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CHAPITRE QUATRIÈME

Goths, avait fait recueillir les anciennes lois de ce peuple^ ainsi que celles qui avaient été promulguées par lui ou par ses prédécesseurs ( Voyez Sidoine, Isidore, Ferreras). Son fils Alaric fit composer un abrégé (Breviarium) du Code Théodosien par le jurisconsulte Anien. C'est d'après ce Breviarium, rédigé en 506, que devaient être jugés ^06. ceux • de ses sujets qui suivaient la loi romaine. Vers le milieu du vii^ siècle, ces deux recueils, fondus eu un seul par l'ordre de Chindasuinthe, formèrent la loi visigothiquc^ qu'il imposa h tous ses sujets, Romains ou Barbares.

Nous ne croyons pas hors de propos, en terminant ce chapitre, d'examiner si les Goths, qui ont été maîtres du Koussillon pendant près de trois siècles, y ont laissé quelques traces de leur existence. Nous ne pouvons eu douter en ce qui concerne les lois, les usages et les mœurs. La suite de cette histoire en fournira la preuve. Occupons - nous seulement ici des constructions encore existantes ou ruinées qui peuvent avoir été leur ouvrage. Nous avons dit, dans le chapitre précédent, que le pont de Céret doit leur être attribué, s'il n'a pas été construit peu de temps avant leur établissement dans ce pays. Nous n'en dirons pas autant de la Villa Gotlwrun^ des chartes du moyen -âge, connue aussi sous le nom de McMeoliis ou MaiUoles, parce qu'il est fort incertain qu'elle ait jamais été une maison de campagne des rois Goths. Il est bien plus vraisemblable qu'elle dut son nom k ce qu'elle fut habitée par quelques-uns de ces Goths , qpi , fuyant la tyrannie des Infidèles, vinrent, sous les règnes de Charlemagne et de son (ils, se réfugier dans la Septimanie. Les misérables restes que nous avons été à même d'y observer, il y a cinquante ans, n'indiquent aucune construction importante. Il n'en est pas de même des châteaux de Vtilfuraria et Clausuras, aujourd'hui Ohréra

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et rÉcIuse, dont parle Julien. Leurs ruines ne peuvent nous faire distinguer s'ils furent l'ouvrage des Romains ou celui des Goths ; car ceux-ci, dans les premiers temps de leur établissement, employant toujours des architectes et des ouvriers formés à l'école des Romains, leur manière de construire ne peut essentiellement différer de celle usitée lors de la décadence de l'Empire. Pour décider la question de l'origine romaine ou gothique de ces forts, nous devons avoir recours aux conjectures tirées des faits historiques venus a notre connaissance. Nous savons que durant les cinq siècles écoulés entre l'irru})lion des Cimbres en Espagne, et la première tentative faite par les Alains, Suèves et Vandales pour y pénétrer, les passages de nos Pyrénées, où l'on voit les ruines de ces châteaux, ont été sept fois franchis, forcés ou défendus avec succès par des armées. Dans aucune relation des historiens grecs ou latins on ne parle de ces forts, ce qui serait extraordinaire s'ils eussent déjà existé. Ils nous représentent seulement les passages comme des positions importantes. César les désigne sous le nom de Salins Pyrenœtis, en racontant leur occupation par les troupes d*Âffranius , qu'il en fit chasser par Fabius à la tète de trois légions. Orose, en parlant de la défense de ces passages par Didyme et Yérinien , les appelle daustra. Or, ces mots de saliu^ et de claustra signifient des défilés dans les montagnes. Au contraire, à la première occasion où il est question dans l'histoire des Goths, d'une opération militaire tendant à forcer les passages des Pyrénées, on fait mention de Vtdturaria, de Clausuras et de plusieurs autres forts. Cette considération me porte à croire qu'ils ont été bâtis par les Goths pour la défense des Pyrénées contre les Francs, que les conquêtes de Clovis avaient extrêmement rapprochés de ces montagnes.

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