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CHAPITRE SEPTIÈME

de Perpignan et de Mailloles, ainsi que le fief qu'il tenait du Vicomte de Narbonne, et le déclara l'unique héritier de son Comté. Le Vicomte de Béziers, Raymond Trencavel, oncle de Gérard, fut un des témoins de cette donation. Gauzfred vivait très mal avec sa femme, qu'il ne tarda pas à répudier pour en prendre une autre. La Comtesse se retira au château de Mèze, en Languedoc, qu'elle avait eu en dot, et porta ses plaintes au pape Eugène III : le Pontife excommunia son mari. Ce fut peut-être pour venger l'outrage fait à sa sœur, que Raymond Trencavel envahit le Roussillon , comme on l'apprend par son tes* tament de 1154, où 11 donne ordre de réparer le tort fait, dans ses incursions, aux Templiers, aux Hospitaliers et aux églises de ce pays. Adrien IV renouvela l'excom-^ munication d'Eugène , et écrivit à l'Archevêque de Narbonne , k l'Évéque d'Elne et aux Barons du Roussillon , pour déclarer adultérins les fils nés de la seconde femme, et par conséquent privés de tout droit à la succession paternelle. Nous ignorons si les foudres de l'Église produisirent quelque effet sur Gauzfred. 11 parait que la bonne intelligence du père et du fils ne fut pas troublée; car, dans une charte de 1162, ils accordent, de concert, à Guillaume, Seigneur de Pia, la faculté de prendre deux meules d'eau du ruisseau du Vernet, pour l'arrosage de ses terres : Gérard s'y intitule, comme son père. Comte de Roussillon. Gauzfred mourut le 6 des calendes de mars 1165 (25 février 1164) , après avoir institué héritier ^ 105. de tous ses domaines, son fils Gérard, par un testament verbal fait ce jour même, en présence de sept témoins.

G\1W\KD ou GÉRARD 11.

Les sept témoins du testament de Gauzfred étaient, suivant les lois , obligés d'en donner connaissance dans

le délai de six mois. Ils le déclarèreni donc à l'Évéque d'Elne , à Miron , juge du Comté , et à l'Abbé de Saint- André, le 8 des ides de mai 1164. Ils en attestèrent la vérité par un serment prêté sur l'autel de Saint-'Pierre de l'église Saint -Jean de Perpignan, en présence de l'Évéque, de l'Abbé, du Juge, du Vicomte de Castelnou, de Pons de Rocha , de Bérenger d'Orla , de Bernard de Castell-Rossello , de Gérard d'IUe, de Pons de Banyuls, et de plusieurs autres Chevaliers. Malgré ce testament et la déclaration faite par son père en 1151 , il parait que Gérard éprouva quelque opposition : elle provenait de la femme épousée par son père, après la répudiation d'Ermengarde et des enfants qu'il en avait eus. Nous voyons le pape Alexandre III , à la sollicitation de Raymond Trencavel , écrire de Montpellier deux lettres à ce sujet, le 19 août 1165. Dans. la première, adressée à Gérard , il confirme ses droits ; dans la seconde , il recommande aux Archevêques de Narbonne et de Tarragone , ainsi qu'aux Évéques d'Elne et de Girone , d'appuyer de toutes leurs forc^ les prétentions du comte Gérard à la succession de son père, prétentions qui, seules, étaient fondées, d'après les décisions de ses prédécesseurs.

Gérard avait, du vivant de son père, confirmé, comme Seigneur particulier de Perpignan , les coutumes et bons usages de cette ville, par une charte datée des nones de juin 1162. Il fit une donation à l'hôpital de cette ville, le 3 des nones de janvier 1167; et le 14 des calendes de juin 1170, il accorda de nouveaux privilèges à Perpignan. Il mourut peu de temps après, le 4 des nones de ^1172. juillet 1172, jour où, par son testament, il institua pour son héritier au Comté de Roussillon et k ce qu'il possédait dans ceux d'Ampurias et de Pierrelate, Alphonse II, roi d'Aragon. Ce Monarque n'avait aucun droit à cet héritage.

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