‹ Histoire du RoussillonChapitre 147 sur 241 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

objet la défense du pays, ne voulaient point contribuer k la réparation de ces places, appuyant leur refus sur lés privilèges de la province, quMI n'eût pas été prudent d'enfreindre dans un moment où l'on avait besoin de son concours. D. Henri dut , pour se tirer d'embarras, consentir à prolonger la trêve jusqu'en novembre 1497. 4497. Durant cet intervalle, des envoyés de Ferdinand, venus en Roussillon , négociaient la paix avec ceux de Charles YIII, *

établis à Narbonne.

Les troupes aragonaises étaient distribuées dans les forteresses du pays. La nombreuse garnison qui occupait Perpignan , ne vivait pas en très bonne intelligence avec les bourgeois : un mercadier nommé Serra, ayant eu une rixe avec Don Alonso de Souza , fut tué par cet afficier. Les parents et amis du mort se portèrent en foule vers la maison occupée par D. Jean de Leyna, où, disait-on, le meurtrier s'était réfugié. Les soldats se mirent en devoir de leur en défendre l'entrée ; et il s'ensuivit une violente lutte entre les habitants et les militaires. Don Henri accourut pour apaiser le tumulte, et fut atteint d'un coup de pierre, dont il mourut peu dç jours après. On envoya le Comte de Ribagorce, avec quelque cavalerie, pour rétablir l'ordre dans la ville, et procéder sévèrement contre les coupables, soldats ou citoyens. Ce Seigneur, l'Évêque d'Urgel et Louis d'Oms, gouverneur de Perpignan , firent les informations les plus minutieuses pour découvrir le meurtrier. On reconnut que la pierre, lancée par l'un des défenseurs de la maison de D. Jean de Leyna , avait atteint, par l'effet d'un malheureux hasard, le Capitaine- Général, qu'on n'avait point visé, et on rejeta toute la faute sur D. Alonso de Souza , qui s'était réfugié en France. Pour éviter toute occasion de querelle, on retira les troupes de la ville, où elles étaient fort à charge à l'ha-

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bitant, n'en laissant qu'au château et au Castillet; les autres furent distribuées dans les forteresses ou envoyées dans TÂmpourdan. Après avoir rétabli Tordre, le Comte de Ribagorce fit visiter remplacement du fort projeté pour Salses. On le choisit au-dessous de l'ancien , dans un endroit où se trouvait une source que l'ennemi ne pouvait détourner, et on se mit k y travailler avec la plus grande

* activité. Don Sancho de Castille, qui dans les guerres

précédentes avait servi en Roussillon , fut nommé pour remplacer D. Henri; il lui fut recommandé d'être ferme k l'égard des militaires. Le Gouverneur eut ordre d'en agir de même à l'égard des bourgeois ; car on était mécontent de la conduite des uns et des autres.

Le nouveau Capitaine-Général , après avoir reconnu la province confiée k ses soins, jugea que Salses, Perpignan, Elne, CoUioure et Puycerda, étaient les seules places nécessaires pour la défendre; il regarda Claira comme sans utilité pour les Espagnols. Cependant, les envoyés de Ferdinand , dans le but de hâter la conclusion de la paix , furent k Narbonne s'aboucher avec les plénipotentiaires français. On convint qu'ils se rapprocheraient pour accélérer la marche des négociations. En conséquence, les premiers s'établirent k Rivesaltes, et les seconds k

^1498. Sijean. La paix conclue en 1498, fut comme le préliminaire du traité d'alliance que les Rois de France et d'Aragon contractèrent bientôt après pour la conquête et le partage du Royaume de Naples. Le but même de cette alliance devait la rendre peu durable; et la mésintelligence qui la fit rompre en Italie, ne tarda pas k produire son effet en Roussillon. Dès le commencement de 1503 %

1 On voit, par au acte passé à Perpignan , le 27 septembre 4503, entre nn prisonnier de gnerre français et nn bourgeois de cette ville, que ces prisonniers étaient envoyés aux galères js'ils ne trouvaient à s'arranger avec un habitant de la ville.

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