‹ Histoire du RoussillonChapitre 112 sur 241 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

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Pierre avait le plus grand intérêt à s'assorer de Papignan. Cette ville, la plus importante du pays, reitfennaH encore beaucoup de partisans du Roi dépouillé. L'Aragonais s'y rendit le 30 novembre : il y reçut le Vicomte de Narbonne, les ambassadeurs du Pape, un envoyé du Roi de Grenade, et plusieurs autres personnages distingués. 4544. Le 25 décembre 1544, voulant imposer à ses nouveaux sajets en se montrant à eux dans toute la pompe d'un Souverain, il sortit du château, k cheval, accompagné des Seigneurs de sa Cour et des Consuls, tous à [ûed, pour parcourir les rues de la cité ; mais une forte averse obligea le cortège k rentrer à la hâte. Le Roi chercha k se dédommager de ce contre-temps, en offrant aux Seigneurs étrangers qui l'entouraient, le spectacle des joutes et des tournois. Cependant, Jacques de Majorque agissait beaucoup auprès du Saint-Père pour obtenir, par son intervention, qu'on lui restituât ses États, et, pour sa femme, la permission de venir le rejoindre, comme elle en avait le désir; le Roi de France semblait aussi s'intéresser k ce

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malheureux prince. Pierre n'était pas homme à céder sur le premier article. Il crut ne pas devoir refuser le second au Pape, dont il avait obtenu tout ce qu41 avait demandé; mais, pour que sa sœur ne traversât pas le Roussillon, il fit armer k Collioure des galères qui, ayant été la prendre au port de Llança, la débarquèrent k Leucate. Le Nonce fat la recevoir, et la conduisit k Montpellier, oA elle mourut en 1346. Cette précaution n'était peut-être pas inutile; car il se tramait une conspiration pour rendre Majorque à son Roi , et se défoire, à Perpignan , de celui d'Aragon. Le complot était-41 réel? ou bien était^-ce une invention de Pierre? L'histoire, à la vérité, offre souvent des conspirations dans les premières années d'un nouveau gouvernement; mais ces complots, réels lorsqu'ils sont dirigés contre des princes faibles et inhabiles, sont ordinairement suisses par des usurpateurs adroits, et Pierre doit être rangé dans cette dernière catégorie. Contentons^nous de ra^KHier les fkits, tels que les écrits du temps nous les ont transmis. Ils disent que, vers la fin d'octobre 1546, 4346. nne femme découvrit au Roi que son mari était instruit du projet formé de le tuer d'un coup de flèche, lorsqu'il se promènerait dans les rues de la ville. Les scélérats chaînés de commettre ce crime, se retiraient chez un certain François de Caldés; on devait, en même temps, s'emparer de plusieurs forteresses, et entr'autres du chftteau de Perpignan, dont on s'était procuré de fausses clefs. Pjerre fit arrêter ceux qu'on accusait d'avoir pris part a cette conspiration. Les principaux étaient: François d'Oms , Jean de Saint-Jean , Richelm de Vemet , Guillot de Claira , etc. , qu'on envoya k Barcelone , où ils forent enfermés au Château -Neuf, et quelques-uns payèrent de leur tète le crime, vrai ou supposé. Dans le mois de septembre de cette année, le Roi d'Aragon avait reçu, &

Perpignan , des ambassadeurs de Venise, envoyés pour y faire ratifier le traité d'alliance conclu par cette République avec Don Guillaume de Cerveillon, gouverneur de Tile de Sardaigne. Il fut rappelé, quelque temps après, dans se» anciens États, k cause des troubles qui s'y étaient élevés. Jacques, voulant profiter de ces circonstances £aivorables^ se présente avec quelques galères, soutenues par une flotte française, devant l'ile de Majorque, qu'il espérait faire sou^ lever en sa faveur. N'ayaat pas réussi, il assemble le plus de troupes qu'il peut; entre en Roussillon du côté de Vinça, s'empare de cette place, de Villefranche et de presque tout le Gonflent. Arnaud d'Éril, gouverneur du Roussillon, sans attendre les renforts que Pierre s'occupe à réunir autour de Figuères, marche sur Vinça, qu'il attaque précipitamment. Il est repoussé ; mais la gçumison y fort maltraitée dans le combat, se retire la nuit suivante. Éril profite de ce mouvement pour pénétrer dans la ville, et y faire un grand carnage des troupes de Jacques. Une colonne qui s'échappait par la porte de la Tet, perdit beaucoup de monde noyé dans cette rivière , grossie par une très forte crue. Le reste de la garnison se défendit dans l'église; y fut forcée, et il ne s'en serait pas sauvé un seul homme, si l'attrait du pillage n'avait détourné les vainqueurs de la poursuite des fuyards. Après ce succès, Éril marche sur Godalet; le Roi de Majorque, sorti du château d'Arria, pour lui livrer bataille, change tout-à-coup de dessein et fait une pointe vers Puycerda. Gette opération, dont le résultat immédiat fut de livrer Godalet, Marquixanes et Prades aux Aragonais, ne produisit aucun efiet en Gerdagne. Jacques revint dans le Gonflent, où il pilla Villefranche, et se retira de Ik en Fraace, laissant des garnisons k Arria, Puyvalador, et dans quelques autres châteaux. A la nouvelle du combat de Vinça, le Roi d'Aragon s'était portée

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