CHAPITRE DIXitel
Gilabeit de Centellas et Bérenger de VQlarasa , se rendirent, k cet eflet, dans le Gonflent; Bérenger de RoeMefara, alla h Puycerda ; Bernard Fabre, dans la Sakoupie, et Raymond de Rwsec, dans le Capeir. Foraa-Real, Salses, Tantavel, Qpol, Corsavi, reçurent des gàhûsons; les cMteaux de Gnel et de SainU^-llarie , Inrent rendus au Vicomte de Canet. Le 2S juillet, Pierre fit publier dans régKse Saint«Jean de Perpignan, l'acte de réunion des ConMés de Roussillon et de Cerdagne à la covronne d'Aragon , et le lit signer et jurer par les Consuls, les Barons et les Chevaliers qui ne l'avaient pas encore fiût. Plusieurs gentîMiommes refusèrent de prêter serment; de ce nombre furent : Don Jean de So, vicomte d'Évol, Pierre>-Baymond de Codalet, GuUlaume Roch, N. de ViHanova, Dalmau et GuHlaume du Bolo, Raymond de Vilamau, Monet, Zuya, Arnaud de Lordat, Raymond de Pallerds, Arnaud de Pierrepertuse, Roger de Révenac, Rehelm de Vemet, François de Uupia, Bernard-Guillaume de Téren, François d'Oms. Pierre de Mora, êlc. Le Roi leur accocda un dâai pour le prêter, et prononça, s'ils le refusaient, la confiscation de leurs biens. Jacques, ëtaèli k Thuir, avec la permission de son beau-firère, attendait ses ordres pour savoir où il fixerait sa résidence. Manrésa loi fut d'abord assigné ; mais, dans une entrevue qu'il eut avec Pierre, à une demi<»lieue de P^ignan , il obtint la permission de résider h Berga et de voyager armé. Il ne reçut que des r^onses peu satisfaisantes à toutes ses autres demwdes dans cette conférence, durant laquelle les deux R<ms restèrent toujours k cheval. Parti pour Berga le 6 août, Jacques fat remplacé le 25, k Tlrair, par le Roi d'Aragon. Ce prince partit bientAt pour VHlefranche, dans l'intention d'y ehfttier quelques habitants, qui , en haine de la révolution 4>pérée, avaient tué l'un des Syndics de Puycerda, se rendant k Perpignan pour y prêter
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le serment exigé. Après avoir rempli son objet, et coBvoqué, pour le 29 septembre, une assemblée des Etats de Catalogne k Lérida, Pierre se rendit k Puyeerda le 3i août ; mais il en partit à la h&te, le 4 septembre, à cause du firoid survenu tout-à-coup^ et surtout de la neige qui, tombant en abondance, menaçait d'intercepter les. communications. Il dirigea sa route par Saint- André , évitant le Roi de Majorque , qui venait de Montserrat, pour avoir une entrevue avec lui. Ce prince infortuné, malgré la conduite peu rassuraate de son beau-firère, se flattait toujours de conserver une partie de ses États. Les décisions de l'assemblée, qui, convoquée à Lérida, se tint à Barcelone, dissipèrent son illusion. On v détermina la réunion irrévocable du Royaume de Majorque à celui d'Aragon; on accorda à Jacques en dédommagement une pension de dix mille livres , jusqu'à ce qu'on p&t lui donner une seigneurie de même valeur, et on lui abandonna, sans exiger aucun signe de dépendance féodale^. Montpellier et les Vicomtes de Cariât et d'Omélas. On exigea que, pour jouir de cette misérable indemnité , il renonçât an titre de Roi et aux États dont on le dépouillait. Cet acte oppressif lui fut signifié à Badalona, où il résidait alors. Surpris et indigné, il protesta d'abord contre une décision si inattendue; demanda ensuite du temps pour y réfléchir, et bientôt, ne se croyant point en sûreté a Badalona, il se retira à Saint- Vincent, envoyant au Roi d'Aragon, Raymond de Riusec, son vice^hancelier, Bertrand de Rocafixa et Ponce Calça, membres de son conseil, pour lui faire des représentations sur l'injustice et l'inhumanité de ces décisions; lui dire que l'honneur ne lui permettait pas de renoncer à la dignité royale; qu'on prétendait lui donner des terres dont il jouissait légitimement; qu'on refusait de l'entendre dans sa justification, et que, d'ailleurs, il ne s'était livré au Roi d'Aragon, que sur la promesse faite par Don
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Pedro de Exérica qu'on se conduirait k son égard de ma-« nière k ne pas le mécontenter. Don Pedro, au contraire, soutenait ne s'être mêlé de cette affaire qu'à la prière du Roi de Majorque, et n'avoir rien promis. Ces assertions opposées entraînèrent, suivant l'usage de ce temps, des démentis, des défis, et même, dans une conférence. Don ^érenger d'Oma feillit en venir aux mains avec les envoyés du Roi d'Aragon : il n'y eut pas cependant de combat. Jacques, ne comptant pas assez sur la loyauté de Pierre pour permettre aux siens de l'accepter, se retira à MartorelK et ne tarda point à quitter cette ville, avec tout son monde, pour se rendre en Cerdagne, où l'appelaient ses partisan», qui lui livrèrent Puycerda; mais it neput pousser {rfus loin ses avantages. Outire les places dont nous avons [larlé, Pierre occupait par des garnisons LUvia, Bellver, La Roca, Castelnou « et en général tontes les forteresses des deux Comtés. O'aîUeurs, ses dispositions étaient si bien.entendues, et il prit des mesures si promptes, qu'étant sorti de Pnyeerda pour surprendre Villefranche, Jacques échoua: dans son projet; et^ trouvant, k son retour, le parti aragonais maitre de la ville, il fut obligé de se réfugier, dans Pétat le plus déplorable, k Ax, et de Ik k Foix. Il y fut bienreçu par le Comte, dont la générosité lui fournit l'argent liécessaire pour se rendre k Montpellier avec ses gens. Cette échauffourée fut encore plus funeste k ceux qui l'avaient favorisée. Guillaume de Belléra, envoyé k Puycerd^i par le Roi d'Aragon pour les châtier, fit décapiter Huguet de Alcina, Arnaud de Pallarols, et quatorze autres malbeu*reuses victimes de leur fidélité. Nous fixons coniiaitre dW8. la suite, les tentatives des princes majorcains pour reeoBr quérir les États dont on les avait dépouillés. Comme elles furent toutes infructueuses, nous avons cru devoir terminer k cette année 1544 l'histoire des Rois de Majorque. 4544.
230 HI810IBB DU ROtmSILLON.