‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 188 sur 282 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

La paix conclue à Cateau-Cambrésis en 1559, entre la 1559. France et l'Espagne, scellée par le mariage de Philippe avec la fille d'Henri II , semblait devoir assurer la tranquillité du Roussillon; mais les soldats espagnols, qui, durant la guerre , avaient été fort a charge au pays , se trouvant licenciés,' formèrent, avec quelques mauvais sujetsr des bandes de brigands, qui désolèrent, la province. Aussi, voit-on, en 1566, Prats-de-Mollô organiser, de l'avis du Gouverneur des Comtés, une troupe de cent hommes pour leur donner la chasse, sous les ordres du Bailli et du premier Consul. Le Yiguier du Roussillon et du Vallespir était aussi continuellement en campagne pour le même objet. D'un autre côté, les guerres de Religion déchiraient les États des faibles successeurs d'Henri IL Les Huguenots, regardant Philippe comme le plus implacable de leurs ennemis , ne manquaient pas de faire des incursions sur les terres de la domination espagnole, toutes les fois qu'ils se trouvaient en force vers cette frontière. En 1570, une de leurs bandes s'avança jusqu'à Estagel, brûlant les églises et massacrant les Prêtres. Elle aurait poussé beaucoup plus loin, si les habitants du Roussillon, renforcés par quelques troupes catalanes aux ordres du Capitaine-Général, Prince de Mëlito, n'eussent pris les armes pour repousser cette incursion , et contraint ce corps, appartenant à l'armée de l'amiral Coligni, à rentrer en .France, pour suivre la route qu'avait prise ce général, avec le gros de l'armée, vers Narbonne, Nîmes et le Vivarais. Le Roi d'Espagne , de son côté , fournissait des secours aux Catholiques. En 1590, non content de jeter sur la côte de Leucate un corps de lansquenets, il ordonnait à Hortense Armengol, gouverneur de Salses, d'envoyer au Duc de Joyeuse, chef des Ligueurs, en Languedoc, mille hommes d'infanterie catalane. Le 12

4591. février 1591, il arriva en Roussillon mille hommes d'armes castillans , autant d'infanterie et cinq cents chevaulégers, qui, le 30 mars, entrèrent en Languedoc par Salses; furent reçus sur la frontière par le duc de Joyeuse, à la tête de cinq cents arquebusiers et deux cents cavaliers français, et marchèrent avec lui sur Carcassonne. La nuit du 22 octobre 1592, cinq cents Huguenots surprirent Vinça, et s'y maintinrent quatre heures; mais les habitants, revenus de leur frayeur, résistèrent, et finirent par les expulser, après leur avoir tué beaucoup de monde. Peu de temps après, cette même troupe s'empara du château d'Estagel , dont elle fut presque aussitôt chassée par le Capitaine-Général , à la tête de levées faites en Roussillon. Enfin, en 1595, la guerre éclata entre la France et l'Espagne. Dès le mois de juin 1597, les Français avaient échoué dans une entreprise sur Marquixanes. Le 19 août de la même année , ils tentèrent un coup de main d'une

4597. toute autre importance : il ne s'agissait de rien moins que de s'emparer de Perpignan par surprise. Le Duc de Ventadour , commandant en Languedoc , avait chargé de cette expédition Alphonse d'Ornano. Les préparatifs fait* par ce Général, donnèrent l'éveil à la Noblesse et aux Consuls de Perpignan r les uns et les autres se hâtèrent d'en instruire le capitaine-général Ferdinand de Tolède. Celui-ci fit aussitôt passer dans cette ville douze cents hommes de milices, levées dans la Viguerie de Girone, cinq cents du Comté de Péralada , toutes celles du Vallespir , et il s'y rendit lui-même , après avoir donné des ordres pour l'arrivée d'autres renforts. Il fit, dès son arrivée, prendre les armes à tous les habitants, qui obéirent avec enthousiasme : on vit quarante Prêtres de Saint-Jean, ayant à leur tête un Chanoine de cette église, garder Inondant trois jours el trois nuits un poste regardé comme

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