CHAPITRE SEIZIÈME
Nous dirons quelques mots sur Tannée suivante, remar- 4852. quable par la disparition de plusieurs personnages éminents ou d'une haute intelligence : M^ de Saunhac de Belcastel, premier Évéque de Perpignan, depuis que cet Évéché fut distrait de celui de Carcassonne, descendit dans la tombe , vénéré de toute une population , dont il fut le Pasteur et le modèle pendant trente ans. Le don de sa fortune, répartie entre les Séminaires, la Cathédrale et diverses Congrégations religieuses, atteste son zèle et sa généreuse piété.
Le 25 juillet eut lieu Tinstallation et l'entrée solennelle de son successeur, Ms^ Gerbet, que précédait une grande réputation de science.
MM. Renard de Saint-Malo, Puiggari et Jaubert-Campagne, terminèrent aussi, dans le courant de cette année, leur laborieuse et si utile carrière. Avec les deux premiers cessa, peut-être pour toujours, une œuvre de haute importance : ils exhumaient des archives de nos principales communes, des documents historiques, incontestables, servant à rectifier les nombreuses erreurs des publications modernes. Nous devons au dernier, des études fort intéressantes sur les institutions municipales de Perpignan.
Bientôt après, le Roussillon perdit, aussi, un savant d'une illustration européenne : l'astronome François Arago.
Le choléra sévit avec violence dans quelques localités du département. La population se montra partout ferme et courageuse ; les Sœurs de diverses Congrégations d'un dévoùment admirable. Aussi, n'eut-on à déplorer, dans les établissements publics, que le minimum des pertes probables, d'après la moyenne de la mortalité générale.
404 BISTOIRE DU ROUSSILLON.