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CHAPITRE DIX-HUITIÈME

bustes, très propres aux travaux de l'agriculture et à la guerre , très attachés k l'Espagne : cette affection existe surtout dans les familles anciennes, encore assez nombreuses. Non seulement, il y a des maisons nobles qui remontent au temps des Comtes et même de Chariemagne ; mais , encore , on en trouve parmi les bourgeois des villes, et, surtout, parmi les propriétaires résidant k la campagne, dont le nom figurait dans l'histoire du Roussillon lorsque le roi Alphonse en hérita.

Quatre rivières : la Sègre, la Tet, le Tech et l'Agly, arrosaient et fertilisaient les Comtés ; on ramassait des paillettes d'or dans les deux premières. Le Roussillon , très fertile en huile et en vin , fournissait ces denrées a la Cerdagne et aux cantons limitrophes de la France qui en étaient privés. Récoltant, alors, plus de froment, d'orge et de seigle qu'il n'en consommait, il expédiait pour Gènes et pour Barcelone le superflu de ses productions. Aucune province du Royaume d'Aragon n'élevait autant de bétes a laine que les Comtés, et leurs toisons l'emportaient pour la finesse sur celles des pays voisins. On comptait autrefois a Perpignan jusqu'k cinq cents métiers, et on en trouvait aussi un grand nombre dans les autres villes ou villages. On convertissait, dans le pays même, toute la laine en étoffes de diverse nature. Depuis quelque temps, la plus grande partie est exportée sans être ouvrée. L'importance de cette fabrication avait engagé k cultiver le chardon k foulon, le pastel et la gaude, nécessaires pour peigner ou teindre les diverses espèces de tissus. La soie récoltée dans la plaine du Roussillon , y était filée , tordue et teinte : on en fabriquait des taffetas et des damas. On élevait dans les Comtés des chevaux, des ânes et des mulets fort estimés; des chèvres, des vaches, dont le lait servait k faire du beurre et des fromages.

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Les abeilles y donnaient, en abondance, du miel et de la cire d'une excellente qualité. Les salines de Canet fonrnissaient plus de sel que n'en exigeait la consommation du pays. On cultivait le riz dans quelques communes de la Salanque; le lin et le chanvre, dans le Conflent et dans la plaine du Roussillon. Les montagnes étaient couvertes de lièges, dont on exportait Técorce; de châtaigniers, de hêtres, de chênes-verts, de pins, de sapins, propres aux constructions navales. On fabriquait du savon, dont les matières premières étaient fournies par le pays. On tirait un grand parti des minerais de fer, si riches et si abondants; ils fournissaient environ soixante mille quintaux de fer forgé. L'abondance du bois avait permis d'établir des verreries. On ne cite , dans ces mémoires, d'autres eaux minérales que celles d'Arles. Il n'y avait dans le Comté qu'un port , celui de Port-Vendres , plus sûr que vaste, dont l'entrée était défendue par un fort : les galères du Roi y avaient souvent trouvé un refuge assuré contre les tempêtes, si fréquentes dans le golfe de Lyon. Malgré tous les avantages dont la nature avait doté ce pays, la situation , à cette époque, n'était rien moins que prospère. Nous avons vu, dans le xti^ siècle, disparaître les manufactures, et, avec elles, tomber le commerce et diminuer la population. Dans la première moitié du xyii® siècle, l'argent y devint si rare, qu'on ^e voyait presque plus que de la monnaie de billon ; et, en 1600, la crainte d'être payé avec cette monnaie, dont on craignait la dépréciation , arrêtait toutes les transactions commerciales. (Append, , n® 21 . )

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