CHAPITRE NEUVIÈME
BajoleSvprcs de Perpignan. II mourut le 21 janvier 1242, jour où ses exécuteurs testamentaires remirent au Roi d'Aragon les actes exposant ses prétentions sur le Rous« sillon et les autres États, qui rentrèrent alors dans le domaine direct de la couronne d'Aragon ; mais ce ne fut pas pour long-temps. Déjà, le 19 juin 1248, dans une disposition publiée à Valence, le roi Jacques les donnait, ainsi que Montpellier et quelques autres terres, k Ferdi«nand, son troisième fils. Celui-ci étant mort sans enfants, son apanage fut réuni k la Catalogne, qui formait celui <le Pierre, second fils de Jacques. En efiet, ce prince, soit dans une charte du 8 octobre 1261, où il ordonne de se servir en Roussillon de la monnaie de Barcelone, soit dans son contrat de mariage avec Constance, fille de Mainfiroi , roi de Sicile , prend le titre de fils du Roi et d'héritier présomptif de la Catalogne et du Roussillon. Dans cette dernière charte, datée de Montpellier, le jour des ides de juin 1262, il assigne pour douaire k sa femme les villes de Girone et de Collioure, avcQ tous leurs revenus.
Depuis que la Catalogne et le Roussillon avaient été réunis au Royaume d'Aragon, ces provinces ne dépen**daient plus, par le fait, des Rois de France, qui, cepen-^ dant, prétendaient avec raison en être Seigneurs suze^ rains. Les Monarques aragonais, de leur côté ,. avaient des prétentions plus ou moins bien fondées sur diverses parties du Languedoc et de la Provence. Saint Louis et Jacques I^'' étaient des princes trop habiles, pour ne pas sentir qu'il valait mieux, dans l'intérêt des deux Etats, légitimer par un traité la possession. des pays dont chaque Roi jouissait par le fait, que de laisser k leurs successeurs des droits incertains, d'où pourraient nadtre des guerres désastreuses. En conséquence, ils convinrent, k Corbeil^
166 9IIST0iRB DU ROUSSILLON.
4258. en i258, que Louis céderait à Jacques tous ses droits 3ur les Comtés de Barcelone, d'Urgel , de Bésalu, d'Am* purias, de Gîrone, d'Ausone, de Cerdagne, de Confient et de RoussiUon ; que le Roi d'Aragon , à son tour, Teaoa^ cerait en (aveur de Louis & toute prétention sur le Car^ cassés, le Rasés, le Lauragais, le Tennenois, et en général sur ce qui avait appartenu k Raymond, comte de Toulouse. Les droits cédés par Louis étaient réels, incontestables; la plupart de ceux que céda Jacques étaient chimériques. La perte que le Roi d'Aragon fit, deux ans après, de son fils aine Alphonse , le détermina k faire un nouveau partage de ses États entre les deux fils qui lui restaient. Il assigna k Pierre, l'ainé, l' Aragon, la Catalogne et Va«» lence; Jacques, le second, eut pour sa part les îles Baléa-* res, avec le titre de Roi de Majorque, le RoussiUon, la Cerdagne, le Confient, la Seigneurie de Montpellier : les deux frères devaient être indépendants l'un de l'autre. Il confirma cet arrangement par son testament , fait k
1272. Montpellier, le 26 août 1272. Ce partage déplut fort k l'ainé; il tenait beaucoup k garder le RoussiUon, qui lui avait été assigné autrefois, où il avait déjk, comme nous l'avons vu, exercé quelques actes d'autorité, et où il eut, avant la mort de son père, une occasion de signaler sa valeur de la manière la plus brillante. Traversant cette province, en 1275, pour aller k Toulouse faire une visite au Roi de France, son beau-*frère, il était accompagné par le Vicomte de Castelnou, seigneur roussillonnais , alors en guerre avec son firère Arnaud de Corsavi. Pierre donna ordre k ce dernier de lever le siège du château de Montbolo, situé dans, la vallée d'Arles, et appartenant au vicomte Arnaud. Soutenu par Guillaume de Canet et plusieurs Gentilshommes catalans; se trouvant k la tète de trois mille hommes de pied et de cent cinquante cavaliers;