CHAPITRE HUITIÈME
1188, il en existait k Yernet et a Arles; Ces anciens documents ne nous fournissent pas des renseignements bien précis sur le commerce que faisait le Roussillon. Cependant, il parait, suivant les expressions d'un privilège accordé en 1109 par Bertrand, Comte de Toulouse, aux Génois, qu'ils devaient fréquenter le Port-Vendres; et le testament du dernier comte Gérard nous indique qu'il y avait à Perpignan des espèces de banquiers ; car cette restitution qu'il ordonne de faire, Pdro Mariino, feneratori de Perpiniano, nous porte à croire que, dans cette phrase, le mot de fenerator ne peut être traduit par celui d'usurier, mais bien par celui de banquier.
On emploie quelquefois, dans les transactions de cette époque , les monnaies fabriquées à Perpignan'; mais le plus souvent les sommes y sont exprimées en sols melgoriens, monnaie d'argent d'un usage général dans la Septimanie et la Marche d'Espagne. Cette monnaie se fabriquait au. château de Melgueil (Maugio)^ auprès de Montpellier. Il y avait originairement vingt a vingt - deux sols k la^ livre d'ai^ent fin ; mais l'alliage qui n'était d'abord que de 7t4 Alt porté au tiers; de sorte qu'on n'employa que huit onces, ou un marc de métal fin, pour fabriquer vingt de ces sols. L'altération, qui d'abord n'avait affecté que le titre de cette monnaie, eut bientôt lieu sur le poids, et alla toujours croissant, k tel point que, dès l'an 1151, on taillait quarante-huit de ces sols au marc; cinquante, en 1167 et 1168, et qu'enfin, dans la suite, il y en eut cinquante-deux, soixante et jusqu'k soixante-cinq au marc. C'est ce qu'on doit conclure de plusieurs transactions de cette époque, où l'on stipulait qu'en cas d'altération dans ces sols, les sommes prêtées seraient rendues en marcs d'argent, dontchacun compterait pour un certain nombre de sols, le même sans doute qui était la valeur du marc
lorsqu'on passa le contrat. On exprimait quelquefois les sommes un peu fortes en livres d'ai^ent fin du poids de Perpignan, et vingt-et-un sols k la livre; mais on se servait plus ordinairement du sol appelé de Perpignan on de Roussillon, ou bien solidus denariorum : il contenait douze deniers, et était au titre de ^'/^^ de fin. Il parait qu'en 1118 on n'en comptait encore que vingt-et-un k la livre. II existait aussi des sols et des morabatins d'or. Ces derniers étaient plus usités; il y en avait quatre au sol, quatre-vingt-quatre k la livre.
Une charte du \^^ décembre 1180 nous apprend que le morabatin d'or valait sept sols melgoriens. Comme l'once représentait sept morabatins, il en résulte que l'once d'or valait quarante-neuf sols melgoriens, à peu près un marc d'argent, dont la valeur était alors de cinquante sols. Mais il est probable que l'or du morabatin n'était qu'à dix-huit karats, et alors la valeur de l'or eût été k celle de l'argent k très peu près, comme 10 Vi est à 1 .
Nous voyons dans les chartes de ce temps qu'on mesurait les grains avec le muid et le séUer (modiusetsextarius). La mesure agraire était la modiata , ayant probablement tiré son nom de ce qu'elle était la quantité de terrain qu'on pouvait ensemencer avec un muid de grain; mais nous n'avons pu découvrir quelle fut la valeur réelle de ces mesures*. Le dextre de 6 coudées et */« pied, c'est-à-
1 Les auteurs latins fonraissent des indicationc pour apprécier c«s mesures. Le modiu* agri (moitié du jugerum) était une surface carrée de 120 pieds de côlé (38" 98). produisant 1.590 mètres carrés. L'bectare exigeant 900 litres de semence, il en faudrait trente pour cette sorfece, qui répond à la modiata da xin' siècle . au quart de Tayniinale actuelle. U modiut contenait donc 90 litres.
Le ttxtariuê ( le sélier ) , désigné par les mêmes auteurs ( Pliue. Cicéron , Varrun ) tantôt conune le quart, taolôi comme le seizième du ffiotfii«, diffère singulièrement aujourd'hui do le qu'il fbt alors, puisque, dans nos contrées méridionales, il rcpréfenle les quatre cinqui<-lues de l'hectolitre.
L'aïqiréciation du dtxlre est parfailenK-iit cxui te.