‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 176 sur 282 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

ou pris dans une embuscade. Après ce petit combat, le Duc se retira sur Perpignan avec ses hommes d'armes % se contentant d'inquiéter les frontières du Languedoc par des détachements; dont l'on s'empara des châteaux de Caladroy et de Bèflèsta. La garnison de Satses indiquait, par les signant dont on était eonveftu, qu'elle n'était pas encore réduite h la dernière extrémité. Le Due d'Àlbe, pour tracasser les assiégeants, se porta avec sa petite armée sur Claira, et s'avança avec partie de sa cavalerie légère sur Saint-Hippotyte , dans le dessein d'y surprendre un parti ennemi , et de pousser par le grau un détachement jusqu'aux environs de Narbonne. Cette troupe trouvant le passage fermé par un fort de bois, né put aller plus loin , et l'armée dut se retirer sur Perpignan. Cependant, le siège était pressé avec vigueur; une brèche considérable , pratiquée à un ouvrage encore impartait, avait comblé le fossé de ses débris. D. Sancho, ne le jugeant plus tenable , l'abandonna en le faisant sauter au moment où les Français s'y logeaient. Cette opération fit perdre beaucoup de monde aux assiégeants; mais la placé, quoique souvent ravitaillée, commençait h donner de l'inquiétude. Heureusement, l'armée espagnole ayant reçu de nombreux renforts, et comptant dix mille hommes d'infanterie, quatorze cents hommes d'armes et quinze cents chevau-légers, le général ne craignit plus de s'approcher du camp français et de lui envoyer quelques décharges d'ïtrtiUerie. Voyant que l'armée ennemie refusait d'éh tenir à une action, il profita des facilités que lui donnait la disposition des montagnes pour se poster entre la France et le camp. Ce mouvement occasionna quelques petits combats, dont le plus important eut lieu sur le chemin de Salses à Opol , et tourna h l'avantage des Espagnols, qui poursuivirent les Français jusque sous leurs retranchements.

Bien résolu à faire lever le siège de Salses, Ferdinand , après avoir envoyé de nombreux renforts h son année du Roussillon, se rendit en personne a Perpignan le 19 octobre. Ce jour-là même, il fit attaquer par un gros détachement le blockhaus construit par les Français à l'entrée du grau, et l'emporta de vive force , malgré l'artillerie dont il était muni. Alors, le comte de Dunois, nouveau général des Français, voyant que ce détachement pouvait tomber sur ses derrières, tandis que le Roi , h la tète de son armée l'attaquerait de front, se décida k lever le siège. Il retira cette nuit même son artillerie par le chemin de Narbonne, sans que les Espagnols en fussent informés; et le lendemain, descendant dans la plaine comme pour offrir le combat , il continua sa retraite entre les montagnes et l'étang , abandonnant quelque artillerie et brûlant ses tentes ; ce qu'il exécuta sans être inquiété, Ferdinand ne s'étant mis a sa poursuite que le lendemain , ai octobre, après avoir été rejoint par le détachement envoyé vers le grau. D'ailleurs, a peine eut-il fait quelques lieues sur le territoire de France, ce Prince, manquant de vivres et ne trouvant pas d'eau pour son armée, où l'on comptait vingt mille hommes d'infanterie et sept mille cavaliers, se retira k Perpignan, après avoir armé Chevaliers, sur les terres de France, quelques Gentilshommes de sa suite, cérémonie regardée alors, dans de pareilles circonstances, comme un témoignage de la victoire.

Ferdinand confia le soin de son armée au Duc d'Albe : celui-ci l'ayant pourvue de tout ce dont elle avait besoin, mit le siège devant Leucate le 28 octobre. Le Gouverneur voyant les batteries établies dès le lendemain, rendit la place , à condition que la garnison serait envoyée en France, sans armes, mais avec ses habits. Sijean, la Palme, Fitou, Treilles, Roquefort se rendirent aussi; on prit d'assaut

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