CHAPITRE D1X*SBPT1ÈME
La fondation des deux autres paroisses de Saint-Jacques et de Saint-Matthieu, doit avoir eu lieu vers cette époque. En effet, le Sacristain de Saint-Jean, ayant publié des monitoires et lancé des excommunications contre ceux qui placeraient des tours pour quêter dans ces trois églises, le roi Jacques I^**, dans des lettres-patentes, données a Majorque, le 6' des ides de mai 1301, désapprouve ces censures, par le motif que tel était Tusage des églises du Roussillon , « usage, dit-il, qui doit aussi être observé dans « les églises paroissiales , dont nous venons d'ordonner c< l'établissement dans la ville de Perpignan. » Le Puy des Lépreux, séparé de la ville par un terrain non bâti, s'y trouva réuni par une ordonnance de Sancho de Majorque, des calendes de décembre 1517. Elle enjoignait a tous les fabricants de drap d'aller s'établir dans ce lieu, désigné par ces mots : de platea podii prœdicli descendendo ad vUlam : ces manufacturiers étaient déjà très nombreux. Bosch dit avoir vu le procès-verbal d'une assemblée de ce corps, tenue le jour des calendes de mai 1352, dans lequel figuraient trois cent quarante-neuf maîtres, chefs de famille; il ajoute que ce nombre s'éleva, dans la suite, k cinq cents. Tous ces nouveaux quartiers se trouvèrent enfermés dans les fortifications construites par les Rois de Majorque, pour joindre leur château a l'ancienne ville, dont ils n'étaient séparés que par une branche du ruisseau royal. Cette branche fournissait des rigoles pour entretenir la propreté dans les rues basses : son lit fut transformé en cloaque, au moyen d'une voûte, dont on le recouvrit par la suite. Une concession de demi-meule d'eau, prise sur une branche supérieure de ce même ruisseau , donna la faculté d'établir de semblables rigoles dans des quartiers plus élevés. Cette concession fut faite en 1541, -par le roi Jacques II de Majorque. Nous avons vu plusieurs églises
s'élever sous le règne de ces Rois : la plus remarquable fut, sans contredit, la cathédrale actuelle de Saint-Jean, dont Sancho posa la première pierre le 26 avril 1324. Lors de la destruction du Royaume de Majorque, Perpignan était considéré comme la seconde ville de la Catalogne. Pierre IV, sentant toute son importance pour la conservation du Roussillon, ne négligea aucun moyen de s'attacher ses habitants. Nous verrons tout-à-l'heure les réformes que, d'accord avec eux, il fit dans leur oi^anisation municipale. Par une charte, datée de Saragosse, le 20 mars 1549, il y fonda une Université, dont l'édifice occupait une partie de l'ancien Hdtel de la Monnaie. Pierre venait souvent à Perpignan ; il y convoqua même les Cortés de la Catalogne, où les Syndics de cette ville furent admis, probablement pour la première fois. Les bienfaits de ce Roi ne se bornèrent point la : le 12 juillet 1270, il fit don du territoire du Yemet à la capitale du Roussillon. Cette ville avait alors deux fauboui^ : celui de France, où l'on voyait, depuis 1265, une église dédiée à Notre-Dame , et celui des Blanqueries , ainsi nommé , parce que Jacques I^^* de Majorque y avait relégué tous les tanneurs de la ville, par une ordonnance du 5 des ides de mars 1502. Ce dernier était beaucoup plus étendu qu'il ne l'est aujourd'hui : habité, aussi, par les teinturiers, dont les maisons avaient beaucoup soufifert en 1543i, Pierre leur permit, le 4 décembre 1574, de s'établir dans la rue des Baips, aujourd'hui Saint-Dominique. La guerre de 1545 et 1544 fut très-fatale k la ville de Perpignan : pour éteindre les dettes qu'elle s'était vue obligée de contracter à cette occasion, les Consuls avaient établi un droit sur chaque tête de bétail qu'on y introduirait. Le Clergé, se fondant sur ses immunités, refusait de s'y soumettre ; et comme une multitude de laïques était dans