CHAPITRE DIXIÈMB. 2f
l'année précédente, et ce dernier ne figure plus dans aucune charte postérieure. Ne devons-nous pas en conclure que Jacques Ait déclaré majeur aussitôt qu'il eut accompli sa quatorzième année? Quatit à son oncle PhiliM)e , il parait qu'aussitôt api^ s'être débarrassé de la tutelle^ non content de renoncer isiux atfaires temporelles, il abdiqua les dignités ecclésiastiques pour se faire Corde^ lier. En effets on le Yoit peu après défendre, avec chaleur, contre le pape Jean XXII , les opinions les plus exagérées sur l'observutioR stricte et littérale de la Règle de Stàni^ François.
Le Roi de Majorque atait d'abord assigné pour apanage a son frère Ferdinand, trois mille litres barcelonaises de rente. Pour en tenir lieu, il lui donna, par une charte, datée de Perpignan, le 39 mai 4830, les Vicomtes d'Omêlas et de €arlàt, et sa vie durant, le château de Froli-^ tignan et une partie du domaine de Montpellier. Entre plusieurs conditions imposées au donataire , il l'obligeait à lui prêter foi et hommage pour toutes ces terres. Fer^ dinuiid étant fort jeune ayait , pour se soustraire k Vof^ pression d'un gouverneur qu'il ne pouvait souffrir, hk vœu d'embrasser la R^le de Saint-François. Le Pape le releva de ce vœu indiscret, le 21 août 1336, et il se maria peu de temps après avec Esquive , fille de Hugues fV, roi de Chypre. Il mourut sans postérité, avant la fin de 1343, comme on peut le conclure d'une quittance faite cette année aux Consuls de Frontignan par le receveur des droits royaux, d'une somme de cinquante livres, due jadis à Ferdinand, frère du Roi. En 1S30, les galères de Majorque se joignirent k celles d'ÂlpIionse pour continuer la guerre de Sardaiglie. L'année Suivante, Jacques se rendit k la cour du Roi de France, et lui prêta foi et hommage le 28 avril : il assista peu après aux Certes tenues à Barcelone.
212 HISTOIRE DU BOUSSILLON.
Dans une charte datée des calendes de juillet 1338, il défend à sont Lieutenaut dans les Comtés de Roussillon et de Cerdagne, de pennettre qu'on applique à la ques«> tioB aucun prévenu de crimes, autrement que dans les cas autorisés par la loi« Son beau-père Alphonse, avec qui il vécut dans la plus parfaite intelligence , mourut en janvier 1336. Sa femme Constance accoucha, à Perpignan, le 24 août suivant, d'un prince, nommé Jacqoes, comme son père. Le 27 juin 1339, le Roi de Majorque, ayant appris que ses officiers avaient reçu en paiement de ce qui lui était dû des pièces d'or k un taux inférieur k leur valeur réelle, leur ordonna de restituer ce qu'ils avaient reçu de trop.
Pierre IV, dit le Cérémonieux, avait succédé k son père Alphonse. Après avoir fait sa paix avec la reine Éléonore, sa belle-mère, il somma Jacques de Hayorque de venir loi prêter foi et hommage. Celui-ci lui fit demander un délai , d'abord par Aymar de Mosset, ensuite par Pierre-Raymond de Codalet, qui. ne réussirent ni l'un ni l'autre. Le Roi d'Aragon étant venu k Rarcelone, son oncle , l'Infant Don Pedro, fit une visite au Roi de Majorque, k Perpignan , et le décida k aller prêter l'hommage demandé : il y fut^ en 4559. effet, et la cérémonie eut lieu le 17 juillet 1339, dans la chapelle du palais, en présence de son frère Ferdinand, de l'Évêque d'Ëlne *, de Pierre de Fenouillet, vicomte d'Ille, de Jean de So, vicomte d'Ëvol, de Bernard de So, etc.
1 Cet Évëque était Gui de Terrena , connu sons le nom de Gni de Perpignan. Né vers la fin du XIII* siècle , il fit ses études et reçnt ses grades i l'UniTersité de Paris. Entré dans l'Ordre des Cannes , il en devint général en i3i8. Nommé Évèqve de If^orqne eo 1338 , il passa à l'Êvèché d'Elue en 1333; fut promu Patriarche de Jérusalem , et mourut, 4 Avignon, 1^ 15 juin 1353. Enterré dans l'église du couvent de son Ordre, à Perpignan, on y voyait son épitaphe en 1780. 11 avait écrit sur la théologie . la philosophie , la morale , la physique et le droit. Les Manuscrits de quelques-uns de ses ouvrages, sont déposés au Vatican et à U Bibliothèque du Uoi. U doit sa célébrité cl le surnom de Malleu^ hœretimrwn , à un livre intitulé ScfMM des HérUU*, qui a pour objet leur réfutation.