‹ Histoire du RoussillonChapitre 63 sur 241 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

même de la nomination d'Artal II k rÉvèché d'Elne. Ce Comte mourut à la fin de 1093. Par son testament du 7 octobre, il institua héritier universel de ses domaines ^ Guillaume-Jordan , son fils aîné , ne laissant au puîné , Bemard^uillaume, que le Comté de Berga, pour le tenir sous la dépendance féodale de son aîné. Sa femme lui survivait encore en 1102.

Une des premières entreprises de ce Comte, fut de contribuer de toutes ses forces à rétablir son cousin Bertrand, fils de Raymond de Saint-Gilles, dans le Comté de Toulouse , d'où il avait été chassé par Guillaume , duc d'Aquitaine, en l'absence de son père, parti pour la première Croisade. Il ne tarda point à aller rejoindre, dans la Palestine, Raymond de Saint-Gilles. Il testa avant de partir, le 13 avril 1102, en faveur de son frère Bernard-Guillaume, qu'il institua son héritier universel, lui substituant son oncle Henri , à celui-ci le Comte de Bésalu , et à ce dernier le Comte de Barcelone. Arrivé, cette même année, à la Terre-Sainte, il y combattit sous les drapeaux du comte de Saint-Gilles, jusqu'à la mort de ce prince, qui le fit héritier de ses conquêtes en Orient. Après les avoir défendues pendant quatre ans contre les Infidèles, et s'être distingué par les plus brillants exploits, il partagea ce qu'il possédait dans ce pays avec Bertrand de Toulouse, qui était venu réclamer l'héritage de son père. Guillaume-Jordan mourut en 1109, suivant un auteur contemporain, d'un coup de flèche que lui décocha un de ses écuyers, avec qui il avait eu une querelle. Guillaume de Tyr, écrivain postérieur, mais plus judicieux, dit que le Comte de Cerdagne, ayant voulu apaiser une

rixe très sérieuse , élevée pour un sujet de peu d'importance entre ses gens et ceux du comte Bertrand , fut tué d'un coup de flèche tiré par une main inconnue. II ajoute que Bertrand, qui, d'après leurs conventions, devait succéder à ses États d'Orient, fut soupçonné d'avoir été l'instigateur secret du crime; mais que le fait n'avait jamais été bien éclairci.

Bernard-Guillaume succéda k son frère dans ses États d'Europe. Peu après il voulut soutenir par les armes, contre le Comte de Barcelone^ ses droits sur les pays de Bésalu, Vallespir, Fenouillèdes et Pierrepertuse , qu'il croyait devoir lui appartenir comme au plus proche parent, et k l'héritier naturel du dernier Comte. Il s'empara d'abord de quelques places; mais, craignant les suites de cette guerre, vu l'infériorité de ses forces, il abandonna à son rival ses droits sur tous ces Comtés par un acte dressé le 8 juin 1111. Il mourut en 1117, et tous ses domaines rentrèrent dans la maison de Barcelone, dont la puissance se trouva singulièrement accrue. Elle y gagnait en effet : au-delk des monts, la Cerdagne espagnole et le Comté de Berga ; en France , les cantons de Saillagoùse , Mont-Louis , Olette , Prades et Vinça.

COMTES DE BÉSALU.

Nous avons dit, page 119, de quelles terres se composait le Comté de Bésalu, qui fut le partage de Bernard, fils d'Oliba. Voici la série de ces Comtes :

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Bernard, que Ton croit l'ainé des fils d'OIiba-Cabréta, lai succéda dans le Comté de Bésalu et ses dépendances. Nous avons vu qu'il fit un noble usage de sa puissance en protégeant le jeune Comte de Roussillon, Gauzfred II. Des exploits peu connus lui firent donner le nom de Taillefer; sa sagesse et sa bonté lui méritèrent celui de Père de la pa^ne.* Marié avant 997 avec Adélaïde ou Tote, fille de Raymond Borel, Comte de Barcelone, il en eut cinq garçons et trois filles. L'atné, Guillaume, lui succéda ; Vuifred et Henri devaient embrasser l'état ecclésiastique ; Hugues et Bérenger n'eurent que quelques aleus pour leur part ; Garsinde, l'ainée des filles , avait épousé, en iOlO, Bérenger, vicomte de Narbonne; Adélaïde fut religieuse; Constance eut seulement quelques domaines peu considérables. Il laissa pour douaire à sa femme, qui lui survécut, le Vallespir. Ce Comte était allé en Provence pour y négocier le mariage de son fils aine. Au retour, le 29 novembre 1020, il se noya dans le Rhône, qu'il voulait traverser k cheval. Cette mort tragique causa des regrets universels.

Guillaume, surnommé le Gras, hérita des États, mais non des vertus de son père. Avide d'argent, il vendit les abbayes de ses domaines. Excommunié pour sa vénalité, il se réconcilia avec l'Église avant sa mort, arrivée en 1052. Il fut du nombre des Seigneurs qui assistèrent au Concile de Tuluges. Il laissa, de sa femme, Adèle, deux fils, Guillaume et Bernard, qui lui succédèrent.

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Ces deux princes gouvernèrent en commun les États dont ils avaient hérité de leur père. Ils étaient d'un caractère bien différent: le premier, violent et emporté, paraît avoir eu des discussions avec l'Évêque de Girone ; car, dans la donation qu'il lui fit en 1055 de la terre de Bascara, il dit lui pardonner tous les sujets de plainte qu'il avait eus contre lui, et témoigne le désir d'aller visiter le Saint-Sépulcre , projet qu'il ne parait pas cependant avoir exécuté. Détesté de ses sujets, il fut assassiné vers l'an 1070. On accusa son frère Bernard de n'avoir point fait tout ce qu'il devait pour empêcher ce crime. Cependant , ce prince , dont tous les historiens louent la douceur, ne montra pas le moindre désir de régner seul ; car, son frère ayant laissé de Stéphanie, sa femme, un fils encore en bas-âge, il s'empressa de se l'associer dès qu'il fut majeur. En mourant, après 1095, sans avoir des enfants de sa femme Ermengarde, il fit héritier de tous ses domaines, ce neveu, nommé Bernard, comme lui. Il avait protégé, en 1077, les Légats du Pape, au Concile de Girone, contre l'archevêque de Narbonne Guifred , et leur avait donné asile dans son ch&teau de Bésalu, où le Concile fut continué. On y excommunia Guifred, et on y déposa, comme simoniaques, six Abbés des Comtés de Bésalu, Vallespir et Fenouillèdes. Afin de remettre Tordre dans ces monastères, le Comte fut obligé de racheter les Abbayes d'Arles et de Saint-Paul , qui avaient été prises à fief, la première par Guifred, archevêque de Narbonne ; la seconde , par le Vicomte de Fenouillèdes.

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