‹ Histoire du RoussillonChapitre 83 sur 241 · CHAPITRE MELVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE MELVIÈME

fier de ses forces, il refusa d'obéir. Pierre, de retour de sa visite , sort de Figuères , k l'entrée de la nuit , avec cent quatre-vingts chevaux, et arrive avant le jour sur les troupes assiégeantes ; découvert par les gardes avancées, il fond sur l'ennemi, le met en déroute, ravitaille le château, et fait un grand butin en armes et dievaux. Il parait, h la vérité, qu'il dut cet éclatant succès à ce que Guillaume de Canet, reconnaissant la bannière da l'Infant, se retira avec les siens; et ne prit aucune part au combat. Le 27 juillet de l'année suivante, 1276, Jacques l^, dit le 427e* Conquérant, mourut à Xativa.

Durant toute la période que nous venons de parcourir, le Roussillon ne cessa de faire partie intégrante de la Catalogne. Cependant, comme il fut presque toujours ou l'apanage de Sancho et de son fils, ou gouverné en particulier par l'un des fils de Jacques, il ne parait pas qu'il ait envoyé des députés aux Certes de Catalogne ; et l'on voit qu'il continua k se régir d'après les usages de Perpignan , et que la monnaie de cette ville eut toujours cours dans le pays, concurremment avec celle de Barcelone. Celle-ciéprouva plusieurs changements : le ^ol de quem oa quatem, de 44 au marc d'argent, de 11 '/t deniers de fin, ftat remplacé, le 6 des cal. de janvier 1221 , par le sol dob&ncade 88 au marc. A cette monnaie succéda celle dite de tem,. dont nous parierons dans un autre chapitre. Elle fut établie par un édit du l^^* août 1258, et confirmée dans la suite par une constitution des Cortés tenues à Barcelone en 1290. On trouve quelquefois, dans les chartes de cette époque, une monnaie à\lb jaccaiae , du lieu de Jacca, en Aragon, où elle se fabriquait. Dans le principe, le sol de tem était de même valeur que le sol jaccais. Le 5 août 1273, Jacques \^^ ordonna de stipuler dans le Roussillon en monnaie de Barcelone , permettant cependant d'effectuée

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les paiements en monnaie melgorienne ou toute autre. Nous voyons dans les actes de ce temps, que le sextarius était encore la mesure des grains; la charge ou saumata, celle du vin. Outre le revenu de leurs domaines, les Rois percevaient des droits de passage (leudes) k certains points. Aussi, voit-on les rois Pierre II et Jacques l^^ assujettir les marchandises h passer par CoUioure et Banyuls, pour aller en Catalogne; par Estagel, pour aller vers Saint- Paul, Âlet et Limoux. Dans des cas extraordinaires, les Cortés de Catalogne accordaient au Souverain la levée d'un impôt appelé bouatje, dont nous avons déjà parlé. Le gouvernement de ces trois Rois d'Aragon fut très favorable au Roussillon. Nous avons dit ce que Perpignan et Saint-Laurent-de-la-Salanque durent à Pierre II ; plusieurs autres communes flrent, sous ces princes, les premiers pas vers leur émancipation.

Les expéditions de Jacques I®^ contribuèrent k donner aux Catalans et aux Roussillonnais, le goût de la navigation et du commerce. L'existence de plusieurs moulins k foulon , que les actes de cette époque nous indiquent dans les vallées du Tech et de la Tet, prouvent que les manufactures de drap étaient nombreuses dans la province. Les Juifs, qui se jettent partout où il y a quelque spéculation k Êdre , affluèrent dans le pays; mais le Gouvernement se trouva bientôt obligé de mettre un frein k leur usure. Par une constitution faite aux Cortés de tarragone, en 1228, il leur avait été défendu de prêter k un taux plus élevé que vingt pour cent. On dut renouveler cette défense en 1240, quoique les Chrétiens ne pussent prêter qu'k douze. On trouve une constitution de Jacques 1^^^ faite aussi k Tarragone en 1255, dans laquelle ce prince, permettant aux Juifs et aux Sarrasins de se convertir au Christianisme , et même les y engageant , leur défend , sous peine de

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devenir esclaves, d'abandonner la loi de Moïse pour celle de Mahomet, et vice versa. Il existait donc des Sarrasins libres dans les États d'Aragon , et nous voyons aussi , par plusieurs actes de vente, qu'il y avait en Roussillon des esclaves de cette nation. Le testament de Nniio- Sancho nous apprend qu'on avait iait des projets et levé des subsides pour l'amélioration du port de Collioure.

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