CHAPITRE QUATORZlilIB. S
auprès du Roi de France, la défense de ceux dont il l'engageait k détenir le bourreau ^ Louis, non content de confisquer, en dépit de la capitulation, le bien des particuliers; de faire racheter aux villes, par de fortes* amendes, le crime d'avoir montré de l'attachement à leur patrie et à leur légitime Souverain , voulut priver GoUioure de son ancien nom , et lui donna celui de Saint-Michel , pour lequel il avait une dévotion particulière; mais, sur ce point, l'habitude triompha de son despotisme.
Les Ambassadeurs aragonais profitèrent de la clause qui les concernait dans la capitulation de Perpignan; et, dès le 21 mars 1478, ils étaient rendus auprès du roi Jean. U78. On conclut, par leur entremise, une trêve qui devait durer du i avril au 6 septembre : elle fut assez mal observée; car on voit, durant cet intervalle, un capitaine français s'emparer de Saint-Laurent-de-Ia-Mnga. On en fit une nouvelle au mois de novembre : elle devait finir au 1^ juillet 1476. Les Français, l'observant aussi mal que la précédente, se rendirent maîtres du ch&teau de Livia, en Cerdagne; bloquèrent celui de Salses, dont le conunandant, lâche ou traître, se rendit sans attendre les secours, qui auraient pu lui arriver à temps. L'Ampourdan et le Roussillon eurent beaucoup à soufirir des troupes Iran-
1 Nom ptrIoDS ici de Bouffie d'après lei auteurs (hmc^is; mait noi «ithivet foot coBniltre que , s'il ne Ait pas cruel , il ne s'oublia pas iDi-mème ni ses amis. Nous y voyons que les grandes confiacations furent pour les principaux officiers ; mais qu'il n'y eut presque pas de simple gendarme qui n'obtint quelque petite confiscation ou une part dans une grande. Les registres des notaires de cette époque, nous offrent une multitude d'actes proonnt ces confl»< cations, qui firappent les particuliers les plus obscurs, aussi bien que les principaux Seigneurs. Ils contiennent aussi un nombre infini de contrats relatift à des rachats de prisonniers; et comme ces malheureux appartiennent presque tous à la classe des propriétaires iwaux, oo doit en conclure que. dans ces temps désastreux, on ne pouvait guère sortir de son yillage saps tomber entre les mains des bonuies d'armes, dont on ne se tirait que moyennant finance. On voit Jusqu'à des femmes prises par des gendarmes ftançais, et obligées de souscrira des actes de rachat , soit en Roussillon , soit en France, où elles avaient été conduites prisonnières. (Cart. Houttitl.)
çaises ou espagnoles, celles-ci n'étant point payées : on voit, dans un accord Tait entre les gens du Roi et un capitaine nommé Louis Madussa, fort distingué par sa conduite k la défense de Perpignan, qu'outre plusieurs montres, on lui devait le prix des chevaux tués pour fournir de la viande à la garnison. Au mois de septembre de cette année, le Roi de Portugal , arrivé à Collioure sur une escadre française, avec des troupes de sa nation, y débarqua pour continuer sa route vers la Cour de Louis XI^ L'arrivée de ce Prince, dont les motifs du voyage étaient inconnus, avait fait craindre aux Aragonais une entreprise des Français sur la Catalogne; mais son départ, et les assurances que donna le Général français de garder la trêve, dissipèrent ces craintes. Malgré ces protestations^ si, d'un côté, les Catalans faisaient quelques courses sur la frontière ; de l'autre, cinq cents lances françaises, com«mandées par un capitaine renommé, appelé Cadet Remonnet(Rémond d'Ossaigne), firent une incursion dans l'Ampourdan. En 1477 et 1478, il y eut plusieurs trêves conclues entre Roufile-le-Juge et les généraux de Jean ; mais elles n'empêchèrent point des capitaines des deux nations de parcourir en partisans et de piller le Rous^ sillon , la Cerdagne , les frontières de la Catalogne et du Languedoc. L'accord fait en i478, entre Louis et Ferdi-. nand, n'ayant pas été accepté par le roi Jean, la situation de tous ces pays ne fut pas changée. Quoique le Rous-~ sillon fût séparé de la Catalogne, on voit, en i477, , Remard Aibri, bourgeois de Perpignan, siéger aux Cor* tés de la province , et même être envoyé- en députation par cette assemblée au roi Jean. Ce prince conserva toujours une grande affection pour un autre Perpignanais expatrié, Jean Pages, vice -chancelier d'Aragon : il le nomma l'un de ses exécuteur», testamentaires quelque