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DÉPENDANCE DES CONTES DU ROUSSILLON

No 4 , La seule autorité sur laquelle on puisse se fonder pour

ipagr 90). assurcr que le Roussillon dépendait des Comtes de Barcelone , est celle de l'auteur des gestes de ces Comtes , qui dit, que durant sa vie, Vuifred-le-Velu , posséda seul le Comté de Barcelone , depuis Narbonne jusqu'au

pays des Infidèles (Hispaniam), Mais ses Étals pouvaient s'étendre de Nai'bonue ad Hispaniam, sans que le Rous* sillon en fit partie, puisque, par le Fenouillet, le Gonflent et la Cerdagne , que son tils Miron posséda à sa mort , ils s'étendaient, en effet, de Narbonne ad Hispaniam, D'ailleurs, le témoignage de l'auteur des gestes, écrivant quatre siècles après Vuifred, et n'appuyant son dire sur aucun document contemporain , ne pouvait être d'un grand poids , puisque son livre n'est qu'un tissu de fables, d'inexactitudes et d'erreurs, et que la charte de 869 et le jugement d'Isembert, cités plus haut, prouvent suffisamment que le Roussillon ne dépendait pas de la Marche d'Espagne. En outre, on peut voir, dans BofaruU, les testaments des Comtes de Barcelone, Raymond-Bérenger I^r, Raymond-Bérenger III, Raymond-Bérenger IV. Dans ces trois actes, dont l'objet est le partage de la succession du testateur entre ses enfants, on fait une longue énumération des biens délaissés, sans oublier les

Evéchés, les Abbayes et d'autres fiefs moins importants, dépendant féodalement de la Seigneurie du testateur. Est-il probable qu'on eût négligé de faire mention du Comté de Roussillon, s'iL avait relevé des Comtes de Barcelone, ou seulement s'ils avaient eu cette prétention? Nous voyons de plus, dans la charte 109 de Marca, Gauzfred, comte de Roussillon et d'Âmpurias, faire à Saint- Pierre-de-Rhodes un acte de haute administration, en présence de plusieurs Prélats et d'un comte Borel , qui ne peut être que Borel II , de Barcelone, sans que celui-ci y intervienne autrement que pour signer avec les autres témoins, après le comte Gauzfred.

Don Prosper de Bofarull convient que Vuifred-le-Velu et ses prédécesseurs avaient dépendu des Rois de France, dont ils tenaient leur dignité. Il faudrait donc produire

le titre qui constate l'indépendance de Vuifred et de ses successeurs : ne le pouvant pas, ou allègue, pour le prouver^ leurs alliances avec des maisons souveraines* les monnaies frappées à leur coin, les lois promulguées en leur nom , les guerres entreprises, les traités conclus par eux, sans la moindre intervention de nos Rois. Ces preuves sont assez faibles, puisque, durant l'anarchie car* lovingienne, des Seigneurs bien moins puissants avaient commis les mêmes empiétements sur l'autorité royale, sans qu'on en ait jamais conclu leur indépendance. On .a voulu les fortifier par les expressions assez vagues de quelques chartes postérieures. On veut, par exemple, que la vente faite par Borel II d'un aleu, qu'il dit tenir de ses ancêtres, et ceux-ci per vocem precepti Régis Francorum, quod fecit gloriosissimus Carolus, de om^ nibus fiscis vd eremis terrœ iUorum; on veut, dis-je, que cette vente, à raison du mot filets, prouve que Charles avait donné aux ancêtres de Borel la Marche d'Espagne : mais, le mot fiscus, ne veut souvent dire qu'une terre cultivée , appartenant au domaine royal , et les mots vel eremis, dont il est suivi, démontrent assez que c'est dans ce sens qu'il doit être pris. Nous ne voyons donc là que la cession des domaines cultivés et des vacants possédés par le Roi. Dans certaines chartes, les Comtes de Barcelone désignent les terres vendues par les expressions suivantes ou d'autres équivalentes : quœ nos traximus de eremo prinii homines sub ditione Francorum. On voudrait inférer de ces expressions, qu'ils avaient été, mais n'étaient plus vassaux des Rois de France. Cette interprétation est un peu forcée. Serait-elle plus naturelle, elle ne prouverait pas l'indépendance de ces Comtes; car, ils ne pouvaient se créer des droits par des actes émanés d'eux-mêmes.

Opposons à ces chartes les documents qui prouvent la suzeraineté des Rois de France sur la Marche d'Espagne : i^ Saint Théodat, archevêque de Narbonne, a recours, en 888 , au roi Eudes, pour remédier k certains désordres des Églises de Girone et d'Urgel , et fait confirmer, par ce Prince, les possessions de l'Église de Vich (Ferreras; Marca hispanica); 2^ en 891, Servus Dei, évêque de Girone, assiste à l'assemblée de Meun-sur-l'Oise , et obtient du roi Eudes la confirmation des privilèges de son^^ Eglise (Marc, hisp.); 3® Vuifred II donne k l'église de Vich, le tiers de la monnaie de cette ville, et ses exécuteurs testamentaires, en délivrant ce legs, recommandent à

TEvéque de faire confirmer ce don par le Roi de France (Marc, hisp,); i^ Louis d'Outre-Mer termine, en 941, une contestation existant entre le monastère de Saint- Pierre-de-Rhodes et celui de Saint^Étienne-de-Bagnoles (Marc, hisp,); 5^ en 972, l'Archevêque de Narbonue eut recours, auprès du Pape, a l'intervention du Roi de France, en qualité de suzerain de la Marche d'Espagne, pour empêcher l'érection d'une métropole dans ce pays (Ferreras, Bulle du Pape); Qp le fameux Gerbert, devenu Pape, sous le nom de Sylvestre II, avait long-temps habité, quand il était moine, la Marche d'Espagne, d'où il partit, en 970, pour accompagner k Rome le comte Borel : il nous apprend, dans sa 71 ^ lettre, que ce Comte, après sa défaite auprès de Barcelone, en 985, s'empressa de donner avis au roi de France Louis V, réclamant le secours qu'il lui devait comme k son vassal ; et dans la 112^ lettre, il nous dit qu'Hugues Capet écrivit, en 988 ^ à ce même comte Borel, lui promettant de marcher k son secours, lui enjoignant de venir en personne en Aquitaine, soit pour lui donner les assurances de sa fidélité, soit pour servir de guide a son année. Aux inductions qu'on peut tirer de tous

50â APPENDICE.

ces faits, vient se joindre le témoignage même des Comtes de Barcelone. Ils ne manquent jamais, dans leurs chartes, de faire mention du Roi régnant en France ; et cette meu^ tion ne peut être regardée comme un simple signe chronologique, car elle est presque toujours précédée ou suivie d'une date marquée par l'année de l'ère d'Espagne ou de celle de la Nativité ou de l'Incarnation. Souvent même, ils se bornent k nommer le Roi régnant , sans indiquer l'année de son règne. D'où l'on doit conclure qu'ils emploient cette formule , uniquement pour se conformer k un usage suivi, tant en France qu'en Allemagne, k l'égard du Roi et de l'Empereur, par leurs vassaux. L'observation suivante doit ajouter un degré de probabilité a cette opinion : Le trône des Carlovingiens fut, quelquefois, occupé par des Princes, dont les droits n'étaient pas universellement reconnus alors dans la Marche d'Espagne, comme dans les autres provinces récalcitrantes; on employait cette formule Chrisio regnœUe, regem expecta^Ue, indiquant la dépendance de la Monarchie française, mais non la reconnaissance du Roi. Le concile de Tarragone, en 1180, ordonna de dater les actes de l'ère de l'Incarnation , supprimant celle d'Espagne, et défendant d'y relater les années des Rois de France. Ceux-ci n'en continuèrent pas moins k se regarder comme les Suzerains des Comtes de Barcelone; et des droits de ce genre sur la Catalogne et le Roussillon , étaient les seuls que saint Louis pût céder k Jacques-le-Conquérant dans le traité de Corbeil.

DESCENDANCE DE SUNIFRED.

^o :-y^ Exposons en quelques lignes la situation des Princes

ipnqr. 0'2>. de la Maison de Sunifred d'Aria, sur laquelle il existe,

dans l'histoire, de robscurilé el de l'incerlitude, que nous

croyons être en état de dissiper. L'objet offre d'autant plus d'intérêt , que , presque tous les Princes régnants de l'Europe Méridionale, en descendent par les femmes. Ceux, par exemple, de la Maison de Bourbon , s'y rattachent par Mai^uerite de Provence, femme de saint Louis, tille de Baymond-Bérenger IV, comte de Barcelone, qui tenait le Comté de Provence de son père Alphonse II, dont le père, aussi Comte de Barcelone, avait épousé la dernière héritière d'Aragon.

U'après Bofarull, auteur catalan très estimé, la question est résolue. Sunifred fut père de Vuifred*le-Velu, premier comte de Barcelone, qui commença à régner en 874 et qui eut cinq fils :

Vuifred II , ou Borel , qui lui succéda ;

Miron , qui eut pour apanage les Comtés de Cerdagne et de Bésalu;

Suniaire, d'abord Comte d'Urgel;

Badulphe, qui mourut moine a Bipoll, après avoir gouverné le Boussillon;

Borel, dont aucun document n'a fait connaître le sort.

A Vuifred succéda Suniaire , troisième fils de Vuifredle-Velu , que remplacèrent ses deux fils : Borel II , et un autre, du nom de Miron, qui mourut sans postérité.

Telle est la branche ainée , que nous ne suivrons pas plus loin.

Miron , comte de Cerdagne, chef de la branche cadette, eut quatre fils, dont le premier, Séniofred, fut son successeur; le second mourut Évéque de Girone; le troisième, Oliba-Cabréta , succéda à Séniofred, mort sans enfants, ainsi qu'à son quatrième frère, Vuifred, comte de Bésalu, qui fut assassiné. Plusieurs auteurs, entre autres Zurita, veulent qu'Oliba ait tenté de réunir k ses États le Comté de Bar<^elone, après la mort de Vuifred IL

50i APPE?iDlCE.

Les Barons s'y opposèrent^ dit-il , parce qu'il était bègue ^ et qu'on le regardait comme un méchant Prince, point catholique. Étranges motifs, difficiles k admettre , attendu que l'hérédité excluait l'intervention des Barons; en second lieu , comment croire à ces scrupules religieux, lorsque, quelques années après, on voit un enfant de dix ans établi, a prix d'argent, sur le siège de Narbone, qu'il prostitua par la plus infôme conduite.

Borel, fils de Suniaire, transmit le Comté de Barcelone à sou (ils aine , et donna Urgel et Ausone ou Vich , à son second fils, Ermengaud.

Quant au Comté de Roussillon, Radulphe, qui se fit moine, y fut remplacé par le fils d'un de ses frères, Borel ou Suniaire, comte d'IIrgel. Il devint Comte d'Ampurias, ainsi que ses fils , Bencion et Gausbert , et son petit-fils Gauzfred , qui laissa à Hugues , son fils aîné , le Comté d'Ampurias, et k Guilabert, son second fils, le Roussillon.

LOIS VISIGOTHIQUES.

^« G, Lorsque, au milieu du viP siècle, Chindasuinde imposa

(page 131). la loi visigothique k tous ses sujets, barbares ou romains',^ il ne possédait guère, dans la Septimanie, que cette portion du Languedoc, composant les départements actuels du Gard, de l'Hérault et de l'Aude, k laquelle il faut ajouter le territoire formant aujourd'hui le département des Pyré-* nées-Orientales. Cette partie, k cause des passages qu'ils avaient fortifiés dans les montagnes, était très importante pour les Goths, tant pour assurer la communication avec

1 Monlesqujen assure que re prince et son flls dérendireut de citer U loi romaine dan» 1rs tribunaux. Le savant Fo»sa croit que la loi visigothique Tut adoptée en Catalogne et en Houssillon.

leurs autres possessions dans les Gaules, que pour la défense de l'Espagne contre les Français. On n'y trouvait aucune ville romaine, Ruscino même étant détruit depuis plus de deux cents ans. Séparée, par le reste de la Golhie, de la Septimanie française , elle avait beaucoup plus de rapports avec l'Espagne, qui lui était limitrophe, et ne pouvait éprouver de la répugnance à adopter, comme elle, la loi visigothique. Il n'en était pas de même de l'autre portion de la Gotliie : elle confinait avec les provinces françaises où régnait la loi romaine, et avait avec elles plus de relations qu'avec l'Espagne ; en outre, on y voyait plusieurs anciennes villes romaines, telles que : Nîmes, Béziers, Narbonne, etc., où cette loi était nationale. Elle dut résister k l'établissement de la nouvelle loi, avec toute cette force d'une longue habitude, dont le temps seul peut venir a bout, et l'invasion des Arabes ne lui permit pas de produire son effet ordinaire. Ces conquérants permirent aux vaincus de vivre suivant leurs lois. Les Goths cher* chèrent k arrêter les Infidèles au passage des Pyrénées , et ils y éprouvèrent une défaite, qui coûta fort cher au Roussillon ; car les historiens arabes racontent que le pays fut ravagé, et que tout ce qui ne put pas se sauver dans les montagnes inaccessibles, fut tué ou réduit en captivité. Quant au Languedoc, après la prise de Narbonne, il devint une arène, où les Sarrasins se battirent trente ans contre les Français de Charles-Martel et de Pépin. Après qu'ils en furent expulsés, l'amour de la liberté et l'attachement k la religion, engagèrent une multitude de Goths k se réfugier, dans les Gaules : ils repeuplèrent le Roussillon ; il y en eut aussi qui s'établirent dans les environs de Narbonne et de Béziers. Vers la fin du ix^ siècle ou au commencement du x^^, les Comtes de Roussillon, devenus héréditairos, possédaieni également le Comté d'Anipurias.

Pendaiit tout ce temps, même lorsque ces Comtés devinrent l'apaoage de deux branches séparées de la même famille, ils n'eurent que les mêmes juges pour les deux pays, ce qui prouve qu'on n'y suivait que la loi gothique, seule en vigueur au-delà des Pyrénées*. Ainsi, tandis que dans les plaids tenus aux diocèses de Narbonne et de Carcassonne, tels que ceux d'Alsonne, en 918, et de Narbonne, en 955, on voit constamment des juges Goihos, Romanos, eiiam et ScUicos * . Le seul document où il soit question , en Roussillon , de la loi romaine, est la rédaction de la coutume de Perpignan, faite, peut-être, en l'an 1162; mais, certainement, bien postérieure k l'an 1068, puisqu'il y est fait mention des usages de Barcelone, rédigés, pour la première fois, cette année. N'est-i^ pas naturel de conclure, de tout ce qui précède, que si quelques circonstances favorables permirent aux habitants de la Septimanie , voisins de la France , de conserver I» loi romaine ou de la reprendre après la disparition de la Monarchie des Goths, ceux du Roussillon, au contraire, adoptèrent, comme les Espagnols, la loi visigothique, et la suivirent uniquement jusqu'après l'an 1068?

NOTES SDR LIRRIGATiON.

N°7, Les Romains trouvèrent les peuples du Berry et de

(page 136). l'Âuvergnc (Bituriges, Alvemi) à la tête d'une puissante

1 C'est sans doate pour cfitle raison , que Lonis d'Oatre-Mer, dans nne charte donnée à Rrisach. le 9 des calendes de septembre 038, porte, parmi les Comtés de la Marche d'Espagne, celaî du Roussillon, qui, jusqu'à cette époque, avait toujours été regardé comme appartenant à la Septimanie.

2 Voir articles 42 et 50 aux Preuves de VHiitoire du Languedoc, tome II. page 51. r.o5 juges élnieiil au nombre de vingt, savoir : quatre Goths, huit Romains, huit Saliens on Kr.inrais.

confédération, qui s'étendait jusqu'aux Pyrénées. Polybe (liv. III, chap. 8) nous fait connaitre qu'il existait une belle route, allant du Rhône k l'Èbre, par Ampurias, sur laquelle les distances étaient marquées de huit en huit stades. Or, ce livre fut composé vers Tan 650, époque qui précéda de troi$ ans l'invasion , par les Romains, de cette partie des Gaules, qui forma depuis la Narbonnaise. Ne doit-on pas en conclure que cette route était l'ouvrage des Gaulois? Nous pourrions citer Possidonius, Strabon , /

Athénée , et d'autres écrivains , qui nous ont laissé des notions sur les mœurs, les lois et coutumes de cette nation, pour prouver que la Gaule Méridionale était assez avancée dans la civilisation. La langue grecque y était familière, et servait particulièrement dans les actes publics.

Suivant Pline (livr. V et VI) une vaste étendue de ter- n» s, rain était arrosée entre le Tigre et l'Euphrate, par des (pagetsi). canaux qui en dérivaient. Les Grecs, dans la retraite des dix mille, avaient déjà, avant de passer le Tigre, franchi deux canaux creusés de main d'homme pour l'arrosage. Pomponius Mêla (liv. I«^ ch. 11) en fait remonter l'origine à Sémiramis', « illustre par deux magnifiques créations : « la construction de Babylone, ville d'une merveilleuse « grandeur, et la dérivation des eaux de l'Euphrate et du <( Tigre, pour fertiliser des contrées jusqu'alors arides. »

Ammien Marcellin nous fait connaitre, que, dans la partie haute de ce dernier fleuve, le territoire d'Amida, . maintenant Diarbékir, était aussi arrosé par des cours d'eau qui en provenaient. Josèphe (livr. l^^^ ch. 26 de la guerre des Juifs), parle des environs de Jéricho, où une source abondante servait à l'arrosage d'un terroir

( Dtto maxime fjccellurU opéra ; constitiUa urb$ mtrœ magniludinis Babylofi . av su as film reqwnibus Euphrateg ci TigHê immissi.

508 APPEI<iDlCE.

de 70 stades de long, sur 20 de large. Il ajoute qu'on ne tirait aucun parti des eaux du Jourdain, dont, à Texemple des Syriens, leurs voisins, ils auraient pu se servir si uti* lement.

yo 9 ^ Nous citerons en entier ce passage de Pline, très remar-

(pffg€ 137). «quable, non seulement parce qu'il indique la prodigieuse fertilité due à une source, au milieu d'un désert de sable; mais parce qu'il nous (ait connaître l'application de la sage mesure d'une répartition réglementée de ses eaux : « La « source est abondante; mais les habitants n'en jouissent it que pendant des espaces de temps déterminés. Là , « l'olivier croit sous le très haut palmier; ici, le figuier; c< au-dessous, le grenadier; sous la vigne, on sème d'abord c( du blé, auquel succèdent les légumes; enfin, des plantes ff potagères, et tout cela dans le courant de la même année, « et, toujours, une récolte inférieure, pousse à l'ombre i( d'une plus élevée ' . »

is« 10, On peut résumer ainsi les préceptes de Caton : «r Si on

(page 138). c a dc l'cau , il faut principalement faire des fourrages;

(( et si on en manque, il faut en faire le plus qu'on pourra

« dans les terrains secsV »

Pline' et Palladius^ recommandent « d'arroser large-

1 Plinius. lib. XVin , cap. 22 : Ton» abundat, largut qvidem, ied eertit horarum ipatUi ditperuatur inUr incolat. Paimœ iM prœgrandi tuMUur oUa; huic ficus, fUo Puniea; Uli vitis : aub vite ierUur frumerUum; mox legvmen, deindè dut, omm« eodem anno, amniaque aliéna umbrd aluntur.

2 Cato . de Re Ruttica. art. 8 et 9 : Prata irrigua, ai aquam hàbebit, potUaimûm facilù : ti aqwim non habeHt, ticca quamplurima faeUo.

3 Plinius, lib. XIX. cap. 4: Hortos l'illœ jungendo* non est duHtim, riffuotqiu tnaximè habendot, aicontingat, prœfluo amtie. Si minus, é puteo rota, organiste pneumaticis , vel tollenonum hausturigandos.

4 Palladius, lib. I, art. 3-1 : Félix posUio est, mi leniter inclinata planities curaus aquœ fluentis per spatin discreta derivnt. Si fons desU, aul imprimendus fst puteti» • <tiil, SI nrqufnn Une, pisrina KHprriù» ronstntcttiin est, Pt«:.

tf meut les jardins, si on est assez heureux pour que leur « position permette de tirer Teau d'une rivière ou d'un <c canal voisins; dans le cas contraire, d'avoir recours aux <c puits , aux réservoirs , k l'action des machines h\ drau- « liques. »

Yarron et Columelle parlent de l'arrosage dans le même sens,. le bornant à l'usage des jardins.

Si, après avoir consulté les agronomes sur les canaux et n» ^^ les arrosages des Romains, on puise dans les documents (page is9}, que nous ont laissés les architectes de Rome, on jettera un nouveau jour sur cette question.

Yitruve a traité spécialement cet objet (liv. VIII, ch. 6 et 7). Le début indique sous quel point de vue, il a considéré les canaux ' . Il décrit les travaux à faire concernant la conduite des eaux, dans l'hypothèse de leur destination pour les villes et les maisons de campagne. La pente de 7too Q^'îl prescrit, ne serait guère convenable pour l'arrosage de plaines considérables. Ainsi , on ne doit pas s'étonner qu'en France, les provinces voisines du Roussillon, si long-temps occupées par les Romains, ne pratiquent pas l'irrigation, tandis qu'en Espagne, dans les provinces du Midi , où les Maures ont régné pendant huit siècles, elle reçoit une vaste et intelligente application. On remarquera qu'il reste à peine une trace du système de mesurage et de répartition des eaux chez les Romains.

Nous croyons utile de donner ici un aperçu de leurs mesures les plus usitées, afin qu'on apprécie la masse d'eau qu'amenaient à Rome les neuf canaux décrits par Prontin :

I Aune de perductionibus ad habilationea marniaque, ut fleri oporteat , fxplicabo, etc., etc.

NOMS des

mSURBS.

Quinaria

Senaria

Oclonaria. . , . . .

Denana

Daodenaria . . . .

Quinnindenuin..

Vioenarîa

DIAUBIHB

DBS TUYAUX.

m D0IQT8

romaios.

IN P0UCB8

de Paris.

QUINAIRES fooraies

par les tayaox.

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