LES TROPHÉES DE POMPÉE
Dans un passage précédent, Strabon avait déjà dit que nqs, les trophées de Pompée étaient situés k l'extrémité des (page sqj, Pyrénées ; mais l'importance de celui-ci nous engage k le rapporter en entier, d'après la traduction de M. Laporte du Theil : «r Une portion du pays qui appartient aux Em- « poristes , dans l'intérieur des terres , est assez fertile ; « le reste ne produit que du sparthum , espèce de jonc « qui se plait dans les marais, et qui n'est pas d'un grand « usage : le terrain qui le produit porte le nom de champ « joucaire. Ce peuple possède encore quelques terres, qui
« s'étendent jusqu'à l'extrémité des Pyrénées, où sont les a trophées de Pompée, sur la route qui conduit de l'Italie « dans ribérie. »
Cette description fort claire, convient encore à l'état actuel du pays : la côte basse et marécageuse, depuis Âmpurias jusqu'aux environs de Roses, est l'ancien champ joncaire, où croissait cette espèce inférieure de sparth, le sparthum ligeum de Linnée. En s'éloignant de la mer, on trouve un pays assez fertile : les terres, qui s'étendent jusqu'à l'extrémité des Pyrénées, forment le canton compris entre Roses et Cerbère. M. de Marca veut , malgré les explications données par Strabon , que cet auteur ait parlé du véritable sparth , siypa tenacissima de Linnée, qui ne croit que sur des terrains secs. En conséquence, il place le champ joncaire loin de la mer; et, traduisant par sommets des Pyrénées, les mots que tous les traducteurs ont, ce me semble, rendus avec plus de fidélité par ceux-ci, l'extrémité des Pyrénées ou autres équivalents, il change un passage clair, et qui indiquait fort bien la direction de la route et la situation des trophées, en un autre qui n'indique plus rien; et supposant, gratuitement, que la voie romaine passait au Perthus, comme y passe la route actuelle , il place les trophées vers ce point.