‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 14 sur 282 · PREMIÈRE PÉRIODE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PÉRIODE

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Les anciens ne nous ont laissé que de bien faibles renseignements sur l'état primitif des pays qui forment le département des Pyrénées-Orientales. Pour y suppléer, les modernes ont eu recours à des conjectures plus ou moins ingénieuses, quelquefois même à des fables qui ne méritent pas d'être réfutées. Rapportant fidèlement ce que nous apprennent d'une manière précise des écrivains dignes de foi , et vivant à une époque où ils pouvaient puiser a des sources maintenant perdues, nous passerons légèrement sur les conjectures formées d'après des faits douteux ou des témoignages peu positifs.

César nous dit que les peuples de la partie orientale des Gaules, appelés Gatti par les Romains, se donnaient dans leur langue le nom de Celles; Polybe le leur donne également. Ces GalU ou Celtes étaient divisés en confédérations, formées chacune de plusieurs petits peuples. La contrée comprise entre la Méditerranée, les Pyrénées,

la Garonne et le Rhône, était occupée par la confédération des Volces, tant Arécomiques voisins du Rhône, que Tectosages établis vers les Pyrénées (voyez Cicéron, César, Strabon, Mêla, Pline, Ptolémée, Justin). Suivant Pomponius Mêla, la côte du Roussillon aurait été habitée par les Sardones ; Pline les y place aussi, leur donnant pour voisins, vers l'intérieur des terres, les Consuarani. Ptolémée attribue aux Yolces-Tectosages les deux villes d'IUibéris et de Ruscino. Quant a celle de Julia-Lybica, qu'il donne comme l'unique cité des Cerelani, elle paraît être Livia, petite ville espagnole, enclavée dans la Cerdagne française (canton de Saillagouse).

Oar.J.-c. Rufus-Festus-Aviénus l nous fournit sur les anciens habitants de notre pays, des détails plus circonstanciés. «Marseille, fondée environ 600 ans avant Jésus-Christ, commerçait, dit-il, sur nos côtes, habitées par lesSordi, peuple a demi sauvage, se plaisant dans des lieux d'un accès difficile, n'ayant d'autre demeure que les antres des bétes fauves. Au nord des Pyrénées, s'étendait une plaine sablonneuse, au milieu de laquelle coulait le fleuve Roschynus (la Tet). On trouvait ensuite un étang entouré de vastes marais : Sordiccn était le nom que leur donnaient les habitants; ils appelaient Sordus, une rivière se jetant dans la mer au sortir de ces lagunes. Il avait cependant existé dans les confins du pays des Sordi, une ville riche, appelée Pyrène, dont la distance aux Colonnes-d'Hercule était de sept journées de navigation pour un navire bon voilier. Les Marseillais y faisaient un grand commerce d'échange avec les Sordi. » Cette des-

1 Ce poète-géographe , contemporain du grand Théodose , a composé deux poèmes sur la géographie. Voyex celui qui est intitulé Ora maritima, depuis le vers 552 jusqu'au 572*. en ehsmant . d'après tous les commentateurs , que ses descriptions se rapportent toujours à l'ancien état du pays.

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