CHAPITRE NECYlÈMEi
effet, il ne laissait pour héritier qu'un enfant de six ans, au pouvoir de son ennemi.
L'absence et'la minorité du nouveau Roi firent naître des factions, dont les chefs étaient Ferdinand et Sancho, l'un frère, l'autre oncle de Pierre II. 'On prit cependant les armes pour forcer Simon de Montfort k rendre l'enfant royal. Nuno était l'un des chefs des troupes levées a cet effet. Heureusement le Pape intervint dans cette affaire, et ordonna à Simon de remettre le jeune Roi k son Légat. Celui-ci le conduisit en Catalogne en 1214. Sancho, son fils, la Noblesse , les députés des villes, allèrent le recevoir k Narbonne ; les deux premiers s'engagèrent, par serment, k ne point enlever le jeune prince aux personnes k qui le Légat le donnerait en garde : Jacques fut conduit k Lérida, où s'étaient réunis les Grands, la Noblesse et dix députés de chaque ville. On lui prêta serment de fidélité, ce qui n'avait jamais été pratiqué en Aragon. Cette assemblée offre une autre innovation remarquable. Les députés des villes n'assistaient pas aux réunions politiques de la Catalogne : dans cette occasion, ils y vinrent par zèle, ou y fiirent appelés k cause de la gravité des circonstances. Dans la suite, ils en firent une partie essentielle, sous le nom de Bras ou État royal. Les Prélats, les Barons et les Nobles, qui, seuls , jusqu'alors avaient formé la Cort du Comte , réunion assez semblable aux premiers Parlements de France, se divisèrent en deux Bras ou États, l'ecclésiastique et le militaire. L'Infant Don Ferdinand et le^ Seigneur du Roussillon , occupés, chacun de son côté, k lever des troupes pour profiter de la confusion qui régnait dans le royaume, s'en approprier une partie et s'emparer de la personne du Roi, n'assistèrent pas k ce^te assemblée, qui, par sa fermeté, déjoua leurs projets ambitieux. Elle confia la garde
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et réducation du jeane Roi à Guillaume de Monlredon , maître de la Milice du Temple en Aragon. Celui-ci le conduisit dans le ch&teau fort de Monçon. On nomma trois Gouverneurs des frontières, un pour la Catalogne, et deux pour l'Aragon ; Sancho fut Procureur-Général de toute la monarchie.
Quelque temps après la séparation de l'assemblée de Lérida , les Prélats et les Seigneurs craignant que le Roi ne fût pas en sûreté à Monçon contre les entreprises de ses oncles, l'en retirèrent en 1217, avec le consentement des Templiers, et le conduisirent sous bonne escorte à Huesca et ensuite k Saragosse. Sancho, marchant à la tête du cortège, calma ainsi les inquiétudes qu'il avait données aux sujets fidèles; il les dissipa entièrement en 1218, aux Cortés tenues k Tarragone, où, se démettant de la charge de Procureur-Général, il reçut en échange des terres pour quinze mille sols de rente, et une pension d'égale valeur k percevoir sur les revenus de Barcelone et de Villefranche-dels- Panades. Après quoi, il prêta au Roi serment de le servir fidèlement. Il parait que, depuis cette époque, renonçante toute intrigue, il resta tranquille dans ses terres. Cherchant peut-être k mettre k profit la minorité du Souverain pour se rendre plus indépendant, il y fit cette même année, avec le concours des Barons du pays et de Gualter, évéque d'Elne, une constitution de paix et trêve, dont l'effet devait s'étendre sur tout ce Diocèse et la Cerdagne. Son fils, Nuno * , au contraire , suivait la cour , et y disputait le gouvernement de l'État k l'Infant Don Ferdinand et k
1 Ce prince amdt éponté , en 1S15 . Pétronille , fille et hérilière de Gentale III , «onte de Bigorre; Montfort réassit par ses intrignes à faire déclarer ce mariage nul, afin de ùAn éponser cette héritière par son second fils. Nullo éponsa dans la wile Thérèse Li)|)ez;, fille du Seigneur de la Biscaye.