‹ Histoire du RoussillonChapitre 195 sur 241 · GÉOGRAPHIE ET STATISTIQUE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE ET STATISTIQUE

L'histoire nous a montré les pays composant le département des Pyrénées-Orientales , habités d'abord par des peuples de race celtique , conquis par les Romain^ cent vingt ans avant Jésus-Christ, cédés aux Yisigoths en 462, envahis par les Sarrasins en 718; et dévastés plutôt que gouvernés par eux jusqu'en 759, ils furent alors réunis k la Monarchie française. Pour organiser la contrée arrachée aux Infidèles, Charlemagne, après y avoir attiré de nouveaux habitants, établit des Comtes et des Évéques dans toutes les villes où il y avait eu des sièges épiscopaux. Le Comté de Roussillon et l'Évéché d'Elne , eurent probablement la même circonscription; c'est-à-dire, qu'ils comprirent le premier arrondissement, moins le canton de Saint-Paul et la presque totalité de celui de Latour, dépendants du Languedoc , tout le second arrondissement actuel, et les cantons de Yinça, de Prades et d'Olette, formant le troisième. Le Comté ne conserva pas toujours cette étendue ; et sans que l'on sache quand et comment, il la perdit. On est certain que, dans les premières années du x^ siècle, lorsque les Comtés de la Marche d'Espagne furent devenus héréditaires , les Comtes de Bésalu et de Cerdagne , appartenant à des branches cadettes de la Maison de Barcelone, possédèrent, le premier, toute la partie montagneuse du deuxième arrondissement, avec les cantons de Saint-Paul , Latour et Soumia, formant le pays de Fenouillèdes ; et, le second, le reste du troisième arrondissement : tous ces territoires, à l'extinction de ces deux branches , rentrèrent dans la Maison de Barcelone. Celle du Roussillon ne posséda plus que le reste du département, avec le Comté d'Ampurias. Elle même se divisa

(le nouveau en deux branches à la fin du x^ siècle : Ampiirias fut le lot de l'aînée ; la cadette eut le Roussillon , dont le dernier Comte, Gérard II , mort sans postérité en H 72, fil héritier le Roi d'Aragon, Alphonse II. Celui-ci paraît avoir donné, en H8o, le Roussillon et la Cerdagne, à titre d'apanage, k son frère Sancho. A ce dernier, succéda son fils Nuîio Sancho, qui, étant mort sans enfants légitimes, en 124i, laissa ses Etats au Roi d'Aragon. Le Roussillon et la Cerdagne, unis aux îles Baléares, formèrent le Royaume de Majorque , pour Jacques II , fils de Jacques-le-Conquérant. Réunis de nouveau à l'Aragon, en 1544, les deux Comtés furent occupés par Louis XI, en 1462, et rendus par la France à l'Espagne en 1495. Par le traité des Pyrénées, en 1639, le Comté de Roussillon, avec quelques villages de celui de Cerdagne, fut définitivement cédé à la France. L'Assemblée Constituante ajouta a cette province vingt -huit communes, détachées du Languedoc, pour en former le département des Pyrénées-Orientales.

Borné au nord par les départements de l'Aude et de l'Ariége ; au couchant par l'Ariégc et la vallée d'.\ndorre; au sud par la Catalogne; à l'orient par la Méditerranée, le département des Pyrénées- Orientales est compris entre le 42^20' et le 42» 53' de latitude nord, et entre le O^SS' est et le 0o57' ouest du méridien de Paris. Les hautes montagnes où l'Aude, la Tet, la Sègrc et le Tech prennent leurs sources, occupent sa partie occidentale. On voit, dans sa partie centrale, le mont Canigou , et les \^allées parcourues par le Tech , la Tet et l'Agly. Il est terminé, à l'orient, par une plaine, à travers laquelle ces trois rivières et quelques torrents vont se jeter dans la mer. Une branche des Pyrénées, de nature granitique, appelée TAIbère, dont les pics les

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plus élevés ne dépassent guère 1.200 à 1.300 mètres, termine cette plaine au midi. Elle est bornée, au nord, par les Corbières, chaîne de collines calcaires, qui a son origine dans les Pyrénées , et dont les sommets, dans la partie qui touche au département, dépassent rarement une hauteur de 500 mètres. Le terrain s'élevant, et même avec assez de rapidité, ii mesure qu'on avance de l'est vers l'ouest, on peut, en quelques heures de marche, éprouver des températures très différentes. On n'a fait avec soin des observations météorologiques f^u'à Perpignan, situé au centre de la plaine, et à Mont -Louis, au milieu des montagnes. Suivies pendant douze ans dans la première de ces villes, et six dans la seconde, elles ont donné en résultat, suivant M. Cotter, qui les avait provoquées : pour Perpignan, hauteur moyenne du baromètre 27 pouces 11 ,5 lignes, le plus grand degré de chaleur 26^ R., le plus grand degré de froid — 1 ?1 R . , température moyenne -fl 2*5 Réaumur; pour Mont->Louis, hauteur moyenne du baromètre 25 pouces 2,4 lignes, le plus grand degré de chaleur 20^,5 R., le plus grand degré de froid — 10« R., température moyenne 4- ^^i^ I^- ^^^^ avons fait nous^méme des observations de ce genre à Perpignan ; et si la hauteur moyenne barométrique que nous .avons pu déterminer, s'accorde avec celle que nous fournit M. Cotter, il n'en est pas de même pour le plus grand degré de chaleur, et surtout de froid ; car nous avons vu, le 15 et le 51 janvier 1830, notre thermomètre descendre à — 5^ et— oo,5 R. : il était descendu, le 28 décembre précédent, à — 7°, 5 R. Quelque imparfaits que soient ces renseignements, nous sommes loin d'en posséder d'aussi exacts sur la quantité moyenne de pluie tombée à Perpignan, année commune : tout ce que nous pouvons dire, d'après nos propres observations, c'est qu'elle varie prodigieusement d'uiu* année k

l'autre. Ainsi, vers la fin d'octobre et les premiers jours de novembre 1814, on vit tomber des averses d'un pouce d'eau par heure ; tandis que dans une année entière, du 8 octobre 1816, à pareil jour de 1817, il n'en tomba que trois pouces* . Nous obtiendrons des notions plus positives sur ces divers points, si les observations entreprises par l'estimable Directeur de l'École -Normale, à l'instigation de l'illustre savant dont notre département s'honore , sont continuées encore pendant quelques années (App., u^ 23). La partie montagneuse du pays jouh des avantages et souffre des inconvénients ordinaires à cette nature de terrain. Les vallées et la plaine où elles se terminent sont , k raison de leur situation entre la mer et de hautes montagnes, sujettes à de grandes et brusques variations de température : elles éprouvent, tour-k-tour, des pluies ou des sécheresses de trop longue durée, des brouillards ou des vents impétueux; et lorsque ces diverses circonstances atmosphériques coïncident avec les époques de la végétation, elles nuisent à ses progrès, et produisent des effets désastreux. Les montagnes figurant d'une manière très-remarquable dans la géographie physique du département, nous avons jugé à propos de placer ici une table où Ton trouvera les hauteurs de celles qu'il renferme ou qui en sont voisines :

Haoleur de quelques lieox au-dessus du niveau de la mer.

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