CHAPITRE SEPTIÈME
concert avec sa femme Guisia, il entreprit, en 1001, la construction du monastère de Saint-Martin-de-Canigou , auquel il fit deux donations, l'une en 1005, et l'autre en 1007. La dédicace de l'église eut lieu en 1009. La bulle du Pape au sujet de cette fondation, est de l'an 1010. Aucun document ne fournit la moindre trace du meurtre pour l'expiation duquel, au rapport de certains auteurs, il se serait décidé à construire cet immense édifice, au milieu des rochers, et dans le site le plus sauvée. C'était l'esprit d*un siècle, où l'on ne voyait que trop souvent les princes allier une orgueilleuse piété à la violation la plus' déboutée des préceptes de l'Église. Ce même Comte, qui venait de bâtir et de doter un grand monastère, donna, en 1016, au Vicomte de Narbonne et au Marquis de Gothie, cent mille sols pour assurer la nomination de son fils Guifred, qui n'avait pas dix ans, à l'Archevêché de Narbonne. Le comte Guifred, marié en premières noces à Guisia, fille du comte de Pallas, en secondes noces avec Elisabeth, dont on ignore la famille, eut de ces deux femmes cinq garçons et une fille , nommée Fide. Raymond, Tainé de ses fils, lui succéda au Comté de Cerdagne; Bernard eut le Comté de Berga; Guillaume fut Évêque d'Urgel, et Bérenger d'Elne. Nous avons vu comment Guifred avait obtenu l'Archevêché de Narbonne : sa conduite y fut digne des moyens auxquels il dut son élévation. Malgré plusieurs .excommunications, il se maintint soixante-trois ans dans son Évêché, qu'il pilla jusqu'à vendre à des Juifs les vases sacrés , afin de se procurer cent mille sols, dont il acheta l'Évêché d'Urgel, pour son frère Guillaume. Après avoir fait son testament, le 8 novembre 1055, le comte Vuifred prit l'habit monacal k Saint-Martin , et y mourut en 1050. Il n'avait point encore renoncé au monde , lorsque son fils , Archevêque
de Naii>onne, ^int présider, le 22 juin i035, à Saint- Michel-de-Cuxa, un Concile, où se trouvèrent Ifes Évéques de Toulouse , Girone , Cominges , Maguelone , Auaone , Couserans, Elne, et un autre, dont le siège n'est pas indiqué.
KWHOND.
Ce Comte succéda k son père, vers l'an 1056; il assista k l'assemblée de Tuluges, à la consécration de l'église d'Arles, en 1046. Il eut quelques démêlés avec ses trois frères , Bernard , Guillaume et Bérenger, que soutenaient les Comtes d'Urgel et de Barcelone : ils étaient terminés en 1050. Il eut de sa femme, Adèle, deux fils : Guillaume, qui lui succéda, et Henri, qui fut Vicomte de Cerdagne, et se rendit célèbre par sa valeur et par ses vertus. Le comte Raymond mourut en 1068.
Il succéda k son père. Il était déjk marié l'année précédente avec Adélaïde, fille du Comte de Carcassonne, puisque le 27 décembre 1067, il avait vendu au Comte de Barcelone les droits de sa femme sur le Carcasses et le Rasés, pour quatre mille mancuses d'or de Barcelone, dont sept pesaient une once. Ses gens ayant employé la violence, en 1075, pour chasser le Comte de Roussillon de l'église de Saint-Micbel-de-Cuxa, qui dépendait de son Comté, il se soumit à la pénitence canonique imposée par l'Évéque d'Ëlne pour expier ce sacrilège, commis par son ordre. Quelques années après, il fonda Villefranche, en Confient. D'après les termes de la charte, cette fondation doit être postérieure au 6 des ides de mai, vingt-septième année du roi Philippe (1085), et le jour