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CHAPITRE HUITIÈME

province (Appendice, n" 6). Ob la vit toutefois insensiblement remplacée par une coutume particulière, qui , introduite peu à peu et suivant le besoin des temps , ne fut réellement importée dans tout le Comté que lorsque Perpignan , ou elle avait pris naissance, eut acquis une certaine importance. Ekifin, Gérard II, notre dernier Comte , ordonna , dans l'article II de cette coutume , que, pour ce qui ne s'y trouvera pas prévu, on suivra les dispositions du droit commun et non tes usages de Barcelone ou du code visigothique. Ce fut aussi sous le Gouvernement de ces Comtes que la langue latine, toujours usitée dans les actes publics, cessa d'être la langue vulgaire, et fut remplacée par la catalane. L'autorité des

Comtes s'étendait sur le militaire et le civil. Présidents-

nés des tribunaux qui rendaient la justice, ils exerçaient quelquefois ces fonctions eux-mêmes : mais ils étaient toujours aidés ou suppléés par des juges qu'ils nommaient; les autres membres de ces tribunaux étaient des prud'hommes, probi homines, choisi^ dans toutes les classes de citoyens. Leur indépendance est démontrée par plusieurs jugements, dans lesquels on les voit condanmer des personnages puissants, et même débouter les Comtes des prétentions injustes qu'ils avaient soutenues avec chaleur. Ces sortes d'assemblées où se rendait la justice, étaient appelées plaids^ plaàta; on y traitait quelquefois d'autres affaires, comme de la construction ou réparation' d'une église, d'un pont, d'un édifice public.

Les principales sources du revenu des Comtes, étaient : 1^ le produit de leurs domaines particuliers; 2^ la fabrication de la monnaie; 3^ les amendes ou les compositions résultant des jugements rendus en* leur nom ; 4» quelques droits de péage. Leur administration était paternelle, et

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aussi habile qu'elle pouvait rétre dans ces siècles d'igno* rance et de barbarie. Us avaient trouvé le pays dépeuplé par les malheurs des temps qui les avaient précédés. Sous leur Çouvemement, en général pacifique, plusieurs villages se formèrent, et Perpignan devint une ville. L'agriculture fit des progrès; ils l'encouragèrent par leur exemple. Le testament de Gérard II nous fait connaître qu'il avait desséché un terrain considérable auprès de Perpignan. Nous verrons plus bas, que c'est très probablement sous leur règne que l'art de l'irrigation s'introduisit dans le Roussillon , et qu'ils ne furent pas étrangers aux progrès qu'il y fit. Outre les grandes abbayes, telles que celles de Saint-Michel , de Saint-Martin , d'Arles, de Saint-Génis, de Saint-André , dont il a été plusieurs fois question dans cette histoire, on avait construit une infinité de petits monastères, tels que ceux de Valbone, de Saint- Clément, de Saint-Estève , d'Espira, de Saint-Paul, etc., qui contribuèrent puissamment au défrichement des terres. Les ruines de ces édifices, et quelques églises de campagne nous montrent encore des fragments d'architecture et de sculpture d'un assez bon style gothique. Les chartes anciennes nous font voir que la province était beaucoup plus boisée alors qu'aujourd'hui. Quoiqu'il y soit parlé de mines, nous n'avons rien trouvé qui porte à croire qu'on en tirât un grand parti ^ Nous ignorons si la fabrication des draps, à laquelle ce département dut dans la suite une grande partie de sa prospérité, avait déjà commencé sous les Comtes. 'Ce qui nous le ferait soupçonner, c'est que dans les chartes, on voit parfois que les objets vendus étaient dits confiner aux foulons (ad fuUorUcas); et on est certain, d'après nos archives, qu'en 1110 et

1 Dès l'an 1011 il est question de forges dans nos vieilles archives. En 1182, Alphonse II tfonue au monastère de Campredon , cctlef qu'il possédait à Py.

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