonts , sortirent pour conférer avec Don Philippe; et, après divers pourparlers^ on consentit k le recevoir comme tuleur du Roi. Don Alphonse n'entra dans la ville que le 3 janvier

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1326 : sa présence contribua fort ii y rétablir Tordre et la paix.

Les historiens français rendent compte de ces événements d'une manière difTérente : ils prétendent que le Comte de Foix et quelques autres Seigneurs , ayant fait un complot pour ôter la tutelle à l'Infant Don Philippe , Charles IV^ roi de France, l'avait- maintenu. Comme Charles n'avait aucun titre pour s'ingérer dans les affaires du Royaume de Majorque, nous avons préféré suivre Zurita , mieux instruit de notre histoire , et dont le récit s'accorde avec les documents contenus dans nos archives. Il est possible seulement que l'autorité et les conseils du Roi de France , aient contribué a détacher du parti opposé au Régent, le Comte de Foix, bien certainement l'un des principaux auteurs de ces troubles , et celui dont l'appui avait donné le plus d'audace aux factieux.

Nous trouvons dans le Cartulaire roussillonnais , phn sieurs chartes qui jettent du jour sur les événements de cette époque. D'après un acte passé au château de Per-* 4326. pignan , le 5 des ides d'août 152&, entre le roi Jacques II de Majorque , assisté par son tuteur Philippe d'une part, et les Consuls de Perpignan de l'autre, il parait que ceux en fonction au moment de la révolte, avaient fait des réquisitions d'ai^ent et de blé ; que le Roi , son oncle, le vicomte Pierre de Fenouillet et ses vassaux, ainsi qu'Adhémar de Mosset, et des habitants de Puycerda et de la Cerdagne , dévoués au gouvernement , avaient éprouvé des pertes dues a ces mouvements insurrectionnels. Pour indemniser tout le monde, ainsi que les habitants de Perpignan dont le tuteur avait fait saisir les marchandises k Majorque, on convint que le produit des aides de cette ville , pendant cinq à six ans , serait déposé à la banque; qu'on agirait de même pour le pro-

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