‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 109 sur 282 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

quatre et un-demi sols toulousains pour vingt sols de tern. Il fixa la valeur du tournois à seize deniers de tern; celle de la maimondine fut fixée, six ans après, a cinq sols de tern pour la simple, et à dix pour la double; celle du morabatin à sept sols; celle du éterling à quatre deniers. Jacques avait été dispensé de prêter foi et hommage en. personne. Sancho, son second fils et son héritier présomptif, parce que rainé, appelé Jacques, comme son père, avait pris l'habit de Frère Mineur, s'acquitte de ce devoir pour son père, le 19 octobre 1302. La oérémonie 4502, eut lieu à Girone en présence du Comte d'Ampurias; de Daknau , vicomte de Rocaberti ; de Jazbert , vicomte de Castelnou ; de Guillaume Galceran de Rocaberti, seigneur de Gabrentz; de Raymond de Ganet; d'Arnaud de Corsavi ; de Bernard de So , et des Syndics de Perpignan * , de Majorque et de Puycerda, qui, avec la permission du Roi , jurèrent comme garants des promesses que faisait, en son nom l'Infant Don Sancho. L'an 1304, le Vicomte de Narbonne et Pierre de Fenouillet, choisis pour arbitres des différends que le Roi de Majorque et le Gomte de Foix avaient au sujet des limites de la Gerdagne et du Gapcir, avec le Donnézan et le Sallerdès, ne purent les terminer, quoiqu'ils se fussent réunis à Perpignan pour cet objet, qui ne fut arrangé qu'en 1308 par la reine Esclarmonde, tante du Gomte de Foix, assistée du Vicomte de Gardone. Le Roi de Majorque accompagna son neveu le Roi

1 On voit dans le Livre vert, que le 41 des calendes d'octobre 1302, tous les habitants . convoqués par Tordre du roi , se réunirent en parlement général dans le cimetière de Saint- Jean, suivant l'usage pour ces aortes d'assemblées; que là, sous la présidence de leurs («ensuis et en présence du Bailli et du Juge royal , ils élurent quatre bourgeois pour, au nom de la ville , jurer au Roi d'Aragon d'user de toute leur influence auprès du Roi de Majorque et de ses successeurs , pour les engager à garder les conditions du traité conclu en 1279, entre les deux Rois d'Aragon et de Majorque, déclarant que, dans le cas où l'un des successeurs du Roi actuel viendrait à les violer , la. ville ne lui fournirait aucun te tours < ontre \r Roi d'Aragon .

d'Aragon à Lyon, où ils assistèrent, le 14 novembre 1305, au couronnement du Pape.

Depuis la paix de 1298 , le Roussillon jouissait de la plus grande tranquillité. Les Seigneurs, qui ne pouvaient s'accoutumer k cet état de caltane , allaient chercher une vie plus brillante et plus aventureuse au service des Rois d'Aragon ou de Sicile : de ce nombre fut Jasbert, vicomte de Castelnou, qui partit en 1309, avec quelques galères aragonaises , pour aider le Roi de Marcie à faire le siège de Ceuta. Le Musulman attaquait par terre, et Castelnou par mer. Cette place, appartenant au Roi de Grenade, fut prise d'assaut, et ce succès on le dut surtout au conrage du Vicomte et des siens. La réputation que ce Seigneur roussillonnais acquit à ce siège, le fit nommer amiral de Castille, emploi qu'il n'accepta que sur l'ordre du Roi d'Aragon, qu'il regardait comme son Souverain. Quelques années auparavant, son oncle, Dalmau de Castelnou, l'un des plus braves Chevaliers de son temps, était passé en Sicile avec cent cavaliers et deux cents fantassins, pour y combattre en laveur du roi Frédéric Ier, frère dft Roi d'Aragon. De tous les guerriers roussillonnais qiri servirent dans les armées de ce prince, le plus illustre, tant par ses vertus que par sa naissance, fut Don Ferdinand, troisième fils du Roi de Majorque, dont nous parierons bientôt.

Un événement, dont les conséquences se firent sentir 'dans tous les Etats Chrétiens, occupa les dernières années du roi Jacques Ier de Majorque. Le Pape, à la sollicitation du Roi de France, Philippe-le-Rel, avait engagé, dès la fin ir>07. de 1507, tous les Souverains de l'Europe k faire arrêter les Templiers de leur domination, et à examiner leur conduite. Ces Chevaliers eurent plus h souffrir en Aragon de l'aveugle exaltation des peuples, qui les regardaient comme

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