CHAPITRE DOUZIÈME
par Saint-Jean-Pla-de-Corts, sur Thuir, a la téie de quatrevingts caTaliers. Cette marche contribua sans doute à décider la retraite précipitée du Roi de Majorque : il était temps, en effet, qu'il l'effectuât. Pierre s'avança jusqu'à Saint-Michel-de-Cuxa , où il s'arrêta huit jours; et, après avoir repris tous les châteaux , hors celui d'Ârria , il se rendit à I%rpignan vers là fin de juin 1547. Il y séjourna 4547. environ un mois, occupé k rétablir l'ordre dans le pays. Le Sénéchal de Carcassonne vint l'y trouver de la part du Roi de France , pour lui donner des explications au sujet des plaintes portées par Pierre à ce Souverain, sur ce qu'étant en paix avec lui , il souffrait que ses sujets fournissent des secours aux ennemis de l'Âragon.
Le peu de succès de sa dernière entreprise n'avait pas découragé le Roi de Majorque. Ayant vendu pour cent vingt mille écus la Seigneurie de Montpellier k Philippede-Valois, il équipa en Provence, où il était favorisé par la reine Jeanne de Najdes, une flotte de quatorze gsdères et de «plusieurs autres grands vaisseaux. Ayant embarqué trois mille hommes de pied et quatorze cents chevaux , il descendit au commencement de juin 1549 dans l'Ile de Majorque. Gilabert de Centelles en était Gouverneur pour le Roi d'Aragon, et recevait, presque dans le même temps, un secours envoyé par son maître. Après divers mouvements et quelques combats insignifiants, les deux armées en vinrent k une bataille générale le 25 octobre. Le Roi la perdit : tout son monde fut tué ou pris ; il y périt lui-même , après avoir fait des prodiges de valeur. Son fils , nommé Jacques , n'ayant que treize ans , avait absolument voulu combattre k ses côtés ; il fut blessé au visage, et tomba au pouvoir des Aragonais. On l'enferma d'abord dans le château de Xativa, et ensuite dans le petit palais de Barcelone. Pierre fit porter k Valence le corps du
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Roi de Majorque. On l'enterra dans le chœur de la cathédrale. Par la mort de ce prince et la captivité de son fils, le Roi d'Aragon, se trouvant paisible possesseur de leurs États, résolut de réclamer, auprès du Roi de France, les droits qui lui eompétaient sur Montpellier, Cariât et Omélas, dont il prétendait que la vente &ite par Jacques était nulle. Il lui envoya, à cet effet, Pierre de V^nonillet, vicomte d'Ille. Ce chevalier roussillonnais, très disUngsé par son courage et sa prudence, avait lui-même des réclamations k faire k la Cour de France , au sujet de la Vicomte de Fenouillèdes. Durant la guerre des Albigeois, cette terre avait été confisquée sur sa famille, qui s'étaUit alors en Roussillon, et y acquit, par un mariage, la Vicomte d'IUe, k laquelle sa mère ajouta celle de Canet dont elle était héritière. Il ne réussit point, en ce qui le concernait; et, quant k la négociation dont il était chargé , elle ne fut terminée que l'année suivante , par les plénipotentiaires des deux Couronnes, réunis k Perpignan. La vente fiit déclarée bonne et valable; mais on convint que la partie du prix non soldée, serait remise au Roi d'Aragon , toutefois avec le consentement de llniant de Majorque.
Éléonore, femme de Pierre IV, lui ayant donné un fils 1350. le S7 décembre 13S0, le Roi appela k Barcelone les Syndics des villes royales du Roussillon, pour leur faire prêter serment de fidélité k cet enfant, son héritier présomptif. Les Syndics de Thuir, s'étant rendus au palais le A mai 1354, observèrent que le jeune prince n'étant que dans sa quatrième année, ils ne devaient faire le serment qu'on leur demandait, que lorsque le Roi , comme tuteur de son fils , leur aurait juré de maintenir leurs privilèges , ainsi que l'union des Comtés k la Catalogne et au Royaume d'Aragon. Pierre adhéra volontiers k leur demande. Ce