SECONDE PÉRIODE
Neuf aus après rétablissement de la colonie de Nar- -lOOaT.J.-c. bonne, un essaim de Barbares, venus du Nord (les Cimbres, les Teutons) auxquels s'étaient joints quelques peuples gaulois , se jetèrent sur la province romaine des Gaules. Il n'entre pas dans notre sujet de raconter les défaites sanglantes dès Romains sous les ordres de SUlanus , d'Aurélius , de Gassius , de Popilius , de Gépion , de Maliius^ ni les exploits de Marins et de Sylla. Nous nous contenterons de dire que les Volces-Tectosages cherchèrent a tirer parti de l'invasion des Barbares, pour secouer le joug de la République, en s'unissant à eux. Les Gimbres, après leurs victoires, laissèrent les Teutons et leurs nouveaux alliés opposés aux débris des armées romaines, et pénétrèrent en Espagne; mais n'ayant pu s'y établir, à cause de la résistance que leur opposa le Préteur Marcus Fulvius, secondé par les Geltibériens, ils rentrèrent dans les Gaules. Les auteurs ne nous ont laissé qu'un récit très succinct des événements de cette guerre, antérieurs à la victoire de Marins. Ils nous assurent seulement que les Cimbrcs maltraitèrent beaucoup les
83 av. j.-c. amis et les alliés des Romains. Serait -il surprenant qu'Illibéris, surtout si elle était en effet colonie espagnole, fût du nombre des villes qui restèrent fidèles à la République, et que, s'étant trouvée deux fois sur le che- • min des Rarbares, ils l'aient complètement ruinée? On ne saurait mettre en doute que cette ville éprouva , vers ce temps, quelque catastrophe, dont elle ne s'est plus relevée. Qualifiée du nom d'Oppidum (ville) par Tite-Live, parlant du passage d'Annibal, Mêla ne lui donne plus que le nom de Vims^ et ajoute que ce bourg n'offrait que de bien faibles traces de sa grandeur passée et de son ancienne opulence.
Dans \me capitale agitée par les factions, qui voyait souvent combattre à ses portes les armées des deux partis opposés, on s'occupait très peu d'une province éloignée. La guerre suscitée en Espagne par Sertorius, rappela les Romains vers les Pyrénées. Ce grand capitaine, apprenant que l'armée de Scipion, dont il se trouvait détaché, avait abandonné ce général ponr se ranger sous les drapeaux de Sylla, et prévoyant la ruine de son parti en Italie, se décida k gagner l'Espagne, dont il avait été nommé Propréteur. Arrivé en Roussillon avec peu de troupes, il trouva les passages des montagnes gardés par les Espagnols. Ne pouvant s'en emparer de vive force , il y réussit au moyen d'un traité. Rien convaincu qu'il serait attaqué dans sa province, aussitôt que Rome obéirait a Sylla, il se prépara a la guerre, en s'at tachant les habitants du pays, en levant des troupes, et faisant des approvisionnements d'armes et de munitions de toute espèce. Il confia la défense des défilés des Pyrénées, dont il connaissait toute l'importance, à Livius Salinator, à qui il donna un corps de six mille hommes. Sertorius ne s'était pas trompé : Sylla se pressa d'envoyer en Es-