CHAPITRE DIXIÈME
venir six galères pour a«»arer sa retraite s'il éebouait dans son entreprise. Ayant assemblé nn grand conseil, Rocafort s'y rend avec son frère : de tout eôté des plaintes s'élèvent contre ce chef, qui y répond avec 8<m arrogamee habittielle; la querellé s'édbairffe; on se lève, on Tentonre^ on se saisit 9ea deux frères, et on les litre à Cypoia. Les Turcs et les nombreux amis de Rocafort, inquiets toute la naît, s'apaisent lé tendemain, en apprenant que lei» Général n'est pas mort. Cypois, voyant que tout est calme, Eût passer de nuit ses prisonniers sur la flotte, décidé k abandonner une armée où il prévoit nne affreuse sédition. Elle éclate, en effet, au départ des galères* On se jette sur ceux qu'on regarde comme les auteurs de la catastrophe : quatorze des prindpanx capitaines^ et pliBh sieurs^ de leurs amis furent massacrés^. Cypois Kvra les Rocafort au Roi de Naples, leur ennemi, qui les laissa mourir de faim dans le ch&teau d'Averse.
L'armée se trouva ainsi, non-seulement sans chef, mais encore dépourvue d'hommes en étal de h tom^ mander. On choisH quatre persomies, savoir : deux CbcK vaHers, un Capitaine et un simple AlmogSfvare, pour la conduire, d'après les avis d'un conseil de douze, toujoim permanent. Elle était enéore à Gassandria, lorsque le Duc d'Athènes lui fit proposer d'entrer it son service ^ offrant six mois de paie d'avance et les mêmes avantages que lui avait Ëiits l'Empereur grec. L'envoyé du Due cAiargé de Cétie négociation , était un Chevalier catalan , né en RoussIUoû , nommé Deslau par Moncada, et Deslaurd par d'autres au^ teurs, venu sans doute it Athènes avec d'Arénos, et déjà fixé dans ce pays. On le chargea de la négociation en sa qualité de compatriote et d'ancien compagnon des Catalans. L'époque de l'entrée de ces derniers au service du Duc, reste fort incertaine. Ils n'avaient point de vaisseaux, et la route
par terre offrait des difficultés jugées insunnontaUes. Comme ils ne pouvaient vivre dans un pays ruiné, ils marchèrent, au nombre de huit mille hommes, sur Théssalonique. Us trouvèrent cette ville dans un état de défense trop respectable pour l'attaquer; mais tous les passages pour rentrer dans la Thrace étant occupés et fortifiés par les Grecs, les Catalans se jettent dans des montagnes difficiles, et arrivent, en trois marches forcées, vers rembouchivedu Salampria (anciennement le Pénée). Us passent l'hiver dans la vallée de Tempe, contrée aussi abon()ante qu'agréa* ble. Au retour du printemps, ils envahissent la Thessalie dont le prince, employant les prières et Taisent, s'em* presse de leur fournir des vivres, et les décide à traverser le pays des Blaques ' pour arriver en Âchaïe. Cette marche à travers des montagnes habitées par des peuples fiers et belliqueia, où l'on ne pouvait &ire un pas sans combattre, ne fiit pas un des moindres exploits de ces avraturiers. Us passent, enfin, les fiuneux défilés des Thermopyles, et viennent s'établir sur les bords du Céphise , qui descrad du llont^Pamasse. Là, ils entrent au service du Duc d'Athènes, qui, par leur secours, triomphe.de ses en» nemîs , et conclut des traités qui lui font recouvrer jdus de trente places. Ce prince parait d'abord disposé k reconnaître d'aussi grands services , en donnant des établissements, à cinq cents d'entr'eux. Les autres en attendaient autant, ou du moins la paie qui leur était due, lorsqu'ils reçurent l'ordre de vider le pays. Déclarer la guerre au Duc, se saisir de quelques positions importantes, et vivre aux dépens des habitants, fut la réponse de ces guerriers justement irrités. Les cinq cents qui avaient reçu des
1 Caatou de rancteniie Étolie, situé d«as les noDlagaes au DOrd de Lépaate, et confinant i la Thessalie. qui avait pris le nom de Blaquie on Vlakie, de quelques Valaques, qui y avaient été transportés par d#s Empereurs frers. (Larcrbr, Géographie tHerodûU.)