‹ Histoire du RoussillonChapitre 226 sur 241 · DE PERPIGNAN · texte numérisé non relu

DE PERPIGNAN

No n, En 1489, la calligraphie était fort pratiquée à Perpi-

(pageâw). ijoau. L'imprimcrie commençait a peine à se répandre.

Sur 185 volumes signalés dans vingt inventaires de

notaires, i seulement étaient imprimés : 2 français,

1 italien, 1 latin.

Une œuvre unique et digne d'être citée, c'est le vieux Missel des archives de la mairie, rédigé et écrit par Jean Oliva, ecclésiastique de l'église Saint-Jean. Il se compose de 514 feuillets in-folio illustrés de vignettes et de liiies miniatures. Il fut terminé en 1417 pour Tassocialion des merciers et des peintres. Rien de plus eu-

rieux sous le rapport du fini des peintures , des initiales et des encadrements. Le carmin et l'outre-mer y abondent. Les vignettes les plus remarquables se trouvent à la messe de l'Assomption. On y voit un renard aiïublé d'une robe de moine, prêchant en chaire devant un auditoire de poules. Des singes et divers animaux d'étude, d'un costume semblable , ornent l'encadrement. Le relâchement qui, au \rv^ siècle, s'était introduit dans la plupart des ordres monastiques, altéra la vénération qu'on leur portait dans les siècles précédents, et on ne se scandalisait pas de ces bouflbnneries que Rabelais poussa impunément à ses limites extrêmes. Les lumières commençaient à s'étendre aux laïques comme au clergé. Dans la classe ouvrière , on possédait des livres de piété et de grammaire en langue romane , l'Ancien et le Nouveau Testament, le Psautier, des livres de Boêce et du vénérable Bède, la Passion de la Vierge, la Vie des Saints , la Descente de Jésus-Christ aux enfers , par un évêque de Jaén , des miroirs historiaux des Troyens et des Romains , des romans de chevalerie , des recueils de contes et d'anecdotes, des fables en rimes. Il ne faut pas oublier un ouvrage sur la peinture , enregistré dans l'inventaire d'un maréchal ferrant de CoUioure. Un prêtre de la Communauté d'Elne avait composé sa bibliothèque de 48 manuscrits : outre des traités de science canonique et les quatre évangélistes glossés, on y comptait plusieurs livres de Cicéron , de saint Augustin , de saint Grégoire, des tragédies de Sénèque, Ovide, Térence, un Vocabulaire des synonymes , des Élégances de Laurent Wals, une Rhétorique, une Logique.

Le goût de la lecture et de la lîltoraturo était donc répandu, grâce aux leçons de nos chaires universitaires. (Extrait des Mcynoircs de M, de Saint-Malo , en 1835,)

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