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CHANTRE DIX-SEPTIÈME

France, alors semé de fleurs-de-lis : soit oubli, soit dîfiîculté de l'atteindre, il a échappé au vandalisme de 1793. En 1500, on acheta des maisons contignës k Téglise, pour y établir le cimetière; on plaça Torgue en 1504, et l'église fut consacrée en 1509; mais le maître-autel, commencé en 1620, ne fut placé qu'en 1631 : ses sculptures, et surtout ses bas-reliefs , sont très remarquables.

La partie de l'Hôtel actuel de la Mairie , contiguë an Palais de Justice* , entreprise en 1591 , ne fut terminée qu'en 1605. Malgré sa décadence, Perpignan était toujours la principale ville de la province; aucune autre ne pouvait même lui être comparée. Elne était tellement déchue, qu'on résolut d'en transférer à la capitale le Chapitre et l'Évêque : déjà ce dernier y résidait. La translation eut lieu le 2 juillet 1602; mais on continua in les désigner par le titre dé leur ancienne résidence : ce ne fut même qu'en 1690 et 1698, que les circonstances permirent de bâtir un Séminaire et un palais épisœpal. Nous avons parlé de la fondation de l'Hôpital Saint Jean, faite, en 1116, par un Comte de Roussillon. Les Souverains du pays continuèrent d'être les patrons de cet hospice, jusqu'en 1266, où l'Infant d'Aragon, Jacques, depuis Roi de Majorque, en céda le patronnât aux Consuls de Perpignan, pour 15.000 sols melgoriensV II y avait, en outre, une maison sous l'invocation de Saint-Lazare, pour servir de lieu de réclusion aux femmes publiques

1 Ce palais Ait construit peu après, le 18 janvier 4448 . Jour où Charles d'Oms, procureur royal, vendit, pour le Roi, i Bernard Aybri, anditeor triennal, agissant poor la D^otation, l'emplacement qu'occupe cet édifice , pour y construire l'Hôtel de la Députation , converti depuis en Palais de Justice.

2 On trouve aux archives de rHospice Saint-Jean, une lettre (Cûrta reûl) dn roi Jacques, portant que son fils et lui, avaient vendu aux Consuls de Perpignan le patronnât, les rentes, les honneurs, etc., etc., de cet hôpital ; mais que n'ayant pas le droit de faire de semblable» aliénations , ils devaient rendre la somme touchée de 45.000 sols malgonenses (owlgoriens).

d'une conduite scandaleuse, et où toutes, sans exception, étaient enfermées, chaque année, le jour du Jeudi-Saint. La ville* fonda encore, en 1657, un hospice, dit de la Miséricorde, pour y élever les pauvres orphelins et les enfants-trouvés'.

Aux notions que nous venons de réunir sur Torigine , Taccroissement et la décadence de Perpignan , nous croyons devoir ajouter quelques mots sur ses anciennes institutions municipales, qui ne furent pas sans influence sur les diverses vicissitudes qu'il subit. Dans le principe, la ville était gouvernée par les officiers du Comte. Ces Seigneurs, convaincus, qu'en matière de police et de justice, une manière de procéder, constante et déterminée d'avance, est la meilleure garantie de la liberté et de la prospérité des sociétés, s'astreignirent à suivre certaines règles , qui s'établirent à mesure que le besoin s'en faisait sentir. Nous avons déjk parlé de ces usages : toujours observés , ils finirent par acquérir force de loi ; rédigés par écrit, peut-être avant 1162, ils furent confirmés , cette année , par Gérard II , seigneur particulier de Perpignan, et héritier présomptif de son père Gausfred, comte de Roussillon. Le Roi d'Aragon, Alphonse II, s'empressa de les confirmer. Son successeur, Pierre II, d'accord avec les Perpignanais, crut devoir établir une forme d'administration plus libérale, et l'autorité sur la commune fut transférée des officiers royaux à cinq Consuls , nommés tous les ans par les citoyens , et entrant en chaîne le i^^ des calendes de mars. Les Nobles et les Gères habitant la ville , y étaient considérés comme étrangers , n'ayant aucune part au gouvernement de la cité, et ne supportant d'autre charge que celle de contribuer, suivant

1 Acquis aux fraii de la ville, et menblé par le produit d'aoe quête , il fut oonflnné par 4dit de liouia XIV en 1686, avec attritmtioo de reTeouf .

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