‹ Histoire du RoussillonChapitre 39 sur 241 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

«UATRltHB ÉPOQUE.

A peine solidement établis en Afrique, les Arabes convoitaient l'Espagne. Mousa, lieutenant du Calife, avait déjà reconnu la faiblesse réelle de la monarchie dés Goths : il comptait sur les Juifs, toujours ennemis des Chrétiens; sur les partisans de Yitiza , détrôné depuis peu par Rodrigue. En 711, Tarik, envoyé par Mousa, descend aux lu. environs d'Algéziras à la tète de 12.000 hommes. Les Arabes n'éprouvent qu'une faible résistance; poussent jusqu'à la Guadiana , et s'emparent de Séville. Ils durent la rapidité de leurs conquêtes aux factions qui divisaient les Chrétiens, aux trahisons qui en furent la suite, et peut-être aussi à la conduite qu'ils tinrent envers les habitants. La mort ou la servitude étaient le partage des vaincus pris les armes à la main. Ceux qui se soumettaient sans combattre conservaient leur religion, leurs lois, leurs biens, moyennant le tribut du dixième de leurs revenus, tel qu'ils le payaient autrefois à leurs Rois ; mais ce tribut fut doublé dans la suite et porté au cinquième. On accordait même quelquefois des conditions plus avantageuses a ceux qui traitaient après s'ôlrc

vaillammeDt défendus. Les Goths qui , n'ayant pas voulu courber la tête sous le joug des Infidèles, furent assez heureux pour échapper k la mort ou à l'esclavage, se réfugièrent dans les montagnes des Asturies ou derrière les Pyrénées. Les premiers, se réunissant bientôt sous les drapeaux de Pelage, opposent une noble résistance aux efforts des Sarrasins, qui, trompés peut-être par leur faiblesse apparente, les négligèrent d'abord pour tourner leurs armes contre les seconds, que le voisinage de la France , dont ils pouvaient recevoir des secours , leur faisait paraître plus dangereux. Si l'on en croit les auteurs arabes, avant même 714, Mousa fit une incursion 748. jusqu'à Narbonne. L'expédition des Musulmans, en 718, est plus certaine. Al-Haour, leur général, franchit les Pyrénées; et, traversant le Roussillon, il s'étendit jusqu'à Nimes. Rappelé en Espagne par les mouvements qui eurent lieu dans les Asturies, il n'est pas probable qu'il ait conservé des pays conquis où il n'avait pas eu le temps de s'affermir ; mais, en se retirant, il emmena captifs une multitude de femmes et d'enfants. En 721, Al-Samah (le Zama de nos chroniques) entre dans la Gaule-Gothique par le Roussillon , prend et fortifie Narbonne , et met le siège devant Toulouse. Rattu sous les murs de cette ville par Eudes, duc d'Aquitaine, il perd la vie et la plus grande partie de son armée. Son lieutenant, Abdel-Rhaman en ramena les tristes débris à Narbonne. Celui-ci, nommé Émir, était occupé à contenir les Chrétiens de la Narbonnaise, à étouffer la révolte de ceux qui habitaient les Pyrénées , lorsqu'au bout de quelques mois il fut remplacé. Tandis qu'Ambiza, son successeur, ne songe qu'à régler les affaires intérieures de l'Espagne, toute la Gaule- Gothique, à l'exception de la capitale, se soulève; le nouvel Emir y envoie, en 721, une armée qui met tout

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