‹ Histoire du RoussillonChapitre 148 sur 241 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

les troupes rassemblées par le maréchal de Rieux sur la frontière, firent naître des craintes pour cette province.. On y dirigea les corps espagnols stationnés en Âmpour-. dan ; on garnit d'infanterie Claira, Baixas, Elne, MiUas et la citadelle de Perpignan ; on pourvut Collioure de tout ce qui était nécessaire pour soutenir un siége^ dont on le disait menacé. A la fin d'août, le maréchal de Rieux vint avecime forte armée camper k k Palme, et manifesta le dessein d'entreprendre le siège de Salses. D. Frédéric de Tolède, duc d'Âlbe, chargé de la défense du Roussillon, n'avait que six mille hommes d'infanterie et quinze cents chevaux. Il confia Salses, dont les fortifications n'étaient pas terminées, k D. Sancho de Castille, avec mille hommes. Ayant jeté une faible garnison dans Collioure, il se plaça avec le reste de ses troupes h Perpignan, où il établit aussi ses magasins. Le 10 septembre, le Général français poussa une reconnaissance sur Salses, et se retira dans son camp après avoir essuyé quelques coups de canon de la place. Le duc d'Albe en ayant eu avis , partit avec cinq cents hommes de cavalerie légère ; mais n'étant arrivé qu'une heure après le départ des Français , il lea fit suivre jusqu*aux environs de la Palme, sans pouvoir les atteindre. Le 15, le Maréchal dressa son camp auprès de la fontaine ; occupa les hauteurs voisines avec de l'infanterie, qu'il fit avancer le lendemain vers la vieille forteresse, dans l'intention de tirer des montagnes à l'étang un retranchement propre, k la fois, à couvrir ses quartiers et k envelopper le château. L'artillerie du nouveau fort et les arbalétriers postés dans le vieux château, empêchèrent les ennemis de travailler pendant tout le jour : ils s'en dédommagèrent la nuit suivante. Leur position entre le grand chemin et l'étang, était parfaitement couverte, le 16; ils avaient mémo placé sur'la dernière hauteur du côté de

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Rivesaltes, une coulevrioe, dont ils tirèrent quelques boulets sur le château, qu'ils dépassèrent UHqours. Tandis que les Français cherchaient ainsi à couper les communications de Salses avec Perpignan, le Duc. d'Âlbe rassemblait des troupes de tous côtés : il en établissait à Rivesaltes et à l'entrée du grau; jetait, tant par ce passage que par les montagnes, des partis sur les derrières des assiégeants ; recommandait à sa cavalerie légère d'bquiéter les convois destinés pour le camp , et de tomber sur ^out ce qui s'écarterait trop des retranchements. L'infériorité de ses forces avait ôté toute confiance aux siens : pour relever leur courage , il résolut de (Nrendre , entre Ssdnt-Laurent et l'étang, une position, d'où il pourrait, à la fois, soutenir son avant-garde, postée non loin de Salses , et les coureurs envoyés par le grau. Sûr que les Français n'abandonneraient pas le siège pour venir l'attaquer, il avait l'air d'offrir à une armée supérieure un combat, qu'il était toi^ours maître d'éviter en se retirant par Claira sur Perpignan. Cette conduite, audacieuse en apparence, mais sage en réalité, ne tarda pas à faire renaître la confiance dans un général qui paraissait . ne rien craindre. Les Français ne songeaient qu'à presser le siège; ils avaient déjà attaché le mineur à la contrescarpe, et ouvert avec leur canon une brèche à la tour principale. Le Due parvint à faire entrer dans la place un petit renfort de soixante hommes d'élite , et vint camper sous les murs de Rivesaltes. De là, il faisait battre, au moyen de sa cavalerie légère, le chemin de Salses à Saint- Laurent, par où les partis ennemis allaient s'approvisionner de bois dans les villages de la Salanque, abandonnés par les habitants. Ces courses amenèrent quelques escarmouches, dont la plus forte eut lieu auprès du Mas de la Garrigue, où deux cent trente Français furent tués, blessés

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