‹ Histoire du RoussillonChapitre 159 sur 241 · CHAPITRE QUINZIJ!:ilB · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIJ!:ilB

usités dans le pays. Malheureasement, cette ordonnance eut, Suivant toutes les apparences, le sort de beaucoup d'autres, dont l'utilité n'est pas contestée, mais dont on ajourne sans cesse l'entière exécution. Ces princes ne négligèrent pas non plus d'employer les hommes de mérite nés en Roussillon; de ce nombre furent : i^ le moine augustin Gaspar Py, mort à Perpignan, sa patrie, après avoir été confesseur de Charles-Quint; S® François Giginta, jurisconsulte, mort en 1669, régent de la Royale Audience de Barcelone. (Charles-Quint lui donna cette place , en récompense des sacrifices qu'il avait faits pour la défense de Perpignan en i54S); Zo Antoine Ros, gavant jurisconsulte, mort k la fin du xvi® siècle, membre du Conseil Royal d'Aragon ; 4» Côme-Damien Hortola , que ses profondes connaissances dans le droit, la théologie et les langues anciennes, avaient fait choisir par Philippe II pour assister, comme Député de la'Catalogne, au Concile de Trente.

l.a paix conclue en 1596 ne fut point troublée durant le règne de Phili[^ III. Les deux Puissances, long-temps rivales, parurent vouloir, en 4615, rendre cette paix durable, au moyen de la double alliance contractée entre \e^ deux maisons régnantes. En effet, Louis XIII épousa la fille du Roi d'Espagne, dont le fils, depuis Philippe lY, épousait sa sœur Elisabeth. Mais la paix et même ces alliances n'empêchèrent point les deux Gouvernements de se susciter tous les embarras possibles, soit en donnant sous main (tes secours & leurs ennemis , soit en fomentant le mécontentement de leurs sujets respectifs. La politique de cette époque fournirait une abondante matière k l'écrivain qui se proposerait de décrire les intrigues des deux cabinets ; mais elle ne pouvait faire du Roussillon le théâtre d'événements de quelque importance. Aussi n'avons-

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nous presque rien k dire sur l'histoire de ce pays depuis 1598 jusqu'en 1652. Contentons-nous donc de recueillir quelques faits locaux.

En 1602, l'Évéché et le Chapitre d'Elne, quoique conservant leur ancienne dénomination, furent transférés à Perpignan. Le 5 février 1605, il tomba dans la province une quantité extraordinaire de neige : on ne pouvait aller, disent les mémoires du temps, ni à pied ni à cheval dans les mes de Perpignan, couvertes partout de six palms (1 mètre §0) de neige. Les années 1609 et 1612 furent remarquables par une sécheresse extrême*. Le 14 juin 1614, il tomba à Perpignan une grêle si épouvantable, que la consternation y fut universelle : les annales du Roussillon et celles des notaires, dont les actes avaient alors une extension si précieuse pour l'histoire , n'offrent rien de pareil dans les temps antérieurs. Philippe III mourut le SI mars 1621. A cette nouvelle, et par l'ordre des Consuls, les boutiques furent fermées pendant neuf jours; le cinquième, tous les crieurs publics, revêtus de manteaux noirs, et suivis des corps des métiers, parcoururent les rues de la ville, annonçant là mort du Roi au son des 'tambours et trompettes. Le neuvième jour, on devait célébrer un service pompeux; mais il fut différé, parce que les Consuls, voyant arriver a l'Hôtel-de- Ville, où ils l'attendaient, le gouverneur D. Gabriel de Xatmar, précédé de deux massiers, droit qu'ils prétendaient leur appartenir exclusivement, refusèrent d'aller à la cérémonie. Elle eut lieu le lendemain, dans l'église de Saint-Jcaft : l'Évêque y

1 Les Consuls ayant envoyé à Tabbayc de Saint-Martin-da-Canigon prendre les reliques de saint Galdéric, les habitants de Villerranche s'opposèrent au passage. Grande rameur à Perpignan ; on déploie l'étendard de la ma armada : les corps de métier, les Cberaliers de Saint-Georges, se portent sur Villefrandie ; nn combat s'engage; il y eut de part et d'autre des morts et des blessés; les Perpignanais l'emportent , et la châsse de saint Galdénc fait ane entrée triomphale dans leur ville.

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